« Le soleil brille sur la Normandie. Il brille, mais ne fais aucun effet. Il ne produit aucune chaleur, aucun réconfort à mes doigts gelés. Je devrais peut-être les ranger. Il n’en est rien. Je continue de tirer sur ma cigarette jusqu’à être le dernier à rejoindre les bancs de l’amphi. Le prof referme la porte. Je fais mon entrée tout juste après. Je m’excuse, hypocritement. Il fait semblant d’accepter mes excuses. En vérité il ne supporte plus mes retards. Mais que pouvait-il bien faire ? C’était notre dernière séance. L’examen de fin de semestre.
Je m’assois au fond de l’amphi. Je surplombe les autres nigauds. Ils couinent. Ils parlent de tout et de rien. Je les méprise. Un homme ne peut-il pas avoir un peu de silence matinal ? J’aime me réveiller progressivement, bordel de merde !
L’assistante du prof pose la feuille d’examen sur la table. Je plonge mon nez crochu kabyle dedans et j’oublie tout. Je lis les questions, encore et encore, sans y répondre. Je n’y comprends rien. Je continue de scruter les phrases. Au bout d’une demi-heure, je finis enfin par ne vraiment plus comprendre quoi que ce soit. Je laisse tomber et pars déposer la feuille sur le bureau du prof et claque la porte !
Cette journée commençait aussi mal que la saison de Marseille. Je saisi une clope. Je la coince entre les deux lèvres. Je me dirige vers la sortie. J’allume le feu. Niques ta mère, Johnny. Je pousse la porte de sortie et tout d’un coup… Amy. Je tousse ma première tafe, surpris. J’avais rêvé d’elle cette nuit. Elle était aussi magnifique que dans mon subconscient. Ses yeux bruns me fixaient le temps d’un soupire, avant qu’elle ne recommence à parler avec ses copines. Elle a un petit bobo sur la lèvre, qu’elle cache avec un petit bout de sparadrap. C’est attirant. Cela m’a donné un flash de moi la balançant contre le mur, la coinçant avec mes mains, lui bouffant la langue, puis lui retirant le sparadrap avec les dents en lui mordant la lèvre. Son souffle fort. Son regard étonné et satisfait. Le sang qui coule le long de sa lèvre. Cela me donne une demi-mole. Je referme mon imaginaire. Je tire sur ma clope. Je poursuis mon chemin. Un jour, peut-être, Amy. »
Moi je dis ! Ecris un livre !! Cest vraiment bien ! 🙂
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