C’est le ramadan, je crois. Enfin, j’en suis sûr. En tout cas, je suis chez un pote, à Paris. Enfin, pas vraiment à Paris, mais en région parisienne. Enfin, pas vraiment en région parisienne, mais en banlieue parisienne. Dans l’Essonne, plus précisément à Evry, dans le quatre-vingt et onze.
Tout le monde me disait que cette ville était à chier. Je les comprend. Contrairement à mon pote, ils n’habitaient pas au douzième étage d’un HLM au bord de la seine et qui donne une vue splendide et panoramique sur la ville et la forêt qui enrobe la Seine.
Moi, j’aime bien. Mais, c’est ramadan. Du coup, je descend dans un bar. Enfin, ce n’est pas vraiment un bar, mais un PMU de banlieue. Tu le ressens parce qu’il sonnait creux. Il était assez vide pour un samedi après midi. Je me suis accoudé au comptoir avec mon pote. Pas pour boire, mais pour choper le journal et sélectionner des chevaux sur lesquels parier.
Le patron du bar est venu nous taper la discute. Pas qu’il en avait quelque chose à foutre de nous, non. Il voulait savoir quand se terminera ce mois maudit. Pas qu’il en avait quelque chose à foutre de la famine qui nous rongeait, mais plutôt du manque de clientèle qu’affichait son bar. Je crois qu’il s’est rendu compte que ses plus fidèles gogos étaient les musulmans.
On l’a rassuré, avant de prendre le journal et de nous casser. On a miser quelques sous sur deux tocards qui étaient bons pour l’abattoir. On est rentrés à temps pour la rupture du jeûne. On a bien repris des calories, avant de sortir encore une fois.
On a prit la voiture pour se morfondre un peu plus dans ce département de l’Essonne. Corbeil Essonne, tient ! C’était notre destination. La capitale de ce département ? Peut-être. Je vais peut-être chercher ça plus tard, ou peut-être pas.
On est entrés dans ce qui me semblait être une chicha. Je D-E-T-E-S-T-E les chichas. Il y a deux trucs que je n’aime pas : les boîtes de nuits, les gens qui me lancent leur fumée dans la gueule et les chichas. Oui, ça en fait trois, mais on s’en fou.
Mon pote m’explique qu’on n’est pas là pour la fumée aromatisée pour fiottes ou rebeus fragiles, ni pour les beurettes faciles au visage coloré. On est là pour un autre jeu de hasard, le loto. C’est simple; tu prends un nombre de petits cartons, sur chaque carton il y a quinze chiffres, un gars va annoncer des chiffres au hasard et tu dois remplir ton carton avant les autres pour pouvoir gagner la cagnotte. J’étais partant !
On a misé pour dix euros chacun. La cagnotte était de cent euros. Elle était belle. La partie s’est terminée, on a perdu nos vingt balles. On y était presque, on a donc remis une couche. Perdue… Cela s’est poursuivi jusqu’à une heure du matin.
On est ressortis. Avec un bénéfice de zéro euros et un déficit de soixante euros chacun. De vrais joueurs !
On a rouspéter. Mon pote a démarré la voiture. On est rentrés.