Le jour où Dieu fit une sieste

Il est presque improbable, pour un p’tit garçon d’à peine six ans, de voir au-delà des yeux que ses parents lui ont façonnés.


Je respirais l’air qu’on m’autorisait à prendre et faisais abstraction du reste.


Je ne sais d’où me venait cette sensibilité aux autres et au monde. J’étais un bon élève, même très bon élève. J’avais mes parents derrière moi pour me marteler les rouages d’une langue que mon cerveau avait du mal à assimiler : l’arabe.


On ne peut intégrer une école publique en Algérie sans apprendre cette langue. Petit rejeton d’autochtone que j’étais, je n’avais jusqu’ici que ma langue maternelle en tête : le kabyle.


À peine âgé de cinq ans, j’ai pleuré à chaudes larmes lorsque mon père a voulu m’enseigner cette langue étrangère. Je n’y comprenais rien et lui, étant dans l’enseignement, ne pouvait pas se permettre de voir son fils être moins bon que les autres. Il a dû abandonner, résigné à l’idée que ses qualités d’enseignant étaient à revoir. Ma mère a pris le relais. C’était mieux.


Un autre souvenir me revient. Celui où, à six ans, on faisait la lecture en classe.
C’était un bel après-midi ensoleillé où l’institutrice passait de table en table pour nous faire lire quelques lignes d’une histoire pour enfants. On était tous différents. Des singes, des rats, des tortues, des lions, des chats, des chiens… à qui l’on demandait de grimper à un arbre. Il ne fallait pas s’étonner que le résultat soit inéquitable.


J’avais passé mon tour, réussi sans trop de difficultés. Puis vint le tour d’un autre petit garçon, d’une gentillesse sans précédent et d’un calme à en entendre les battements d’ailes d’une mouche. Le pauvre gamin avait certainement des difficultés cognitives, un retard de développement ou que sais-je encore. Mais à six ans, je n’en savais rien.


Il se mit à lire, dans une difficulté palpable et sous une pression quasi insurmontable, si bien que je sentais le stress envahir tout mon corps.

J’avais mal pour lui. Mal pour ce qui allait suivre.
Il n’arrivait pas à aligner deux mots.


Je me suis mis à prier de toutes mes forces. Les yeux fermés, les poings serrés. Je me suis mis à réciter mentalement les mots que la maîtresse lui demandait de lire, en implorant Dieu de les transmettre à mon petit camarade. Je célébrais intérieurement chaque mot justement prononcé. Tantôt il y arrivait, tantôt il échouait. Mais les échecs devenaient plus nombreux que les succès et la maîtresse lui demanda alors d’arrêter.


Je voulais pleurer.
Je savais ce qui allait suivre.


Il faut savoir qu’en Algérie, au primaire et jusqu’à la fin des années 2010, les instituteurs et même le directeur usaient de bâtons pour punir les enfants.


Un retard ? Bâton. Une engueulade ? Bâton. Un devoir oublié ? Bâton. Un exercice raté ? Bâton.


On devait tendre la main, comme des mendiants, la tenir ainsi jusqu’à ce que l’adulte nous assène son coup. Si on avait le malheur de retirer notre main ou de la baisser pour atténuer le choc, le nombre de coups augmentait.


La maîtresse demanda alors à mon camarade de tendre sa main droite. Cinq coups. Puis de tendre sa main gauche. Cinq coups. C’est équitable. Il ne faudrait pas qu’une main soit plus privilégiée qu’une autre tout de même.

Je fermais les yeux et sursautais à chaque bruit de l’impact de la tige d’olivier sur la petite main fragile de mon camarade.

Je n’arrivais pas à comprendre comment mes prières n’avaient pas pu être entendues. J’avais pourtant tout bien fait.

Pour sa défense, il faisait beau, on était en plein milieu de l’après-midi. Si ça se trouve, un peu comme tout le monde, Dieu faisait une sieste..

Apprenti gigolo story pt. 3

Puis, méfiez-vous de la mère narcissique.


Peut-être qu’elle l’est déjà, peut-être qu’elle le deviendra après votre rencontre. Le mot « mère » n’est pas ce qui compte pour le moment.


Le narcissisme, par contre, c’est ça le sujet.


Aujourd’hui, elle tire sa confiance de ce narcissisme que tant d’hommes ont enflé chez elle. Cela l’a rendue confiante, forte et même attirante. Ça t’a intrigué, tu t’en es rapproché, et le feeling s’est installé. Mais attention : demain, peut-être qu’elle en aura moins.


Peut-être parce qu’un homme ne l’a pas trop calculée. Peut-être parce que sa propre mère lui a fait remarquer qu’elle a « encore pris du poids ». Peut-être parce que son père n’a pas encore répondu à son message, trois jours plus tard. Peut-être à cause d’autres personnes. On ne sait pas.


Ce que l’on sait, par contre, c’est qu’elle viendra drainer cela chez toi.


Peut-être que ce sera sous forme de remarques extrêmement bien amenées, qui viendront pointer à quel point ce que tu fais est juste insuffisant, bien que ce soit le maximum de ce dont tu es capable. Elle se permettra peut-être même une comparaison avec d’autres personnes, d’autres hommes, voire même des hommes qu’elle a connus avant toi.


Peut-être que cela passera par le biais de choses que tu n’as pas réussies dans le passé, ou que tu as mal faites, et qu’elle viendra ressasser sans que le contexte ne s’y prête forcément. Vous serez en train de dîner tranquillement chez l’Italien, puis, en découpant la délicieuse pizza que le chef vous a servie, elle te sortira un :
« Dire que t’as osé manger la dernière part la dernière fois qu’on a commandé un Uber… »
Bonne chance pour garder ton appétit derrière.


Le narcissisme, c’est un art qui se vit au quotidien.


Par exemple, vous serez chez vous, à regarder une connerie à la télé. Tu te sens en confiance, vous rigolez, vous êtes bien. Elle te raconte sa journée à mourir d’ennui, mais qui l’a exténuée… Puis toi, tu enchaînes avec la tienne, et notamment comment une cliente a mis en exergue ta capacité d’écoute et ta serviabilité lorsque tu l’as aidée à choisir un cadeau pour son grand-père — ou que sais-je encore. T’es là, tout content, à raconter ça. Elle te sourit, te laisse finir, puis te lance :
« C’est super. Du coup, pourquoi t’as du mal lorsqu’il s’agit de moi ? »


Et bam ! T’es baisé.


T’es enculé jusqu’au bout et t’as même pas senti quand elle a mis la vaseline. Bonne chance maintenant pour trouver tous les exemples de moments où t’as pu être serviable et à l’écoute. De toute manière, ce n’est même pas ça, le sujet : elle te sortira toujours des contre-exemples des fois où t’as pas pu l’être. Le truc, c’est qu’une autre femme n’aurait pas dû te complimenter, même si elle n’avait pas forcément l’intention de te sucer derrière. Puis :
« Pourquoi toi t’as eu des compliments au travail et moi non ? »
Etc. Etc.


Vous vous dites sûrement qu’il faut être le dernier des idiots pour succomber au charme d’une personne aux comportements si malveillants…


Détrompez-vous.


Ces comportements ne sont que des virgules mal placées dans un texte bien écrit. Alors tu te dis qu’après cette virgule de merde, la suivante sera bien placée. Puis les phrases sont bien tournées, les mots bien choisis, t’es happé. Les virgules suivantes sont bien mises et tu te laisses aller à une lecture paisible, qui te fait du bien… puis, d’un coup, bim ! T’es enculé à nouveau par une virgule qui sort de nulle part. Et c’est reparti pour un tour.


C’est là que vous vous dites :
« Mais mec, pourquoi t’as parlé de mère narcissique ? Tu pouvais pas juste parler de femme narcissique ou de personne narcissique ? ».


Un jour, je parlerai très certainement des hommes narcissiques — qui sont tout aussi horribles, si ce n’est pire — mais là, je parle de mère narcissique.

Pour la simple et bonne raison que cette femme, qui aujourd’hui est en couple avec toi et qui n’a rien d’une mère, deviendra peut-être la mère de tes futurs enfants si tu ne vois pas les signaux avant-coureurs.


Les ravages que de tels comportements peuvent avoir sur un adulte bien construit, avec des ressources mentales, amicales, sociales et financières, sont déjà énormes et nécessitent souvent de bonnes thérapies pour en guérir.


Je vous laisse imaginer les ravages que de tels comportements peuvent avoir sur des enfants en plein développement.


Car la mère narcissique est l’équivalent d’un Venom qui tire son énergie de ce qui l’entoure. Elle n’est pas forcément consciente des conséquences de son comportement, tant elle est centrée sur elle-même et que son bien-être est la seule chose qui importe.

Mais vos enfants ne seront qu’une extension d’elle — comme tu l’as été aussi — et devront œuvrer dans l’unique but de la rendre fière et bien vue des autres.

Apprenti gigolo story pt. 2

– T’es chiant, qu’elle me dit, son cul plat écrasant les coussins de son canapé.

– Pourquoi tu me dis ça ? lui répondis-je, d’un air mi-vexé, mi-conscient.

– T’imagines que la dernière fois qu’on s’est vus, c’était il y a six mois ? Six putain de mois !

– Tu me dis ça comme si j’étais le seul responsable, ai-je répondu.

Tout en tournant autour de la salle et des meubles, je regardais par la fenêtre qui donnait sur la cathédrale. J’avais marché une bonne vingtaine de minutes, en plein milieu de la nuit, pour arriver ici. J’avais du mal à tenir en place.

– Tu veux que ce soit la faute à qui alors ? Moi je voulais qu’on se voie bien avant ça. C’est toi qui fais le mec ! a-t-elle gueulé.

– Excuse-moi, mais qui s’est mis dans une espèce de relation de couple à la mords-moi le nœud ? lui ai-je lancé à la gueule.

– Écoute, je ne peux pas t’attendre éternellement. De toute façon, toi, tu ne veux pas de relation de couple avec moi.

– Non, je ne veux pas de relation de couple tout court. Que ce soit toi ou Jessica Alba, ça ne change pas grand-chose, lui ai-je dit, tout en pensant intérieurement que Jessica Alba n’était pas du tout mon genre, donc c’était facile.

Je me rapproche d’elle, m’assois à ses pieds, mes mains posées sur ses cuisses, les caressant, et je lui dis :
— Pourquoi tu m’as invité chez toi ce soir, alors ?

– Non, je ne te le dirai pas. Je ne veux pas sucer ton ego. Je te suce déjà assez la queue comme ça, m’a-t-elle dit.

– Tu te plains moins quand c’est moi qui te suce le bout des tétons, hein ! ai-je répondu, un sourire narquois collé aux lèvres.

Sur ces paroles, on s’est embrassés d’un baiser qui ne voulait pas s’essouffler.

Je passais mes mains le long de ses jambes, sous son haut, chopant son sein d’une poignée ferme et douce en même temps. Elle a levé les bras en l’air et je me suis exécuté en retirant son haut illico !

Je décolle enfin mes lèvres des siennes et m’en vais les coller à ses petits tétons. Elle avait une paire de seins qu’on aurait crus dessinés à la main, tant au niveau de la fermeté que de la générosité. Du haut de ses 37 piges, elle mettait à l’amende bien des jeunes femmes de 20 ans qui, contrairement à elle, avaient déjà les seins pendouillant. Désolant. Sa poitrine était ornée d’un large tatouage : il faisait office de présentoir.

Après avoir fini de laisser plein de traces d’ADN sur sa poitrine, j’ai voulu échanger des effluves avec sa chatte, dont le goût m’avait manqué. Je mets mes doigts entre sa peau et son shorty. Elle m’arrête.

– Allons dans la chambre. Mon coloc dort, m’a-t-elle ordonné.
Je m’abstiens de la porter. Déjà parce que je ne pense pas avoir les muscles pour, mais aussi parce qu’on avait siphonné la moitié d’une bouteille de vin pendant qu’on réglait nos comptes vocalement. Il était temps de les régler physiquement.

À peine arrivés dans sa chambre, je la fais trébucher sur son matelas. Je lui retire son shorty, qui avait du mal à se décoller, glué à sa peau par sa mouille. Je le prends du bout des doigts, l’affichant comme une pièce à conviction, un sourire à la gueule, et je lui dis :

— Je croyais que tu me détestais et que tu ne voulais plus de moi ?

– Ta gueule et baise-moi.

Qui suis-je pour refuser de tels ordres ?

Je plonge tête la première entre ses jambes et ses poils, les mains tenant fermement ses cuisses. Je bouffe son con comme une tarte aux fraises faite maison. Elle gémit extrêmement doucement, presque pas. Pourtant, ses jambes tremblent et se crispent. Je ne comprends pas cette dissonance. Je lève la tête : je la vois se débattre avec ses sensations. Je ne comprends pas…

– Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que tu nous fais ? lui dis-je.
– Rien. Je ne veux pas te donner ce plaisir, me répond-elle.
– Quel plaisir ?
– Celui de croire que tu peux me faire autant d’effet.
– Mais t’es cinglée ! Tu te prives de prendre ton pied pour me faire châtier de ne pas t’avoir baisée depuis six mois ? Mais t’as craqué !
– Bref, tu ne me donnes pas de plaisir, me dit-elle d’un sourire narquois et défiant.

Il ne m’en fallait pas plus pour que je sors ma technique secrète : j’accroche mon index et mon majeur, en forme de crochet, à l’intérieur de son con. Je mets ma main gauche, non pas sans conviction, sur son cou. Je secoue ma main droite à l’intérieur d’elle, mes yeux fixant les siens. Elle serre ses lèvres pour étouffer tout son… Au bout de quelques minutes, j’entends un son divin émaner de son intérieur et je sens un jet de liquide sur ma main droite.
Je me penche vers elle en lui disant :

— Je croyais que tu me détestais ?
– Oui. Je te déteste d’être le seul à pouvoir me procurer ça, tout en étant le seul à ne pas vouloir de moi.

Apprenti gigolo story pt. 1

Et puis, méfiez-vous de la mère célibataire de plus de 35 piges.

Elle, comme plusieurs comme elle, s’est empressée de se ligoter à une relation qui sentait la toxicité (et l’alcool) à plein nez, avec un gars qui avait tout pour être l’homme à éviter si on voulait faire des enfants, car lui-même, plus tard, se retrouvera materné par ses propres enfants. C’est ainsi que des vies sont gâchées.

Elle a foncé dans cette relation, au pique de sa jeunesse, au summum de sa beauté, suivant les standards établis par la société et surtout narguant ses anciennes copines du lycée qui ont choisi de longues études plutôt qu’un BTS esthétique et onglerie.

Mais, là voici, 10 ans plus tard, de retour sur les réseaux, quelques rides en plus, quelques kilos en plus, mais surtout, plusieurs cases en moins. Tu la repères au loin dans le bar, c’est la plus bruyante. Elle a souvent un rire perçant que seuls les hommes aux couilles bleues trouvent mignon. Elle dégage souvent une odeur mélangeant le parfum bon marché, le tabac froid et le chewing-gum mentholé. Elle a les ongles plus longs que ma bite et plus colorés qu’un passage piéton un jour de gay-pride.

Son Instagram est un défilé de selfies, avec la langue tirée, un cul de poule en guise de bouche et deux doigts bien étirés, me faisant penser au symbole de liberté. D’ailleurs, en parlant de liberté, vous allez en baver du poste et reposte sur la liberté retrouvée, la femme indépendante qu’elle est et son dédain des hommes. Bien que, sa vie entière ne soit érigée qu’autour de l’attention que les hommes -de préférence inaccessibles- peuvent lui porter.

J’en profite pour vous demander une petite minute de silence en hommage à ces hommes, bons, certainement même trop bons et trop cons, qui à maintes reprises ont été épris de son côté froissé de bête blessée qui aurait eu besoin d’amour et de tendresse. Ce que ces couillons se sont empressés de lui offrir. Sans succès !

Car, bien qu’elle crie sur tous les toits que ceci est son rêve et qu’elle ne veut que ça chez un homme, elle ne fait tomber sa culotte que pour ceux qui ne lui promettent rien, qui gardent leurs sentiments sous scellés et qui n’hésitent pas à la maltraiter.

Mais du coup, sur les applis de rencontre, elle clignote comme une enseigne de bordel. Les mêmes photos, ou en tout cas, les mêmes poses et grimaces. Les mêmes slogans de pseudo empowerment sous-poudré de « je cherche des bras sécurisants dans lesquels me blottir cet hiver ». Elle cherche un homme drôle, émotionnellement mature (ça veut dire quoi déjà?), qui sait ce qu’il veut, financièrement stable, aimant les enfants et n’ayant pas d’enfants de préférence, mais surtout un homme qui sort du lot « soyez originaux dans votre approche les guys! ».

Par contre, si t’as le malheur de matcher avec elle et qu’elle t’écrit en premier, t’aurais droit quand même à un « cc cv? » tout pourri et même pas bien orthographié, putain de couilles !

Évidement, c’est attrayant. T’es là, t’as la bite dure, la testostérone qui te lance des rappels et en face de toi t’as une femme qui a de l’expérience, qui est -ou a été- jolie et qui s’intéresse à ta petite nouille toute dure. Bien sûr que t’as envie d’y aller ! Puis, manquerait que tu sois en manque de tendresse et qu’elle sache tirer les ficelles de tes triggers, que tu te retrouves à essayer de jouer un rôle de beau-père dans un univers où t’es le plus immature de tous. Mauvais délire !

Alors, si tu ne sens pas tes reins solides, laisse passer ta chance. La mère célibataire de plus de 35 ans est un cas d’école qui nécessite des reins solides, un cœur dur et une bite qui l’est tout autant.

L’art bucal

Comprends moi, je ne suis pas à toi.

Je ne pourrais l’être. Ni à toi, ni à une autre. Je ne peux t’appartenir que le temps d’une soirée, d’un verre, d’un dîner. Je ne peux rester constamment à tes côtés.

Tu te pose sûrement la question de « Pourquoi ? ». Ça semble si simple pour toi. Tellement simple, que ça en devient ridicule. Ridicule de penser que les choses sont aussi simples que dans un film de Marc Webb. La vie ne l’est pas. Moi non plus, je ne le suis pas.

Je ne peux t’appartenir.

Vois-tu, ce que je t’apporte à toi n’est pas exclusif. Tu ne peux être la seule à en jouir.

Je vois bien trop de misère autour de moi. Bien trop de malhonnêteté. Bien trop de gens qui ne veulent que se faire du mal les uns les autres.

Alors, quand je rencontre une femme, je sens souvent en elle cette souffrance, cette cicatrice, cette douleur. Je sens le mal qu’elle a subi ailleurs, avant. Je sens son potentiel sous-estimé, méprisé, gâché. Je sens le poids de la société, ses complexes et ses insécurités.

Par réflexe, je me retrouve à la rassurer. Ce n’est pas pour lui mentir ou hypocritement la sucer, non. C’est juste que je vois en elle ce que d’autres n’ont pas pris le temps de regarder ou la délicatesse de relever. Ce qu’elle a fini elle-même par ne plus remarquer ou même par détester. Elle ne soupçonne plus l’existence de cette facette de sa personnalité. Alors, je me donne pour mission de la lui dévoiler. D’ôter un voile sur sa beauté et balayer la poussière qui la recouvrait.

Elle est si belle désormais.

Mais quand je lui dis, elle refuse de l’entendre. Pourtant, je répète que je ne suis pas un distributeur de compliments ambulant. Je dis souvent ce que je pense et pense ce que je dis. Alors je fais des baisers sur des parties de son corps, comme pour lui prouver que j’aime vraiment ce que mes lèvres sont entrain de toucher. Son doute persiste, comme une cellule cancéreuse dans un sein nourricier. Je prend donc le sien en bouche, comme pour le lui rappeler, tout en appréciant cette tétée. Ça semble fonctionner, mais pas assez. Je baisse donc sa culotte, la faisant passer outre ses beaux pieds, que je m’empresse de bisouter, avant de glisser mon pouce le long de ses lèvres mouillées. Je fais des mouvements circulaires autour de son bouton fragile, la toile du désir se dessine sur son visage. Plus rien ne compte pour elle désormais. Elle ne se souci plus du maquillage sur son visage et de ses expressions faciales, ni de la forme de ses lèvres vaginales et leur pilosité, ni de la graisse autour de son ventre ou de ses seins qui commencent à tomber. Tout ça est vain. Actuellement, tout ce qui compte c’est de savoir si mes doigts resteront collés à sa chatte et si ma langue irait les rejoindre.

Bien évidemment, je ne peux refuser telle invitation. D’un rythme nonchalant et non sans conviction, ma langue va et revient. Le champ de ses complexes se rétréci. Tout devient sans importance. Le sexe. Il n’y a que cela de vrai. Je continue mes lèches et mes succions sur son con. Ses faux ongles plantés dans mon avant bras. « Ne t’arrêtes pas » que j’entendais à peine, ses grosses cuisses recouvrant mes oreilles. Je ne comptais de toute manière pas m’arrêter. Encore plus lorsque mes oreilles sentaient ses cuisses vibrer. Un signal prémonitoire que la terre promise était à notre portée. Dans un mouvement brusque, elle lâche la prise de ses cuisses, pousse ma tête avec sa main, tandis que de son autre main elle se jette sur son clitoris, comme un rugbyman sur un adversaire, et en deux, trois mouvements accélérés, elle envoie son liquide sur mon faciès étonné mais non pas insatisfait.

J’en rigole, elle en rigole aussi. Elle se sent gênée, elle se recouvre de ses draps avant de contempler le plafond pendant le quart de la moitié de la journée.

Ce qui me chagrine c’est de savoir que plutôt que de chercher et demander cela à chaque nouvelle rencontre qu’elle fera, elle va préférer renouveler cela avec moi, tout en sachant que je ne fonctionne pas comme ça.

Je suis ici pour briser tes chaînes, pas pour t’accompagner durant et après ton évasion. Je t’ouvre la porte, mais tu pars sans moi.

Emoji soleil jaune

Parfois, tu me manques et puis je t’oublie.

Comme on oublierait le sentiment de gaieté qu’on avait à jouer à la marelle. Comme on oublierait le sentiment de délivrance qu’on ressent lorsqu’on soulage enfin notre vessie, après de longues minutes de retenue. Comme on oublierait le sentiment de bonheur de notre premier baiser. Comme on oublierait le sentiment de satisfaction après une dernière tété. Comme on oublierait le sentiment que nous a laissé notre plus bel été.

Mais d’autres fois, tu me manques. Non pas comme une pulsion obsessionnelle, ni comme une névrose à combler, encore moins comme une chose à posséder.

Mais plus comme une brise en été, comme une crème glacée dans une journée ensoleillée, comme une amie que j’aime embêter, comme une amante que j’aimerai embrasser, comme une femme que je voudrais charmer, comme une personne qui me plairait d’avoir à mes côtés.

Ce qui me manque, en vrai, c’est le son doux de ta voix, quand tu m’attends en bas de chez moi, puis quand on surfe sur les ondes de la nuit comme si on n’en était les rois, tout comme quand mes doigts enlacent tes doigts, ou lorsque t’es collée contre moi. J’aime bien aussi lorsque nos conversations nous font douter de tout, qu’on se donne des hypothèses souvent sans réponses, lorsque je t’apprends des choses et lorsque, un sourire au coin de ta bouche, tu me dis que je suis méchant.

Mais parfois, je t’oublie. Surtout quand ma journée est rude, que ma tête n’arrive pas à faire le tri. Quand je rentre du travail et que je m’écroule dans mon lit. Quand je vois une jolie fille. Souvent, j’oublie de penser à manger. Puis quand j’y penses, que je me fais un repas et je me dis pourquoi t’es pas là pour se le partager.

Du coup, je repense à toi. Puis aux choses qui font que tu es ce que tu es, comme ton rire quand je dis une connerie, ton regard de chiot battu quand je te dis des moqueries. Tes déhanchés ratés quand t’es bourrée. Ta manière de faire comme si t’étais gênée, alors qu’au fond tu veux juste être ce que tu es.

Je regarde le paquet de gitanes, que je n’ai plus toucher après ton départ. Je ne sais plus fumer avec d’autres, ni seul d’ailleurs. Parce qu’on se partage pas de clope pour la nicotine, mais pour partager une pensée, gamberger et briser une routine.

Mais je t’oublie encore lorsque je dois écrire des notes de musique. Celle-ci n’est autre que le fruit de mes souffrances et t’en fais pas partie. Du moins, pas récemment, pas pour l’instant. Peut-être après, peut-être un jour. En disant ça, ça me fait penser à toi, encore. Alors je me demande ce que tu penserais de cette note, puis de celle-ci, et de l’autre aussi… Puis, le livreur sonne, j’avais commandé. Donc je t’oublie, pour l’instant. Je reviendrai exprimenter ton manque après.

Donc, oui. Ainsi va la vie. Parfois, tu me manques et puis je t’oublie.

Hais-moi comme je suis

Il n’y a pas d’amour sans haine. Comme il n’y a pas de haine sans amour.

En aimant l’autre, on fini parfois par se détester soi-même. Sur ce chemin, on prend conscience de ce risque, mais on y plonge tout de même, la tête la première. Jusqu’à ce que la haine qu’on a envers nous soit dirigée vers l’extérieur. Ainsi notre objet d’amour devient le mauvais objet. Ainsi va la vie.

Je n’étais pas méchant, je ne voulais pas te faire de mal. La première fois que mes yeux se sont posées sur toi, j’ai aimé ta tenue, ton teint et ton sourire. Tu avais un charme pouvant marier celui de l’Afrique du Nord à la Bolivie. Un mélange entre Eva Mendes et ma voisine de table au lycée, à qui je pensais le soir quand je me branlais.

Je n’ai pas voulu m’approcher de toi plus que ce qu’il ne fallait. Un cadre de travail nous unissait et je n’aime pas manger au même endroit où j’ai chié.

Mais il a fallu que tu me demandes, au détour d’un couloir, si je buvais et si ça m’intéressait de le faire avec toi. Qui suis-je pour refuser une telle invitation? Alors, j’ai accepté et on y est allé.

J’adore ce moment où on est deux à danser dans une brume de doute sur la nature de notre relation. On boit ce verre et je ne sais pas si tu veux juste me taper la discut’ ou ouvrir ma braguette pour gober ma bite à pleines dents. Enfin, non. Plutôt sans les dents s’teuplé. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ma bite n’est pas faite en acier.

On change de bar, un peu éméchés. On tombe sur mon pote et des filles qui l’entourent. Quel bg! On est tous un peu bourrés au moment où je te dis que je veux t’embrasser. Ton visage change. Comme si je t’avais insulté ta descendance et tout ce qui s’en suivait. Tu me dis que tu ne veux pas trop t’expliquer. Mais que tu dois me parler d’un truc avant quoi que ce soit.

Je ravale ma fierté et on continue la soirée.

Le bar est au pied de la porte de mon immeuble, mais toi tu veux rentrer. Je te l’interdis. Pas que je sois un macho dévergondé, mais il était impossible de te laisser reprendre le volant après ce que tu venais de te siffler.

On va chez moi, en tout bien tout honneur, ou presque. On se met un peu à l’aise, dans mon lit. Mon appart est tellement petit, qu’on ne peut faire autrement.

On est allongés, semi-habillés. On papote de sujets que je ne saurais me remémorer. Tu me dis que de ta relation passée t’as chopé une IST. Une herpes génital que ton ex t’a refilé parce qu’il t’avait trompé.

C’est terrible.

Je ne pense pas à ma queue à ce moment là, mais à la double punition que t’a fait subir cette relation.

C’est vraiment terrible.

Tu me dis que ça date un peu, mais tu ne sais pas si t’es contagieuse, si ça s’est calmé ou autre. Flippé des maladies que je suis, je sens mon penis se rétracter, avant que ton haleine alcoolisée, que je sens sur ma peau, ne le pousse à se réactiver.

On continue la discussion. La tension est palpable. On pourrait la sacraliser si on le voulait. Bourrés, faibles et attirés, on fini par se galocher d’une passion immaculée. Ta tête posé sur mon biceps flasque, je passe ma main sur ton bas du dos pour te rapprocher de moi. Tes jambes sur mon entrejambes, tu sens mon érection. Ça t’excite et ton excitation m’excite. Je n’ai pas les mains les plus grosses, mais ta taille de guêpe fait que je pouvais choper ta fesse avec une seule main. T’as les lèvres aussi douces que je les imaginais. Comme deux banquettes de sofa miniscules sur lesquelles mes lèvres pouvaient enfin se reposer.

Je remonte ton décolleté, pour laisser apparaître tes petits seins aux tétons percés.

-Ah t’es percée, lui dis-je.

-Genre! Comme si tu les avais pas déjà vu au boulot.

-Je ne passe pas mon temps à te mater, tu sais !

-Ouais, c’est ça…

À peine sa phrase terminée que j’avais la bouche pleine de ses tétés -le goût de l’acier me revient dans ma bouche, en écrivant ces lignes- la tension ne cesse de monter, mais on ne peut aller plus loin. Damnée frustration !

On s’arrête là pour ce soir, mais on continue de papoter. Elle s’allonge sur le ventre, pendant que je lui parles de mes chroniques. Elle me demande de lui en lire une. Je m’exécute. Avé Ganesh, que j’ai choisi comme lecture. Au fur et à mesure que je narre les moments charnels de cette chronique, je l’entends gémir. Je bande à nouveau.

-Une amie m’a dit qu’une femme sait si un homme est un bon cunni linguistes au moment où elle l’embrasse, c’est vrai ça ? Lui dis-je.

-Oui.

-Vu qu’on vient de s’embrasser pendant dix minutes, tu dirais que le cunni est une langue que je pratique couramment?

-Je t’imagine bien me bouffer la chatte, oui.

Je ricane, puis continue de lire la chronique jusqu’à sa fin.

-Alors, t’en as pensé quoi ? Lui dis-je.

-J’aurais pas eu mes règles ce soir, je me serai bien collé deux doigts.

Quel autre compliment pouvait dépasser celui-ci ? Aucun.

La nuit fini par avoir raison de nous. On s’endort jusqu’au matin. Elle se lève tôt pour aller travailler. On s’embrasse une dernière fois. Je vois son beau sourire me charmer juste avant de retourner me coucher.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. On ne peut se raisonner à s’arrêter là, en si bon chemin, alors que tous les signaux -ou presque- nous hurlent de continuer. On se cherche du regard au boulot. On s’envoie des sextos en plein réunion. « Je me demande si t’es entrain de penser à mes seins percés actuellement », m’écrit-elle, pendant qu’on debrief sur une situation importante. Et pour répondre à la question, « je n’y pensais pas à tes seins, mais maintenant si ».

On échange souvent par texto. On a du mal à se retrouver. Pour dire la vérité, elle était assez extravertie, aimant la vie. J’étais très introverti et mon chez moi peut me suffire pour la vie. Elle voulait qu’on se revoit, j’avais peur de sauter le pas. Je ne sais pas à quoi cela engageait que de lui faire l’amour malgré cette IST. On a longtemps essayé de trouver des solutions; capotes vaginales, capotes masculines… Mais j’ai tellement de mal à me restreindre pendant le sexe, sans parler du fait que j’ai besoin de prendre beaucoup de temps pour penser à m’engager dans une relation, ce qui ne semblait pas être son cas.

Alors j’ai lâché ça.

J’ai voulu ralentir pendant que son train était en plein vitesse et ça a crashé. J’ai senti la douleur de ce que j’ai fait. Ce n’était pas pour elle. Ce n’était pas contre elle. Elle était merveilleuse et elle l’est encore. Mais je me devais de penser à moi. Je ne peux dire oui quitte à me perdre dans cette équation.

Vous voyez quand je parlais d’amour et de haine ? Si j’avais continuer, j’aurais fini par me détester et puis la détester pour ce qu’elle aurait fait de moi. Mais elle, elle l’a vécu ce tourbillon. Elle m’a détesté pour ce que je n’ai pas pu être pour elle, oubliant tout ce qu’elle a pu aimer en moi. C’est plus facile ainsi. On peut oublier l’autre si on n’y voit plus que ce qu’on déteste chez lui. Ça va plus vite. Même si j’aurais aimé qu’elle fasse comme moi, qu’elle quitte la table au sommet des gains, plutôt que de faire un all-in à la fin et détester le croupier parce qu’il aurait servi les

mauvaises cartes.

Plongeon dans le passé

Jusqu’à hier soir, j’avais 17 ans.

Ce matin, je me suis levé à une heure très raisonnable pour un treize juillet. Levé tôt, apprêté et sur le chemin de la maison de mon meilleur ami. Wow quel miracle !

On est en 2010. Les smartphones commencent à peine à pointer le bout de leur nez. Ils coûtent cher. Excessivement cher. Je n’ai donc qu’un Motorola, dont l’écran n’est même pas équipé de couleur, pour envoyer des textos et recevoir des appels.

Des textos, j’en ai déjà eu au réveil. Des vœux d’anniversaire, de la part de filles toutes aussi jolies les unes que les autres et que j’estime toutes trop jolies pour moi. Elles me demandent si je les rejoins toujours à la piscine? Ce qui explique le fait que je sois déjà levé.

J’arrive pour choper mon meilleur pote, Izael, pour aller à la piscine. Il n’a pas encore l’âge d’avoir son permis. On a donc marché. Une bonne trentaine de minutes. J’ai toujours aimé la marche à cause (ou grâce) à cette ville. Les transports sont horribles et certaines distances se font mieux à pieds que par véhicule.

Je m’en vais me joindre à un monde qui est loin du mien. Je ne suis pas issu d’une famille riche. J’ai du passer plusieurs jours à mettre de l’argent de côté pour me payer l’entrée pour la piscine et un sandwich à l’intérieur pour ne pas mourir de faim.

L’entrée me semble si chère qu’on y va tôt à l’ouverture vers 9h du matin pour y rester jusqu’à la fermeture vers 21h. Des rats.

Les filles qu’on s’apprête à voir n’ont pas ce genre de problèmes. Elles fréquentent des écoles privées. Certaines ont déjà des smartphones. Elles ont déjà voyagé dans de nombreux pays. Elles ont régulièrement ce qu’elles appelent de « l’argent de poche ». Mon père ne connaît pas ce concept et je pense qu’il ne veut pas le connaître.

On arrive à la piscine et mes joues se font bombardées de baisers. On me congratule, comme si j’avais fait quelque chose de grandiose. À vrai dire, survive 18 ans sur cette terre est effectivement un exploit. Mais, behave ya zebi!

Cette année là était spéciale, elle puait les bonnes vibes, l’amour et l’espoir. Je voyais la vie avec des yeux qui avaient envie de la dévorer.

Je passe la journée à me baigner, à rigoler, papoter. Les esprits sont légers. Tout est simple. Je ne sens aucune tension dans mon corps, ni dans celui de ceux qui m’entourent. Tout d’un coup, je me retrouve entouré. De ceux que j’aime, et de ceux que j’aime moins. Mais à ce moment là, je les aimais tous. Ils se mettent autour de moi, l’eau recouvrant nos nombrils à moitié, et se mettent à chanter à l’unisson « Joyeux anniversaire… » en tapant des mains dans l’eau. Toute la piscine avait les yeux rivés sur moi. Pris dans un tourbillon de bonheur et d’embaras, je me suis mis à mimer un chef d’orchestre, qui serait entrain de les guider dans leur chant pourtant si familier. C’était un de ces moments où tu sentais ta vie arriver à un pic.

Je tapais dans l’eau avec mes mains, pour faire comme eux. Au dernier « … joyeux anniversaire » je me suis laissé couler sous l’eau, un courant de bonheur me traversant le corps et un sourire scotché à mon visage, vite envahit par cette eau. Me voilà, englouti. J’entends le bruit de leurs cris joyeux étouffé par l’eau dans mes oreilles et la lumière du soleil floutée aussi par l’eau autour de mes yeux.

Je ferme les yeux.

En les ouvrant, j’ai 15 ans de plus; La plupart de mes rêves et de mes exploits sont déjà derrière moi. Les autres, sont soit morts, soit enterrés vivants. Il n’y a pas d’entre deux. La plupart des gens qui m’entouraient ce jour-là ne sont plus autour de moi. Je me demande ce qu’ils deviennent. Je me demandent s’ils se demandent ce que je suis devenu. Je me demande si ce moment était aussi magique pour eux qu’il ne l’était pour moi. Je me demande s’ils savent à quel point leur geste était précieux.

Au pire des cas, s’ils ne le savent pas, moi je sais.

C’est sombre par ici

Les jours défilent comme les grains de poussière dans le vent et ma bite se fane comme une tulipe en grève au printemps.

Il fait sombre par ici. Mes draps me demandent d’être changés régulièrement. Presque aussi régulièrement qu’un motel de petite ruelle, qui sert de repère à des travailleuses du sexe.

Le défilé continue, de manière ininterrompue et décidément sans aucune issue.

Il devient difficile de trouver chaussure à son pied. Je vous dit ça, comme si avant c’était facile. Je commence vraiment à parler comme un vieux trou du cul, nostalgique d’une époque qu’il a farouchement détesté lorsqu’il l’avait vécu.

Je suis à cet âge où les femmes que je rencontre se divisent en trois catégories bien distinctes :


Les premières sont celles qui ont misé tout sur leur carrière. Elles ont réussi quelque chose de beau. Une belle maison. Une belle voiture. Des vacances au bout du monde… Celles-ci, je les quitte en premier. Je m’en vais avant que l’on me jette. De toute manière, il n’y a que ma queue qui les intéresse. Moi, je ne les intéresse pas. Il faut être un mec en costume cravate, roulant en Merco et branché ecolo’ pour les intéresser. J’ai des chemises Primark, une carte Astuce (l’équivalent normand du Navigo) et je brûle des pneus le week-end pour me détendre.


Les deuxièmes, sont les femmes divorcées, mères célibataires. Elles, elles brillent comme un lac gelé sous le soleil : attirantes, paisibles, mais la glace craque dès qu’on s’approche trop. Ce sont des femmes qui te font très vite comprendre pourquoi elles se sont mariées si jeunes… mais surtout pourquoi elles ont divorcé avant que le gâteau de mariage ait fini son chemin dans leurs intestins.


Les troisièmes, sont celles qui ont toujours été célibataire parce que leur psychiatre n’a toujours pas trouvé la formule moléculaire idéale pour les stabiliser. Lorsqu’elles sentent que tu les trompe, elles peuvent se réveiller au milieu de la nuit, te laissant endormi et… foutre le feu au chat.
Le pire c’est que je n’avais même pas de chat. Cette meuf en avait ramené un spécialement pour l’occasion. Autant vous dire que j’ai du prolonger l’aventure avec elle quelques semaines, parce que mon assurance immobilière n’était pas encore à jour, mais surtout le temps que son anti-dépresseur fasse effet.

Je veux bien croire mes potes, qui, par pure bienveillance et avec beaucoup de sincérité, pensent encore que l’amour m’attend au coin de la rue. Le souci c’est que j’ai l’impression de vivre à la campagne et à la campagne, les rues sont droites, silencieuses… et sans le moindre virage.

Saint-Hilaire

Le temps se dégage de plus en plus sur cette terre normande. Des semaines et des mois de grisaille sont effacés par le soleil, tandis que je sers des clients mécontents dans un kebab miteux.
Je déteste ce que je fais, presque autant que je me déteste. Je déteste ce que je fais encore plus lorsque mes clients sont des personnes payées à rien foutre, pendant que je les branle, sourire au visage, pour être payé.


Lolita est une jeune fille d’à peine 21 ans, amatrice d’art macabre et de bites. Elle bossait au café d’à côté, lorsqu’elle n’était pas sur les bancs de l’école des arts. Quelle connerie ! Comme si l’art pouvait s’apprendre. Elle aimait bien venir manger un bout chez nous, jouer à qui va râler le plus fort avec le chef, et recevoir des commentaires sexualisés de celui-ci. Moi, je me tenais à distance.


Elle sortait avec un mec plus vieux. Il devait avoir mon âge. Il bossait au bar d’à côté et était raide dingue d’elle. Elle devait avoir une chatte magique, cette petite. Je me tenais loin de lui aussi. Comme ça, si demain je baise sa meuf, il ne va pas râler. Je ne serai qu’un inconnu – parmi tant d’autres – qui aurait baisé sa meuf.
Un jour de fermeture estivale, Lolita ramène sa fraise. Elle veut manger un burger, sans frites. Comme pour surveiller sa ligne. Bien qu’elle soit fine comme une corde à linge, elle avait un petit bidou qui dépassait de son crop-top. C’était mignon. Elle se met à table, juste à côté de moi, pendant que je déjeunais à la fin de mon service. On se tape la discute.
Elle me parle de son art. Elle écrit des poèmes qui commencent souvent par « chatte, bite, poils et couilles ». Pour elle, l’art, c’est choquer en parlant vulgairement. Pour moi, c’est juste une chaudasse. Je fais mine de m’y intéresser et je lui montre ce que je fais comme art : de la musique qui parle de cœurs brisés, de culs et de mouille. Peut-être que je suis aussi une chaudasse.
– On devrait se prendre un verre, vu que vous fermez pour les vacances, là, me dit-elle.
Qu’est-ce que je disais ? Chaudasse.
Vu que je ne le suis pas moins, j’accepte et j’y vais.


Le soir venu, on se pose dehors, en terrasse. Le soleil tarde à se coucher. Elle portait un haut moulant et une jupe qui dépassait à peine ses poils pubiens. On se parle beaucoup, mais de temps à autre, je la voyais ouvrir les jambes, laissant voir sa culotte aux tables d’en face. Peut-être voulait-elle jouer sur plusieurs tableaux. Pourquoi pas ? Elle semble totalement ravagée. Mais j’aime bien.
Voulant rentrer chez elle, après une heure de blabla et de plongées profondes dans les yeux de l’autre, je propose de l’accompagner. Elle n’est pas inintéressante. Elle a une grande sensibilité. La vie l’a baisée plus que tous les mecs – et les meufs – qu’elle a connus.


On arrive chez elle. Elle m’invite à rentrer. Son appart est décoré de dessins et autres œuvres qu’elle a sûrement elle-même faits, vu que c’est pas ouf. Elle se plaint de ses voisins qui ne supportent pas le bruit qu’elle fait, pendant que son chien me baise la patte. Je le caresse. Ça l’excite. Sale cabot.
On continue de se parler, une cigarette à la main chacun, se cherchant un peu et fuyant en même temps. À un moment, je la plaque contre un mur. Ma main sur sa nuque, l’autre au-dessus de sa tête. Nos yeux plongent l’un dans l’autre, et on se parle dans la bouche de l’autre.
– C’est pour ça que t’es venu jusqu’ici, non ? me dit-elle.
– Non, c’était pour que tu rentres en sécurité, ai-je répondu.
– Menteur. Pourtant, au kebab, tu me parles à peine.
– Tu ne trouves pas que t’as déjà assez de langues qui te lèchent le cul ?
– Apparemment, non, répond-elle, juste avant de plaquer ses lèvres contre les miennes.

S’ensuivirent des échanges langoureux de baisers, de tirages de cheveux, de vêtements, de griffes, de bave, de morsures… jusqu’à ce que je la couche sur un énorme pouf qu’elle avait dans son salon. Déjà à moitié à poil, je mets sa culotte sur le côté et je plaque ma bouche contre sa chatte, aussi brillante et lisse soit-elle.
Les premières secondes de ce cunni étaient silencieuses, presque suspicieuses. D’habitude, il y a des débuts de gémissements, un rythme qui s’accélère, une respiration qui change de tempo… Là, rien. Puis, soudain : « Aaaaahhhhhhhhhhh ! » Un cri à la fois fort et aigu sort enfin de sa bouche. Mon cerveau ne comprend pas grand-chose. Ma langue comprend qu’il faut continuer.
Elle avait des gémissements dignes d’une gamine. C’était très troublant. En même temps, je venais de comprendre ce que lui reprochaient ses voisins.
Mes bras entourant ses jambes, je continuais à lui lécher l’abricot comme si ma vie en dépendait. Ses cris ne faisaient qu’augmenter mon plaisir et la taille de mon sexe. Je dégage mon bras droit, je mets en crochet mes deux doigts et je les glisse le long de sa chatte jusqu’à agripper l’intérieur de son clitoris. Je remue à vitesse progressive, tout en gardant ma langue plaquée sur l’extérieur de son clito. Les cris ne baissaient pas.
Je maintiens ainsi jusqu’à atteindre une vitesse qui compliquait le multitâche dont je faisais preuve. Je décolle ma langue pour me consacrer uniquement à mes doigts. J’entends le bruit du liquide et je le sens au bout de mes doigts. Je les retire, je frotte son clito de l’extérieur, jusqu’à ce qu’un jet de liquide m’arrive sur le torse et sur le bout des lèvres. Le tout, accompagné d’un cri de libération.


Les jambes tremblantes, repliées sur elles-mêmes. Les yeux fermés. Le sourire de satisfaction gravé sur son visage. Je la laisse se remettre de ses émotions, tandis que je m’assois sur la chaise à côté, une clope au bec.
Je contemplais le ciel au crépuscule, tout en la sentant arriver devant moi sur ses genoux. Elle me prend en bouche pendant quelques secondes, puis me dit en me fixant dans les yeux :
– T’es doué, tu sais ?