Raf

Cela fait quelques heures, quelques jours, quelques nuits que je suis ici. Je fais tout, je fais rien. Je fuis quelque chose qui me rattrape. Du moins, j’essaye de fuir quelque chose, qui apparement est ancrée en moi.

J’ai commencé par essayer de parler à des gens. Mais ces derniers sont lassants, vides, ennuyants. Ils ne m’apportent pas de sourire sur mon visage, ni de chaleur dans mon cœur.

J’ai alors regardé un film, puis un autre, puis encore un autre. Ça a coupé mon envie de la vie. Tous les films que je regardent dernièrement sont apocalyptiques. Comme une envie de disparaître.

Rien n’a changé.

J’ai alors joué de la musique. Mon remède de toujours. Ma tendre moitié. Mon échappatoire. Mon souffre douleur. Ma raison du bonheur. Ma libilule. Cela n’a servi à rien. Je me suis senti encore plus mal après. J’ai l’impression d’être le dernier des tocards. Ma musique est aussi bonne à écouter que le cri d’un babouin qui se serait prit la queue dans une porte.

Je n’ai pu soigner mon malheur dans le virtuel, ni dans le réel. Ni auprès des gens que je connais, ni auprès des gens que j’aime à la folie. Ou sont mes amis ? Je n’en ai aucune idée. Comment est-ce que j’ai pu me retrouver aussi loi d’eux ? Comment ont-ils fait pour tous m’oublier ?

J’ai l’impression de pouvoir mourir demain, sans esquisser la moindre émotion chez eux. Ils pleureraient peut-être, au début, mais ils finiront par m’oublier au bout de quelques jours.

Après tout, cela fait longtemps que je ne suis plus réellement là.

Aucun bonheur. Aucune excitation. Aucun moteur. Est-ce une damnation ?

Alors j’écris. J’écris en me disant que ces mots seraient peut-être retrouvés un jour. Quelqu’un les lira, en se sentant mal, mais pensera qu’il n’est pas seul. Parce qu’un vieux con comme moi est bien plus mal que lui ou elle. Alors il ou elle se sentira mieux.

J’écris, car rien d’autre ne me vient à l’esprit. J’écris car je n’ai pas d’autres choix. Cela fait deux heures que je suis en plein débat avec moi-même pour savoir si je dois me vider de mon sang ou écrire. J’ai donc écris.

Mais rien ne garantis que je n’irai pas me vider de mon sang après.

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