Connaissez-vous le doux froid de Normandie ?
Je ne vous mens pas en disant qu’il est doux. Le matin frais, où tu ressens l’appel du café, où le soleil se fait tout discret, où ton souffle prend vie et où la brume vient lécher la fenêtre du bus.
Je ne vais pas faire le poète. La phrase de la brume léchant la fenêtre est une phrase que j’ai empruntée à un SDF que j’ai entendu parler dans les rues de Rouen, à trois heure du matin, avec un autre SDF, les deux complètement bourrés. Il lui a sorti une phrase pareille en pleine conversation. J’étais abasourdi.
La pauvreté. Du moins, économique.
Je ne peux pas m’empêcher de constater que plus l’homme acquiert des savoirs scientifiques, technologiques et économiques importants, plus il fait des actes qui battent des records de stupidité. Emil Cioran disait « plus l’homme acquiert de la puissance, plus il devient vulnérable ».
Ça avait commencé par ces conneries de chirurgies esthétiques. Ne me méprenez pas. Je n’ai rien contre les gens qui font de la chirurgie esthétique, lorsqu’elle est nécessaire du moins. Mais les vieilles putes qui se font gonfler les lèvres comme si elles venaient de sucer un frelon, franchement non merci. Les petites putes de Chatelet-Dubai qui se font poser un fessier d’hippopotame à la place de leur fessier plat, franchement non merci. Les planches à voile complexées qui se font poser des ballons de foot mal formés à la place de leur ooitrine, franchement non merci. Bordel de dieu de merde, téter le sein reste l’un des premiers rapports intimes qu’un gosse expérimente. Je veux dire, ton gosse va quand même s’agripper comme un morpion à ça pendant des années hein ! Enfin merde, je dis des conneries. Vous êtes trop aigries pour donner la vie de toute façon.
Après, dans la semaine, j’ai vu un rappeur se faire poser un caillou en diamant de vingt-trois millions de dollars sur son front comme étant un piercing. Un diamant de forme isocèle, rose et brillant. Ça avait tout d’un vagin. Mais ne comptez pas sur moi pour lécher ça.
Puis, ce matin, France culture nous fait le portrait du premier transsexuel enceint. Oui, pour une fois, je n’ai pas fait de faute d’orthographe. C’est bien écrit enceint. En gros, c’est un mec, tout chétif, mais avec un gros bide. Sauf que son bide n’est pas dû à un excès de bibine. Perso, j’en ai rien à foutre que tu te fasse ça. Mais reste qu’il faut être sacrément perché pour le faire.
Bref, je ne suis pas là pour juger -enfin si, un peu beaucoup quand même. Je vais juste vous donner mon ressenti.
J’ai férocement peur de l’argent, de la richesse. Dans tous les scénarios de ma vie, je ne me suis jamais imaginé riche. Puis de ma vie, je n’ai jamais été riche. Riche fait uniquement référence à l’argent. Car riche, je l’ai été de bien des manières. D’ailleurs, je me dis souvent que si j’avais eu assez d’argent pour vivre sans travailler, j’aurais peut-être eu un excès de flemmardise -plus que je ne le suis déjà. Mais je n’aurais pas été aussi déterminé, aussi amoureux de l’art, aussi proche et compatissant des gens, aussi proche de mes proches.
On sous-estime beaucoup l’apport positif de la pauvreté. Ça nous motive plus. Ça nous perverti moins. Ça coupe court aux envies folles, sado masochistes, pédocriminelles. Attention, je ne dis pas qu’il n’y a pas de pédophiles pauvres. Il y en a sûrement beaucoup trop (en soit, UN pédophile c’est déjà beaucoup trop). Je dis juste que ces pédophiles pauvres sont malades mentalement, ils ne font pas ça par excès de pouvoir, parce que le sexe ne les excite plus. Ils ne font pas ça non plus en réunion, avec du Bach en trente-trois tours et une coupe de champagne à la main.
Oui, je parle de toi, Jack Lang.
Bref, soyez dignes ou niquez vos mères. (mais réellement, si vous n’êtes pas dignes, autant niquer votre mère. Bref, bisou. Ciao bello)
Bref, soyez dignes ou niquez vos mères. (mais réellement, si vous n’êtes pas dignes, autant niquer votre mère. Bref, bisou. Ciao bello)