Aura

Et que les premiers rayons de soleil de cette journée commencent à pénétrer les rideaux de ma chambre, j’y repense.

J’y repense et j’écris.

Le cœur fade. Les yeux lynchées par un manque de sommeil insoutenable. Les mains molles. Les cheveux raides et ondulés. Les lèvres séchées par une énième cigarette.

Je me dis des choses. J’écris ce que je me dis. Que ce téléphone soit témoin, que je ne puisse me rétracter au réveil. Je me dis que, peut-être, que…

Tu existes vraiment…

Puis, je me dis que, peut-être, que…

Tu n’existes que partiellement…

Tu existes uniquement dans mon cerveau. Tu existes uniquement dans ma tête. Tu existes uniquement quand je ferme les yeux et que je t’imagines. Tu existes uniquement quand je touche à mon téléphone. Tu existes uniquement dans mes pensées, dans ma peau. Tu existes uniquement le temps d’une notification. Tu existes uniquement le temps d’un appel, d’une histoire. Tu existes sur des photos. Tu existes dans des vidéos. Tu existes dans des vocaux.

Mais tu n’existes peut-être pas en vrai.

Dans la vraie vie. Au toucher. Mes sens ne te connaissent pas plus que ça. Ils te rencontraient une fois tous les six mois. Dix ans n’ont pas suffit pour raccourcir cela. T’es comme un rêve. T’es comme une amie imaginaire. T’es comme un Dieu. Une déesse. Une personne créée de toutes pièces par mon imagination sordide.

Créée, car tu es ce que mon cerveau désirait. Tu englobe les qualités et les défauts que je cherchais et que je continue à chercher. Il y a un peu de sel dans ton âme sucrée. Et cet équilibre m’a permit de t’aimer. Tu regroupe ces fameuses qualités qui font que je te désire, puis fini par t’oublier. Avant qu’une nouvelle rencontre me permette de savoir qu’elle n’est pas assez. Elle est certainement parfaite. Mais pas parfaite pour moi. Pas assez. Alors je te désire à nouveau. Puis, je t’oublie. Parce que tu existe que le temps d’un message, d’un appel, d’une voix, d’un rire, d’une blague. Mais tu n’es pas là.

Tu n’existes que quand la nuit est là. Que lorsque mes souvenirs me rattrapent. Que lorsque mon existence se questionne.

Je ne me souviens ni de la chaleur de ton souffle, ni du goût de tes lèvres, ni de la douceur de ta peau, ni du parfum de tes cheveux. Je n’en ai que des brefs échantillons de souvenirs qui viennent caresser mon esprit, comme un fantôme qui rôde dans ma mémoire.

Il ne me parle pas, il me murmure des phrases inintelligibles. Il ne me touche pas, il ne fait que me caresser d’un air froid. Il ne me fait pas l’amour, il ne me laisse qu’entre voir une ombre d’un téton.

Suffisant pour te désirer à nouveau. Insuffisant pour t’oublier. Suffisant pour penser à toi. Insuffisant pour t’aimer à nouveau.

Il serait peut-être plus judicieux de dire, que tu n’existes pas.

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