Menaces de mort.

« Putain de haine. Il y a-t-il quelque chose d’autre de légitime à ressentir ? Je ne pense pas. Je te vois et je me vois en toi. Tu ne me ressembles pas, pourtant on est pareils. Je te porte beaucoup de haine, comme celle que je porte à moi-même. J’essaye d’éviter les problèmes, mais j’ai trouvé un malin plaisir à succomber à ton charme. Je suis une merde. Je n’ai jamais su trouvé les mots parfaits pour te décrire ou décrire ce que je ressentais. J’étais amoureux. C’était affreux. Tous mes souvenirs de cette époque me donnent cette envie pressante de me saisir d’une batte de baseball et de me fracasser le crâne à coups répétés comme un fou furieux qui fracasserait la tête du violeur de sa petite fille. Je me haïssais assez. Mais, je me hais davantage aujourd’hui. C’est affreux que de vivre de manière totalement égoïste et égocentrique. Mais tu le fais sans le moindre effort. Sans le moindre remord. Cela fait presque ton charme. Pour toi, un homme en vaut un autre. C’est à vomir dans sa propre bouche. L’homme avec lequel tu as généreusement et difficilement accepté de partager ton lit vaut autant qu’un beau brun que tu viens de rencontrer. On est interchangeables. Nous, les humains. Fils de putes que nous sommes. Je n’ai pas de remords. Je te le redis. J’ai des regrets. Je regrette de t’avoir rencontré.Je regrette d’avoir pu penser à consacrer du temps à penser trouver un moyen de tout réparer. Je te regrette aussi. Non, je ne regrette pas de t’avoir perdu.Je regrette de t’avoir accosté. Je regrette de t’avoir parlé. Je regrette d’avoir essayé. Je regrette d’avoir veillé jusqu’à des heures tardives pour te parler. Je regrette d’avoir bu et fumé parce que tu me manquais. Je regrette de t’avoir regardé et d’avoir pensé que tu me suffisais. Que je te suffisais. Qu’il suffisait d’aimer pour être aimé. Qu’il suffisait d’un peu de bonne volonté pour tout changer. Mais l’hiver vient. Je m’en vais me cacher sous les jupons de toutes les demoiselles qui aimeraient bien me laisser y faufiler. Je te laisse ta liberté. »

Anastasia -Part 2

« La température était facile de deux degrés. C’était les premières nuits froides de l’année. Je n’avais pas autant froid que cela. Je m’étais couvert d’un hoodygris et d’une veste noire par dessus, un jean bleu déchiré sur les deux genoux couvrait mes jambes et des Air Jordan blanches tenaient mes orteils au chaud. Une véritable tenue de fuckboy. Je m’étais dirigé vers la gare pour l’accueillir. Je croyais avoir une bonne dizaine minutes d’avance. Ce qui m’a amené à poser mes fesses congelées sur le banc en face du piano et commencer à flirter avec les touches de son clavier. Les touches étaient délicates, sûrement à cause des centaines de mains qui s’amusaient chaque jour à les tâter. Le temps que le piano arrose mes oreilles de douces mélodies soigneusement jouées par mes doigts qui commençaient à se dégelés, les passagers commençaient déjà à sortir du tunnel qui menait aux voies ferrées. Je me prépare pour l’intercepter. Je me mets aux abords de la foule. Je hais le peuple. Je me mets légèrement de côté. J’aperçois une belle fille qui s’approchait de moi. Impossible de la rater avec son bonnet rose qui couvrait le haut de sa tignasse dorée. Mon regard fixe ses yeux bleus.Elle fait attention à moi. Je souris. Elle baisse le regard. Elle continue d’avancer vers moi, elle me dépasse et fini dans les bras de ce qui semblait être son petit copain. Je secoue ma tête, un sourire narquois collé à mes lèvres et continue de guetter les passagers. Soudain, un visage familier. Je souris. Elle me reconnaît au milieu de la foule et sourit aussi. Elle se rapproche. Je lui tends les bras. Je la serre fort. Je sens le toucher de son bassin dans la paume de mes mains. Je snife le parfum de sa longue chevelure brune. Une odeur familière. J’étais entre de bonnes mains. »

Anastasia

« Je n’ai jamais eu l’impression de nager dans un océan bonheur. Et si cela a été le cas un jour, je crois que j’ai bu la tasse. Quoi qu’il en soit, cela a toujours été éphémère. Par contre, j’ai longtemps nagé dans un océan de chattes. Là aussi, j’ai bu la tasse jusqu’au gosier. Je me souviens de ma première impression de cette fille. En règle générale, il suffit de peu pour qu’un mec sache ce qu’il veut d’une fille. Embrasser. Baiser. Recaler. Trois options s’offrent toujours. On n’est pas difficiles, nous, les mecs. Combien de mecspeuvent-ils se « targuer » d’avoir dit « non » aux avances d’une belle femme ? Je ne pense pas faire partie de cette élite. Ou peut-être que si. Mais pas avec cette fille. Je me souviens avoir eu une envie pressante de plaquer mes lèvres contre les siennes. Elle avait lâché un sourire large, en me fixant droit dans les yeux. Les siens brillaient comme des lucioles au soleil de minuit. Son regard me criait « sombre idiot tout mignon ». C’était suffisant pour moi. Je me souviens m’être retenu de le faire. Je n’en suis pas fier. Ou peut-être que si. Il ne faut pas embrasser la meuf d’un autre. C’est une règle générale. Très peu respectée. Mais elle existe, croyez-moi. Je me retiens de le faire. Je la laisse vider son sac. Je suis à l’écoute. Je la laisse se confier à moi. Je fais le psy. Je la laisse me raconter sa vie. Je la laisse fondre en larmes. Je la laisse mouiller mont-shirt avec ses larmes et son mascara. Je me sens utilisé. Sainement utilisé. Je ne me sens aucunement souillé. Cela me change. Le temps d’une glaciale soirée du mois de janvier, j’ai laissé tomber ma cape de super connard. J’ai ravalé mes pulsions égoïstes. J’ai ouvert mes oreilles et ai été de bons conseils. Je n’ai pas pu m’empêcher de jeter quelques petits coups d’œil à son décolleté–qui au passage était guérisseur. Mais hormis cela, j’ai été bon. Une véritable pédale. Je ressentais mes couilles se rebellais contre moi au vu de la trahison que j’étais entrain de leur infliger. Mon envie de l’embrasser a disparue plus vite que ma dignité. Mes intentions envers elle ont changé plus vite que les idées d’un anarchiste fauché. Je la regardais. Et pour la première fois, je prévoyais une amitié. « 

Amy

« J’entrais dans cette salle de cours pour la première fois de ma vie. J’étais tout excité comme une pucelle assise au premier rang d’un concert de Justin Bieber. Je l’aime bien, lui. Il a grandi pour apprendre qu’Hollywood n’était qu’un mirage dégueulasse. Plusieurs diront qu’aujourd’hui il ressemble à un fermier  . Mais contrairement à vous et moi, lui, il a trouvé la paix intérieure. En parlant de pucelles excitées, cette salle en regorger. Je me mets au fond de la salle. Cela me donne une vue d’oiseau. J’entre en contact avec la première fille assise sur ma gauche. Il ne faut pas se laisser le temps de rouiller. Il faut vite rentrer dans le bain. Je lui pose une question banale concernant le cours. Or, je m’en branle ! Je veux juste de l’interaction.Chauffer mes burnes sociales. Elle était d’une beauté fade. Le genre de fille que je n’aurais pas remarquée si son cul n’était pas à un mètre du mien. Alors que sa copine, oui. Je l’avais bien remarqué. Elle avait une belle coupe de cheveux à la Lady D. Elle lui allait comme un gant. Et de beaux gros yeux bruns qui étincelaient à chaque fois qu’elle tirait son beau sourire. Mais il ne fau tjamais adresser la parole à la fille qui t’intéresse. Il faut toujours passer par la porte d’à côté. Sa copine. Cela lui fait baisser sa garde et titille sa jalousie. J’essaye de me recentrer sur le cours qui avait déjà commencé. Je m’ennuie. Ma tête vagabonde. Je ne suis plus en classe. Je suis chez moi. Amy est assise sur mes genoux. Ses bras sont croisés autour de mon cou. Elle me sourit. Encore ce satané sourire. Elle se penche pour m’embrasser. Elle le fait. Elle le fait bien. Elle sort sa langue timidement. Sa bave a un goût de pêche veloutée. Je glisse mes deux mains sous son pull, le long de son dos. Je la colle à moi tout en lui embrassant les lèvres. Son soutif me dérange.J’essaye de le retirer. J’ai toujours eu du mal avec les soutifs. Je le dégrafe.Nos deux langues sont pratiquement collées. Je soulève son haut. Elle soulève le mien. Les bretelles de son soutif tombent progressivement le long de ses épaules.  Le prof hausse le ton,subitement. Je perds ma concentration. Amy est à deux culs de moi. Elle ne me regarde même pas. Merde »

Dépression intime.

« Cela faisait sept lunes que je ne sortais plus de chez moi. Elle me reprochait cela entre autres. Je n’étais pas excité à l’idée d’entrer en interaction avec des mortels. L’idée d’une conversation m’était aussi futile que la vie d’un enfant Palestinien aux yeux d’un soldat Israëli. Tout ce qui pouvait sortir d’entre les lèvres d’une personne, peu importe son statut, son sexe et l’estime que j’avais pour elle, m’était tellement banale et surfait. Mais cela faisait déjà quelques semaines que cette nonchalance me poursuivait. Je n’avais envie de rien. Je commençais à perdre du poids, et à en prendre là où il ne faut pas. Le ventre. Les bourrelets. Les joues. Les fesses. J’essayais de trouver un goût à la vie en me servant de la nourriture comme intermédiaire. Cela réussissait seulement à massacrer mon foutu corps. Je ne faisais plus de sport. Le seul sport auquel je prenais part mettait en action ma main droite et mon imagination. Parfois, seulement ma main droite. Je buvais beaucoup. Je fumais beaucoup. Je n’écrivais rien. J’étais à sec. Aucune note musicale. Aucune ligne. Mon inspiration venait du monde et le monde ne me donnait plus aucune envie de le découvrir. Le courrier s’empilait dans ma boîte aux lettres, je n’allais même plus le chercher. La vaisselle s’accumulait dans l’évier, je n’y faisais plus vraiment attention. L’odeur que je dégageais avait fini par ne plus me dérangeait. Ma barbe commençait doucement mais surement à ressembler à celle de Robinson Crusoé. Ma vie aussi. J’étais isolé dans ma zone de confort.Mes amis étaient imaginaires. Ils se cachaient derrière un écran et nos conversations étaient creuses et stériles. Notre hygiène défini notre état psychique.Le mien était désastreux. Je ne dormais pas avant d’apercevoir les premiers rayons de soleil quotidiens. Je ne me réveillais pas avant d’en avoir marre des bras de Morphée. Je passais chaque journée à attendre la nuit. Je passais chaque nuit à me dire que demain sera meilleur. Mais les journées se succèdent et rien ne change. Je trainais un boulet de souffrances aux chevilles comme un condamné. Une corde au cou que la vie n’arrivait pas à tirer, seulement retenir pour me torturer. »


Je ne sais pas.

«Je ne sais pas faire l’amour à une femme. Je ne sais pas ce qu’est l’amour même. Le sens véritable de ce mot et sa concrétisation en acte m’échappent. Ne me blâmez pas. J’ai été victime de mon berceau. J’ai grandi dans un endroit où l’amour est tabou. Un homme aima une femme et le frère de celle-ci ôta à l’homme sa vie. Aimer c’est mal. C’est péché. C’est Satan qui nous murmure à l’oreille des idées lubriques. Nos pulsions sont nos meilleurs ennemis. Notre ticket gagnant pour les ténèbres éternelles. De là où je viens, les hommes et les femmes ne doivent s’aimer avant d’être mariés. Le mariage n’est qu’un accord entre les deux familles et une dote pour le père de la fille. Une récompense pour avoir supporté cette « côte courbée de l’homme » pendant toutes ces années. L’acte sexuel n’existe pas. Mariés ou pas. On n’en parle pas. T’as plus de chances de perdre tes bras et tes jambes que d’avoir un cours d’éducation sexuelle de la part de ton paternel -Quoique, les chances de perdre l’usage de son bras sont nombreuses-. D’où viennent les enfants ? Des cieux. C’est une récompense divine pour les mariés de « bonne famille ». Les couples sans enfants ? Ils sont maudits par les Dieux ou ensorcelés par leurs ex. Chacun sa sauce. Donc où est l’amour ? Il y a l’amour réciproque de la mère et de son fils. L’amour partagé du père et de sa fille. Entre ces deux formes d’amour, des millions de complexes d’œdipe non élucidés. Laissant naître toutes sortes de refoulements émotionnels et frustrations sexuels. Pour une raison ou pour une autre, j’ai sûrement hérité de quelques troubles. Donc je laisse dormir cette fille. Je quitte son appartement. Je prétexte une bêtise. Je suis fort pour les prétextes. Je suis fort pour les bêtises. Je fuis loin d’ici. Je m’en vais, car je ne sais pas ce qu’est l’amour. Donc comment le faire ? »

Paris

« Paris c’est gris. Paris me donne des envies. Ce temps grisâtre me donne envie de passer la journée enfermé dehors. A me balader dans les rues. Siroter un Coke. M’enfourcher la botte dans une minuscule marre d’eau. Éclabousser mon jean. Quel joli maladroit ! Je croise une fille. J’en croise une autre. J’en croise beaucoup. Aucune ne me satisfait. Comme si que moi j’étais parfait. Quel couillons ! Je devrais m’assoir sur mes pensées, les griller avec des joints, les noyer dans une marrée d’alcool et sauter sur la première jolie fille qui me sourit. Au lieu de ça je traine un pied derrière l’autre jusqu’à ce que j’arrive en bas de chez moi. Je me hais. Si je passe mes journées dehors, c’est pour fuir quelque chose. Fuir mes pensées. Mais je préfère rentrer. Ce temps me donne une douce envie de tout lâcher. De rentrer chez moi, mettre le feu à cette bonne vieille cheminé, me débarrasser de mes sales godasses toutes mouillées, mon jean trempé, cette écharpe qui m’étouffe et ce fichu bonnet. Biberonner une Super Bock, puis une autre, puis une autre, jusqu’à noyer mes pensées aux fins fonds de ces bouteilles. Ramper jusqu’à mon lit. Allumer la télé. Une émission de débilités –comme toutes les émissions d’ailleurs. Me rouler dans une couverture, tel un joint bien roulé. J’aimerai bien m’en griller un, tiens ! Mais je commence à être trop torché. Dernier réflexe, je jette un coup d’œil à mon téléphone. Trois messages. Treize notifications. Je hais les réseaux sociaux. Mais comme je me hais aussi, je les utilise pour me haïr encore plus. Je me retiens de répondre aux messages de cette fille. Je la laisse cogiter. J’éteins mon écran de téléphone. J’éteins toute lumière de mes yeux. J’utilise mes derniers neurones pour penser à ce dont je suis entrain de penser. Je pense à mes pulsions non-étouffées. Puis comme tout idiot qui se respecte, je pense à elle. Je me demande comment elle va, avant de lui souhaiter une mort douloureuse. J’adore Paris. »