Une année offerte

Commençons.

On est déjà en fin d’année. Je ne parle pas de 2020, mais bien de 2021 !

Je ne pense pas être le seul qui a été surpris par le fast-forward du temps ces derniers mois. Je crois qu’on vient de perdre deux années de notre vie qu’on ne récupérera jamais !

Perso, je m’en fou. Du temps, j’en ai déjà perdu bien plus encore. Sur 25 ans vécues en Algérie, crois moi que t’as un p’tit pourcentage d’années perdues quand même.

Puis, comme à chaque nouvelle année, je m’abstiens de prendre la moindre résolution. Je n’aime pas ce concept. Vous croyez que la vie est au courant qu’on l’a découpée en petits morceaux de temps ? J’en doute fortement.

La vie suit son cours, puis basta.

C’est stupide de croire que des chiffres déterminent une vie -sauf si vous êtes banquiers.

Donc, non, pas de résolutions. J’emmerde les résolutions. Je ne vais rien changer à ma misérable petite vie, ni à ma chienne de personnalité, ni à mes fréquentations emmerdeuses, ni à mes relations foireuses, ni à mon hygiène douteuse. Tout est parfait.

La perfection réside dans les détails qui foirent.

Si je devais « m’améliorer », en devenant un gars stable, qui dort tôt, se lève tôt, ne fume pas, ne jure pas, ne s’énerve pas, souris plus souvent, entre en contact facilement avec les gens, se maintiens et se stabilise dans la même relation monotone et chiante à mourir, fait gaffe à son argent et le dépense sagement… Je crois que je sauterai, dès pierres plein les poches, depuis le pont Corneille.

Je n’ai rien contre les personnes qui sont ainsi. Si ce n’est le fait que l’histoire nous apprend que, une fois sur quatre, ce type de mecs se lèvent un matin et, sous la pression ardente de leur vie chiante à mourir, décident de zigouiller toute leur famille. Comme ça, sans prévenir. Dupont de Ligonnès style!

Donc, non. Cette vie ne m’enchante pas. Je préfère encore faire l’amour avec mes démons. Même si chaque pénétration me découpe une bonne partie de mon âme déjà au abords de la moisissure.

Je préfère souffrir le martyr, dans des relations toxiques et sans lendemain. Me perdre et même perdre le nom de certaines d’entre elles, parmi d’autres. Je préfère cela, plutôt que de me scier les testicules et les offrir à quelqu’un en guise de bonne foi, mais les récupérer six ans après, compléments écrasées et aséchées.

Je préfère continuer à parler à la lune, pendant que le monde entier roupille. Jouir de la magnifique mélodie que le silence de la nuit tend à jouer. La nuit n’est pas faite pour dormir. Je suis persuadé que l’humain s’est trompé.

Je préfère continuer à me terrer dans mon antre. Je n’aime pas me mélanger. Je n’aime pas rencontrer de nouvelles personnes. Chaque nouvelle personne que tu fais rentrer dans ta vie est synonyme de temps à donner, de problèmes à gérer, de sacrifices à faire et qui t’éloignent de la ligne que tu t’es tracé.

Pour reprendre les dires de ma chère tante -qui me manque tant : « Si tu peux ôter une personne de ta vie, n’hésite pas ». Que cette reine soit bénie.

Je préfère rester de marbre. Je ne m’excite pour la victoire d’ aucune sélection nationale. Je ne me sens appartenir à aucune communauté, ni pays, ni religion. Je suis un agent libre de la société. Je reste de marbre lorsque tout le monde s’emporte. Les dès sont jetés, mais les résultats sont truqués. Dans tous les domaines, tout est acté en interne.

Je parle de ça, alors qu’il y a des gens qui se sont empressés d’aller voir Spiderman au ciné. 15 euros et 50 centimes la place. Ils entrent excités, certains y entrent déguisés.

On parle bien sûr de Spiderman, un personnage fictif. Qui n’existe nul part ailleurs que dans des écrans étrangers des BD.

Puis ils en ressortent, excités. Ils veulent raconter la fin du film à tout le monde. Comme si on ne savait pas déjà que Spiderman allait juste battre le « méchant », comme à chaque reprise.

Les gens sont si prévisibles.

Alors voilà, 2021 ou 2022, c’est absolument la même chose. La putain de sa mère en slip. Rien ne va changer. A part le fait qu’on va tous vieillir un p’tit coup. Certains n’atteindront même pas 2023. Puis on encore perdre des « privilèges ». Si tout se passe bien, on perdra quelques mois à être confinés encore.

On comptera les jours, encore.

J’aurais aimé que l’anarchie s’installe. Que les jours de repos de chacun soient complètement différents et aléatoires. L’élément de surprise. Celui qui viendrait casser cette routine infernale que le capitalisme nous impose.

Mais je ne vais pas me lancer et cracher à la gueule des gueux pour leur soumission absolue lors de cette année 2021. C’était d’un ridicule… Je ne pensais pas que les gens étaient si facilement manipulables, si lâchement attachés à des « principes » qu’eux seuls considèrent comme tel. Au point d’offrir son cul au bois de Boulogne pour le « privilège » de prendre une bière en terrasse. Bravo les gueux.

J’en parlerai dans quelques jours.

Mais bon. Ce qu’il y a à retenir de ma diarrhée verbale que vous venez de lire, c’est que mes résolutions sont de ne pas avoir de résolutions. Et d’essayer, du mieux que je peux, de rester aussi (Im)parfait que je le suis déjà.

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