– Je ne sais pas ce que je leur fait à toutes ces femmes, ai-je dit. Elles ne me connaissent même pas autant qu’elles croient l’être.
– Tu veux vraiment la vérité ? A-t-elle répondu.
– Oui… Enfin, non. Je ne sais pas. Pourquoi je t’en parles déjà ? Lui ai-je dit. Je t’ai aimé comme un damné et tu m’as rejeté comme si j’étais ado boutonneux plein d’acné ?
– Parce que qui d’autre que moi te connais plus que toi-même ?
– Tu peux en dire de même pour toi ?
– Oui. Depuis le temps. T’es ma plus vieille relation.
– Bon, vas-y balance la purée.
– T’aimerais bien m’entendre te dire ça hein, vilain p’tit cochon !
– Oh Vas-y, accouche !
– Ces filles ne sont pas dupes, ni connes. Je ne pense pas qu’elles t’aiment. Du moins, pas selon la vision d’amour que t’as, celle que tu m’as montré. Mais elles voient quelque chose en toi. Elles te voient, avec toutes tes qualités refoulées et tout l’amour que t’as à donner. L’amour que tu m’as donné. T’es pas aussi mauvais que tu le prétend ou le cris sur tous les toits. Dans tes chroniques, tes chansons, tu cris à qui veut bien l’entendre que t’es un véritable connard qu’il faut éviter, mais tout ce qu’on entend c’est la souffrance d’un amour que t’as du mal à contenir.
Ces filles te voient comme j’aurais du te voir, comme je te vois aujourd’hui. Elles voient quelque chose qui n’existe plus, ou presque. Ça n’existe plus des mecs qui aiment comme dans les livres, des mecs qui aiment jusqu’à en devenir ivres. T’as beau le nier, ne pas le montrer, elles savent que c’est au fond de toi et elles aimeraient y goûter. Elles aimeraient éplucher la peau de ton corps, que tu ne cesse de leur donner, pour voir ce qui s’y cache. Est-ce vrai ? Est-ce encore là ? Est-ce que ces histoires étaient vraies ? Est-ce que tu m’as réellement aimé ?
Tu ne devrais pas être aussi dur envers elles, ni envers toi-même. Mais tu ne devrais pas non plus les laisser croire qu’un jour, elles auraient droit à ça de toi. Je te connais, t’es une meuf. Dès que tu parles à une fille, au bout de huit secondes tu sais si t’as envie de l’étrangler, la baiser ou l’épouser. Tu sais qu’elles ne t’intéressent que lorsque leurs jambes sont en l’air. Dès qu’elles ont les pieds sur terre, t’as envie de décoller.
Je ne te dis pas ça pour que tu m’idolâtre au-delà de la raison. Il y a sûrement une fille quelque part qui saura avoir les bonnes clés pour déverrouiller ton cœur. Puis au pire, elle pourra le forcer en fricotant avec ses barrettes à cheveux. Tu verras bien.
– Ah tu crois ? Ai-je répondu. Moi je pense qu’elles ne savent simplement pas sur quel pied danser. Qu’elles confondent sexe et amour. Sexe et procréation. Un orgasme n’a jamais bâti une relation. Il la cimente, c’est tout. Puis, au-delà de ça, je fais le tour des choses très rapidement. Rares sont les personnes avec qui je parviens à avoir un lien au quotidien. Je suis changeant, l’ennui me tue, j’aime m’ennuyer seul. J’ aime fixer le mur, pendant des heures, et apprécier le temps que je perd. J’aime me parler à moi-même, parce que souvent personne d’autre que moi ne me comprend. Les gens sont trop pressés de répondre. Tellement, qu’ils ne font pas l’effort d’écouter. Moi, je veux être écouté. Que mes paroles soient décortiquées. Que mon âme soit dépecée. Que mon cœur soit stimulé et ma bite caressée.
Jusque là, mes paroles sont ignorées. Mon âme est reniée. Mon cœur est ciblé et ma bite abusée.
–
l’étrangler, la baiser ou l’épouser? Que vas-tu choisir ?
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