Je suis particulièrement déçu, encore une fois, par la race humaine.
En fin de semaine dernière, un journaliste d’investigation -qui d’ailleurs fait très bien son travail- avait révélé, dans un Space réunissant plus de soixante mile personnes, des faits plus que graves se déroulant dans le monde du sport et du football plus particulièrement.
Parmi les faits les plus marquants, l’abus de plus de 400 joueurs professionnels, lorsque ceux-ci étaient jeunes, par des educateurd, des entraîneurs, des dirigeants ou même des coéquipiers.
A vomir.
Mais cela ne m’avait pas choqué plus que ce qu’il fallait. Pire encore, c’est comme si je m’y attendais. Comme si je l’attendais, cette confirmation.
Les abus sexuels sur mineurs sont la pire chose qui puisse arriver à une personne ou qu’une personne puisse faire. Je viens d’un endroit où ces actes sont parfois banalisés. J’y ai été confronté et avec le recul, je me dis parfois que c’était peut-être juste le fruit de mon imagination.
Au collège, j’étais le plus jeune de ma classe. Ce qui faisait que tous mes amis étaient plus âgés que moi. Et au collège, un an de différence d’âge peut être très remarquable.
Mes amis commençaient tous a fumer, les uns après les autres. Ils commençaient même à fumer du shit. Ils se faisaient approvisionner par un homme, dans la trentaine, qui était connu dans toute la ville comme un gars hyper cool et gentil.
Mes amis traînaient parfois avec ce gars, et vu que moi je ne fumais pas, je n’y allais tout simplement pas.
Mais des échos me revenaient. Une rumeur dans notre groupe circulait comme quoi cet homme aimait se la prendre dans la pastille.
Quand on est pré-oubaire, on a tendance à fantasmer et inventer des histoires. Donc je n’y ai pas prêté attention.
Un jour, on a séché les cours et on est allé se perdre dans une forêt où cet homme avait l’habitude de se poser.
Il était fidèle à sa réputation. Gentil, cool et drôle. Il donnait des conseils à mes potes concernant les femmes, l’amour, le sexe. Il nous a parlé de sa crush à qui il aimerait bien lécher les pieds. Le tout en roulant des spliff.
Jusque là, rien d’anormal.
Puis il s’est un peu éclipsé avec deux autres amis à moi. Je n’y ai pas prêté attention. Mais ceux qui étaient restés commençaient à faire des blagues et des insinuations. J’ai tiqué et je me suis éloigné pour aller voir ce que cet homme et les deux autres faisaient.
Caché derrière des buissons, je me suis retrouvé, la bouche bée devant une scène qui m’a marqué; un homme de plus de trente ans gobant la bite d’un adolescent à épine pubaire, tandis qu’un autre ado le prenait très maladroitement en levrette.
J’écris ses lignes, l’image en tête et la gerbe dans la bouche.
Je ne sais pas si j’étais choqué et scotché ou si c’était ma curiosité d’adolescent, mais je les observés deux à trois minutes. Peut-être que c’était pour me rassurer de ce que je voyais.
J’ai été choqué.
Mais je l’ai été encore plus lorsque les trois sont revenus se joindre au groupe. J’avais alors découvert que TOUS LES MEMBRES DU GROUPE -excepté moi- avaient enculé ce gars.
Pire encore, il commençait à me dire des choses comme « toi t’es encore jeune… Dans un an ou deux tu seras assez mûr pour que je te suce… ».
LA GERBE.
Je n’étais qu’un ado boutonneux que la puberté frappait de plein fouet et qui avait plus de chances de se faire écraser par un bus que d’embrasser une fille, mais JAMAIS j’aurais accepté ce qu’il proposait aux autres.
J’ai esquivé vite fait et depuis j’ai complètement évité de rester avec mon groupe d’amis lorsqu’ils allaient voir ce mec.
Peut-être que le pire, au-delà de l’innocence perdue de ces gars, qui ont tous eu une scolarité catastrophique par la suite et dont certains sont même passés par la case prison, le fait qu’ils aient fait ça SANS LA MOINDRE PROTECTION, ça me glaçait déjà à l’époque et encore plus aujourd’hui.
Ils auraient pu tous choper la sida, ces fils de putes.
Mais je crois que cet épisode a été le premier point qui m’a fait perdre mon innocence et qui m’a vraiment ouvert les yeux sur les détournements de mineurs, le viol et la pédophilie.
Certains iront même à dire que ce n’est pas si grave car « au moins, c’est eux qui ont pénétrer… Et ce n’est pas eux qui se sont fait pénétrés… » mais j’en ai rien à foutre !
Aucun adolescent ne devrait partager des expériences pareilles avec des adultes !!
Personnellement, ce que j’en retiens c’est qu’il y a une réelle corrélation entre ce qui s’est passé cette année-là, dans ces bois, et la suite de la vie de chacun de ces enfants. Tous ceux qui ont mit le doigt dans le trou n’ont jamais fini le collège. Les trois quarts ont eu un passage en prison, une fois adultes. Pourtant ils étaient loin d’être cons et avaient plutôt de bonnes notes avant.
Tout ça pour dire que la pédophilie, c’est bien d’en parler dans deux cas :
– Sensibiliser les jeunes.
– Exécuter les agresseurs.