« Ce n’était pas la première fois que je couchais avec une femme plus âgée que moi. La première avait trois ans de plus que moi, mais c’était moi qui lui apprenait tout. L’âge ne veut pas dire grand chose, sauf dans les affaires de détournement de mineurs.
Cette fois-ci, c’était différent. La différence d’âge était assez grande et les commandes n’étaient pas entre mes mains.
Elle avait dans les trente-six ans. Sincèrement, je n’ai pas osé demander. Les femmes sont très susceptibles concernant leur âge, une fois la trentaine passée. Néanmoins, elle était sublime. Ce n’était pas le genre de femmes qui avait tous les regards braqués sur elle, dans la rue. Elle avait une beauté chaste, cachée. Il fallait creuser pour la trouver.
Elle ne semblait pas être du genre à avoir une aventure avec un minet comme moi, ni le genre à transgresser les liens sacrés du mariage. Mais pourtant, j’étais là, tout nu, à bout de souffle, trompé de ma sueur et allongé sur son lit nuptial, pendant qu’elle se refaisait une beauté dans sa salle de bain.
Elle ressort vêtue d’un peignoir gris qu’elle n’avait pas encore fermé. Elle était blanche de peau. Presque pale. Mince. On voyait sa poitrine, qui était petite mais bien ferme. Ses cheveux étaient dorés et longs. Ils flirtaient avec ses fesses. Sa toison pubienne était magnifique -surtout pour une femme de son âge.
Elle s’est doucement glissée sur le lit, à côté de moi et a posé sa main sur mon torse, sa bouche près de mon oreille.
– C’était bien, dit-elle. C’était pas mal pour une première.
Je ne répondais pas. Je fixais le plafond en essayant de me rendre compte de ce qui venait de se produire. Elle continue.
– J’ai fêté mes 39 ans, dimanche. J’ai eu une espèce de crise de milieu de vie. Heureusement que t’étais là.
Je ne dis toujours rien. Même si j’étais content de rendre service. C’est tout moi. Je donne de moi-même sans compter. Quel abruti !
– Je sais qu’il se fait tard, mais il faut vraiment que tu rentres maintenant.
Je ne répondais toujours pas, mais je me suis exécuté. Je me suis rhabillé en deux temps, trois mouvements et me voilà déjà devant la porte de son appartement.
Je descend le long de la rue, une cigarette allumée à la main, la tête pleine de gribouillis. C’était de loin le meilleur coup de ma vie.
Je crois que je suis amoureux de ma prof’ de philosophie.
Tu ne peux pas battre la mort. Mais tu peux battre la mort dans la vie.