« J’ai retiré ma queue d’entre ses lèvres. Elle était toute rouge. Rouge de sang. J’ai retiré mon préservatif et jeté dans la corbeille. J’ai pris une serviette en papier pour éponger le sang qui coulait de sa chatte, le long de ses cuisses. La quantité n’était pas importante. Je l’ai essuyée, remit une autre capote et me suis remis au travail.
Beaucoup d’hommes sont à la recherche d’une femme vierge. Beaucoup fantasment sur ça. Beaucoup de femmes se sont vues reniées par leurs amoureux car elles n’étaient plus vierges. Beaucoup de meurtres et de suicides ont eu lieu à cause d’une seule banalité. La virginité.
Surtout celle de la femme. Elle occupe lesprit de beaucoup d’hommes. En faisant l’amour à une vierge, j’ai pris conscience de la stupidité de l’homme.
Non, mais quel supplice ! La fille avait mal à chaque vas et viens. Il y avait encore des goûtes de sang qui coulaient. Ce qui m’obligeait de m’arrêter et d’essuyer. Aucune position ne pouvait être explorée, exploitée.
J’ai dû me résigner à laisser tomber. J’ai retiré mon nouveau préservatif qui était lui aussi devenu rouge à cause du sang. Je l’ai faite asseoir sur mes cuisses. Les bras enroulés autour de ma nuque. J’ai tiré une taffe, puis une autre, afin d’allumer ma clope. Elle ne voulait pas la partager avec moi. Elle ne fume jamais. Je respecte ça. Ce self-control. Cette manière de dire « non » à la tentation. Dire « non » aux chuchotements mielleux de Satan. Pourtant, elle venait de « m’offrir » sa virginité.
En fumant, un silence s’est installé. Il n’était pas gênant. Elle pensait certainement à ce qu’elle venait de vivre. Cette expérience nouvelle. Devenir femme.
Moi, je pensais aux hommes. Je pensais à tous les hommes que j’ai connu dans ma vie, à qui j’ai dit « la virginité n’est qu’un construit social » et qui me disait, les sourcils foncés, « jamais ! La virginité c’est sacré ! Tu n’as pas idée d’à quel point c’est doux, délicieux et agréable que de faire l’amour à une vierge ». A ce moment là j’ai compris que ces fils de putes n’avaient jamais effleuré les poils de la chatte d’une vierge. Peut-être qu’on n’avait juste pas la même vision des choses. La même compassion et bienveillance envers la personne avec qui on partage ce moment d’intense intimité. Peut-être que tout ce qui les intéressait était de se vider les couilles et de se dire « ah ah ! Je suis le premier à y avoir pénétré ! ». Réflexion d’archéologue à petite bite.
J’ai tiré encore sur la clope. J’ai serré Justine dans mes bras. Sa tête sur mon épaule gauche. Ses bras sur mon épaule droit. Et j’ai continué à réfléchir.
H
J’ai pensé aux femmes. J’ai pensé à toutes les femmes que j’ai connu et qui étaient vierges. J’ai pensé à leurs paroles. « Je ne perdrai jamais ma virginité avant le mariage ! Ça c’est sûr ! ». Mais quelle idée ! Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au stresse que cela doit procurer; t’es là, tu viens d’enchaîner trois mois de préparatifs de mariages stressants, ponctués par une cérémonie où t’avais la boule au ventre et où tous les regards étaient braqués sur toi. Tout ça pour finir dans une chambre d’hôtel luxueux avec l’homme de ta vie, avec qui tu n’as peut-être jamais eu la moindre intimité physique. Tu es alors SANS EXPÉRIENCE SEXUELLE PRÉALABLE. Comment vas tu aborder ça ? Comment faire ? Tu vas t’inspirer des films pornos que t’as vu à la sauvette lorsque t’étais seule chez tes parents, une nuit où ils étaient tous à un mariage ? Vas-tu réussir à te détendre assez pour laisser ton homme casser ton hymen avec sa queue ? C’est un acte délicat qui demande beaucoup de pratique et de connaissance de l’autre. Serait-ce aussi simple ? Mais quel stresse insoutenable !
Justine s’est levée, a mit son beau string rouge en dentelle. Il lui a scié les fesses d’une manière alléchante. Je les ai alors chopés avec mes mains pour les embrasse une dernière fois. Je l’ai vu se rhabiller. J’ai éteint ma cigarette. Je l’ai raccompagnée jusqu’à ma porte. Je l’ai embrassée une dernière fois. Bref, c’était sympa.