Ça m’avait manqué, l’école.
Avoir le cul qui saigne après s’être assis toute la journée à écouter rabâcher des profs qui ne savent même pas que t’es là. Avoir une tendinite -c’est le sujet récemment- à force de recopier, à la vitesse d’une gazelle qui fuit une lionne, tout ce que ces profs racontent. Essayer de ne pas penser à autre chose lorsque le prof t’explique les milliards de notions et autres informations que tu dois assimiler. Trop dur dans des moments pareils que de ne pas penser à des trucs futiles.
Vous me direz alors « mais qu’est-ce qui t’avait manqué, du coup ? ».
La pause clope.
Ce moment où les profs nous donnent enfin l’autorisation d’aller voir ce qui se passe derrière les murs de notre classe de cours. Ce moment où se regroupent fumeurs et non-fumeurs autour de sujets pas spécialement intéressants, des blagues à la limite du politiquement correct et des taquineries qui peuvent blesser même au second degré. Mais cela crée du lien. Et c’est bien.
J’ai souvent pensé que Twitter, c’est le coin fumeurs d’internet. C’est là que se retrouvent tous les dégénérés du Web, pour critiquer. Essentiellement pour critiquer. Parler de cul, poster du cul, faire des allusions racistes, défendre ses idées comme si on était en prime time d’une television nationale, mais aussi, parler de l’actualité.
Cette semaine, la reine d’Angleterre est -officiellement- morte.
Quand on a Twitter, ce genre d’informations nous arrive avant que ça fasse le tour des plateaux télé.
Chacun commentait à sa manière. Beaucoup de britanniques ont eu les couilles de dire qu’ils n’en avaient rien à foutre. Plusieurs personnes n’ont pas hésité à faire des blagues. Puis, les plus aisés, ceux qui sont satisfaits de leur misérable vie, n’ont pas hésité à verser leur petite larme et la laisser couler autour d’un tweet élogieux envers sa sainteté.
Quelqu’un avait dit que c’était très bas et inhumain que de faire des blagues sur la mort de notre divine reine. Qu’elle méritait tout le respect du monde, elle qui a passé sa vie à servir le peuple. Elle qui a donné sa vie au peuple !!
À ça, moi je dis bravo !
Franchement, j’aurais détesté être à sa place. Avoir une telle responsabilité. Passer ma vie à servir un peuple, peu importe lequel.
Je détesterais passer ma vie dans un énorme palais, de l’argent plein les fouilles, à ne plus savoir quoi en faire. Avoir mes factures payées sur le dos du peuple que je sert tant. Fonder une famille. Protéger ceux que je préfère dans celle-ci, même s’ils ont un penchant pour les enfants. Tuer ceux (mais surtout celles) que je trouve trop honnêtes, trop proches du peuple, plus populaires que moi, ou encore pas assez pâles à mon goût. J’aurais absolument détester avoir des gardes, des serviteurs, des gens qui s’écartent quand je débarque, d’autres qui me baisent la main quand je la tend.
Puis, vivre aussi longtemps, quoi ! Plus de neuf décennies ? Mais ça ne va pas ?
Après, je n’imagine même pas la souffrance que c’est que d’envoyer des pères de famille au fin fond du monde, une arme à la main et l’espoir de revoir leur gosse réduit à néant, pour une guerre que j’aurais moi-même créé. Ça, franchement, ça aurait été insurmontable pour moi.
Sans parler du peuple, le vrai, que je devrai servir en faisant en sorte que leur misérable vie devienne tellement invivable que la mort leur apparaîtrait comme une délivrance.
Je n’imagine même pas… Notre reine… Notre belle et glorieuse reine… Qu’avons-nous fait de toi…
Putain de dieu, quoi !
Quel enfer notre déesse enchantée a du vivre ! Que dieu nous pardonne de lui avoir fait subir cela !
les complotistes de Twitter dirons qu’elle n’est pas vraiment morte
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