« Bande de salopes ! » ai-je crié, au moment où j’essayais mes bottes.
Ces connasses sont devenues trop petites pour moi. Je les ai à peine portées tous les jours depuis un an. Cela m’énerve. Je sais, je me plains de tout et de rien. Je passe mon temps à râler. D’ailleurs, ma copine n’en peut plus de moi.
– Satanas, tu ne fais que râler… sois reconnaissant un petit peu… il y a des personnes qui n’ont même pas de quoi manger, ni où dormir…
– Est-ce ma faute, moi ? Est-ce que si -par miracle- j’arrêtai de râler, ces connards trouveront un nid douillé et un repas chaud ? Je ne pense pas, non. Donc, lâche-moi la grappe, merde !
Elle se tait pendant un long moment. Je devrais changer de copine, tiens !
Mais elle n’a pas totalement tord. Je suis un râleur. Je l’assume.
Je me plains toujours du temps qu’il fait, par exemple. Pourtant j’adore le ciel gris de la Normandie. Mais je me retrouve à maudire tous les dieux qui puissent exister pour un oui ou pour un non. Je trouve que ça m’apaise que d’extérioriser toute ma négativité, au lieu de laisser celle-ci me bouffer de l’intérieur.
Par contre, il y a vraiment des choses qui me chiffonnent. Mine de rien, beaucoup de choses me tapent sur les testicules.
Je déteste perdre un pari, par exemple. Je déteste que de l’eau me touche lorsque je suis en chaussettes. Je déteste qu’une fille que je n’aime pas dort dans mes bras. Je déteste lorsqu’une goute de pluie tombe pile poile sur ma cigarette. Je déteste lorsque j’arrive devant la porte du métro et que celle-ci se referme. Je déteste courir pour rattraper le bus et le voir partir. Je déteste les salopes sans vie qui créent qui parlent de moi dans leur groupe Messenger.
A ce propos, il parait que j’aurais sauté la moitié de ma classe. C’est vraiment ridicule. Je n’ai couché qu’avec le quart et franchement, j’aurais pu faire mieux. Je suis déçu de mes performances. Mais comme dirait Brice « L’avantage lorsqu’on a englouti le quart d’une bouteille de vin, c’est qu’il reste encore trois quarts à engloutir ». Je dis Amen à ça !
Je fini par troquer mes bottes contre une paire de baskets. Ça me donne l’air adolescent. Je les mets quand même et sors précipitamment. Une cigarette dans la bouche. Une paire d’écouteurs dans les oreilles. Une copine qui me parle mais que j’entends pas. La vie est belle quand on ne la prend pas très au sérieux. »