« Je balance la purée et je me roule sur le côté. Ma respiration est aussi forte que celle d’un taureau qui aurait raté le toréro pour la dixième fois de suite. Ma poitrine est trompée de sueur. Sa poitrine est trompée de ma liqueur. J’apprécie pleinement les six minutes post-orgasme. Pendant ce bref laps de temps, le cerveau fuse de lucidité. On a l’impression de pouvoir résoudre tous les maux de la terre. Le conflit palestino-israélien ? ‘Faut faire plus d’orgies. La faim dans le monde ? ‘Faut faire moins d’orgies. Le réchauffement climatique ? Je m’en tamponne les roupettes jusqu’au poirot. ‘Faut bien que les ours polaires apprennent à nager un jour. En ce moment tout ce qui m’importe c’est le nombre de billets que je pourrais me faire si je tarifais mes prestations. Je lis déjà mon nom sur l’affiche: « Jack Clitoris, amant doux, à louer. » J’userai mes couilles jusqu’à m’en faire une paire en or. Je vivrais aux crochets de cougars friquées. Je leur sucerait le bout des tétons et tout leur blé. Je conduirais leurs enfants à l’école parce qu’elles seront trop occupées à se faire manucurées et leurs maris trop occupés à amasser des liasses et des liasses de billets dont je vais profiter. Les six minutes sont sur le point de s’écouler. Je sens mon drapeau entrain de se dégonfler. Je sens ma lucidité entrain de s’échapper. Je sens le bras de la fille entrain de m’enlacer. Tout d’un coup, je sens en moi une grosse envie de m’échapper. »