Confinement – Part 2

« Je crois que dans la vie, dans le feu de l’action, au quotidien, on a tendance à perdre de vue ce qui compte vraiment le plus pour nous. On a tendance à se laisser emporter par les vagues, à embrasser à bras ouverts les opportunités qui s’offrent à nous, sans nous soucier du reste.

Dans une crise sanitaire mondiale aux allures apocalyptiques, avec des chaînes de télévision qui annoncent, chaque jour, des dizaines de milliers de cas et des milliers de morts, l’étau se ressert. On prend conscience de la fatalité de la vie. Du lien étroit qu’on entretien avec la mort. Toute chose acquise est alors remise en gage. On se rend compte que nos proches, nos êtres chers, les personnes sans qui on ne s’imagine pas avancer dans la vie sont en danger, que nous sommes en danger. On se rend compte qu’on n’aura peut-être pas d’autres chances, opportunités de faire mieux.

Au réveil du deuxième jour de confinement, je n’ai pas pu empêcher ma main de formuler son numéro et d’enclencher un appel. Il fallait que je sache. Cela faisait une vingtaine de jours qu’on s’était fâchés, que chacun faisait sa vie de son côté. Mais dans une situation pareille, on ne peut pas s’empêcher de vouloir savoir ce qui se passe dans la vie de l’autre.

– Salut ! Comment ça va ? Ai-je dis, sans réfléchir.

– Salut. Bah ça peut aller…

– C’est quoi ce bruit ? T’es dans les transports ?

– Oui. M’a-t-elle répondu, en toussant fort. Ils viennent d’annuler mon stage.

– Tu tousse ? T’es malade ?

L’un des principaux symptôme de ce virus importé de Chine serait une forte toux. C’est exactement le genre de trucs qu’on n’a pas envie d’avoir à ce moment-là, même si on fume comme un pompier.

– J’ai une grippe depuis quelques jours.

Mon cœur s’est accéléré.

– Tu as chopé le virus ? Ai-je dis.

– Je ne pense pas. C’est juste la grippe saisonnière.

J’y croyais à moitié. Car on ne peut jurer de rien. Même les médecins nageaient en plein brouillard. Ils ne savaient pas vraiment ce à quoi ils étaient confrontés.

– Tu penses pouvoir rentrer au Havre ou bien tu vas encore rester roder dans ce nid à problèmes qu’est Paris ?

Avant qu’elle puisse formuler une quelconque réponse, le pont sous lequel passait son métro a brouillé notre signal. Je crois que cet appel m’a encore plus frustré qu’autre chose. J’ai alors pris le téléphone pour répondre aux photos intimes que Madeline m’avait envoyé la veille. « Tu reviens quand ? » inscrit entre ses beaux et fermes seins. « Je m’ennuie déjà de toi » était inscrit sur la deuxième photo d’elle entrant dans son bain. Cela m’a filé une érection que j’ai vite prit en photo avant de la lui envoyer.

En prenant la photo, j’avais reçu une notification de message « J’ai perdu mon signal. Mais ça peut aller. T’inquiètes. » J’ai ignoré et envoyé la photo.

Les heures puis les jours se sont succédé sans que je puisse les contrôler. La notion du temps devenait aussi futile qu’un couple d’homos pour la fertilité. Je ne pouvais toujours pas voir qui que ce soit. Je ne recevais pas plus de nouvelles que ça de la part de celle que j’aime. Mais je ne pouvais pas non plus voir celle qui me donnait des nouvelles. Restrictions obligent; quinze jours de quarantaine afin de déterminer si on avait le moindre symptômes lié à ce fichu COVID.

L’essentiel de mes échanges dépendaient de mon téléphone. Des appels. Des messages. Des appels vidéo. Un mélange des trois parfois.

Il commençait à se produire un phénomène bizarre, au bout de sept à dix jours de confinement. La solitude. La quarantaine commençait à mettre le feu au cul de tout le monde. Des photos intimes commençaient à fuser dans mon téléphone de la part de personnes qui me calculaient pas plus que ça auparavant. Comme si cette quarantaine servait de lubrifiant. Le pouvoir du COVID.

Un jour dont je ne me rappelle plus -vu qu’ils commençaient à tous se ressembler- j’étais en plein appel vidéo avec une très bonne amie à moi, Débora.

L’appel semblait banal jusqu’ici. Je l’ai pourtant accompagné sous la douche. J’ai pris du plaisir visuel à regarder l’eau pleine de shampoing dégouliner le long de son corps, parcourant ses courbes, effleurant ses tétons, plongeant dans son nombril, mouiller ses épais poils pubiens noirs, pénétrer entre ses fesses, glissant le long de ses jambes avant de se mourir sur le sol marbré de la salle de bain de ses parents. Cela me semblait à la fois jouissif et naturel.

Je ne saurais dire comment les choses se sont déroulées une fois revenue dans sa chambre, ni comment elle s’est retrouvée les doigts plongés dans les abysses de ses poils pubiens. Mais c’est ainsi que les choses se sont passé. Elle a commençait à caresser son clito, tout en filmant pour mes beaux yeux. Elle semblait vouloir que je fasse de même. Qui suis-je pour refuser les avances d’une femme ? Qui suis-je pour refuser les avances d’une belle femme ? Qui suis-je pour refuser les avances d’une belle femme que j’aime déjà énormément ?

J’ai fermé les volets pour plus d’intimité. J’ai enlevé mon t-shirt. J’ai retiré mon caleçon. Elle s’est mordue les lèvres à la vue de ma queue dure et bien dressée. J’ai passé ma main le long de ma magnifique queue devenue toute rose à l’aide du sang qui a afflué vers elle. Et on s’est masturbé mutuellement jusqu’à ce qu’elle devienne rouge de chaleur et atteigne l’orgasme. J’ai alors balancé la purée sur le sol de ma chambre en léchant mes lèvres, les yeux rivées sur son con. Elle s’est encore une fois mordue la lèvre à la vue du sperme qui dégoulinait le long de mon gland. Il ne manquerait plus qu’on s’embrasse avant de raccrocher. Mais on ne l’a pas fait. On a juste raccroché.

J’ai essuyé le bordel qu’elle a causé sur mon sol. J’ai pris une douche et me suis endormi. Il était quinze heure de l’après-midi.

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