Confinement – Part 4

J’ai parlé de Sophia dans la chronique précédente, sans avoir dit comment est-ce que cette trentenaire aux cheveux blonds a atterri dans ma vie.

Le confinement battait son plein et les jours continuaient à se ressembler. Les nuits commençaient à être plus animées. Le ciel normand était devenu clair, brillant, rayonnant. Certainement l’effet du confinement sur la pollution. J’ai pieusement souhaité un confinement éternel. Le monde méritait ça.

Moi, j’étais dans ma bulle. J’étais loin de tout et de tout le monde. Je voulais être seul, me recentrer sur moi-même.

Madeline insistait pour que je retourne chez elle. Mais on devait attendre les quinze jours de quarantaine. Mes couilles criaient « VASYYY ». Mon cerveau freinait mes ardeurs.

Tout ça parce qu’entre temps, il y a eu le fameux appel. Les dés redistribués. Les pensées mélangées. Puis le confinement commençait à peser sérieusement sur ma santé mentale. La déprime se sentait venir accompagner le doute qui premissait nos cieux.

Le soir, pour oublier ce merdier, je sortais avec mon pote et voisin, Andrew, pour fumer et se changer les idées, en bas de l’immeuble. Au milieu de la conversation, deux voisines passent et Andrew n’hésite pas à leur faire la conversation étant donné qu’ils se sont déjà parlé. Pourquoi est-ce que moi je ne les connaissais pas ? Parce que je suis quelqu’un de casanier, de solitaire, d’ivoiresque. Ma tante disait toujours « Une personne de moins dans ta vie est un problème de moins dans ta vie ». Plus le temps passe, plus je me rend compte de la sagesse de ma tante. J’espère qu’elle est encore en vie, soit dit en passant.

La conversation se passait plutôt bien, sans gêne. Du coup, je vois Andrew effectuer une bonne passe décisive où il demande à la fille si elle me connaît, car on est de la même région natale. Elle répond que non, du coup on se présente vite fait et je lui passe une clope.

Elles s’en vont rentrer et je continue à tirer sur ma clope et parler avec Andrew de tout et de rien.

En rentrant, j’étais plutôt claqué et je m’apprêtais à me mettre au lit. Mais là je reçois une invitation de message sur Facebook d’un nom que je ne connais pas. Une suite de messages qui disant :

« Coucou, c’est Sophia

Je suis tombée sur ton Facebook dans les suggestions

Je n’ai pas de clopes ce soir, est-ce que tu peux me dépanner ? »

Cela m’a semblé bizarre, mais son intérêt pour moi m’a flatté. Je lui ai répondu qu’elle pouvait passer chez moi en prendre une ou deux.

Sans grande surprise, elle a dit oui.

Je me suis vite remotivé. J’ai pris mon ballet et mon frotoir et j’ai commencé à nettoyer chez moi.

Elle a toqué à la porte, je lui ai ouvert et demandé d’entrer. Elle semblait contente, toute souriante. J’adorais son style. Sa coupe courte et sa peau blanche. On s’est assis sur mon lit et on a parlé pendant une bonne heure.

On fumait, on parlait, de tout et rien. On s’est présenté à tour de rôle, on a parlé de tout et de rien. Du pays, de l’exil, des marques de cigarettes.

La conversation a évolué et je ne sais comment, on en est arrivés à cette question :

– Qu’est-ce qui pourrait faire gagner des points à un mec qui essayes de te séduire ?

J’ai donc commencé à émettre des suppositions dont je ne me rappelle plus, mais je me rappelle de la dernière;

– Est-ce que gagnerai des points si je t’embrassais ?

– Non. A-t-elle répondu.

– Est-ce que j’aurais gagné plus de points si je t’avais embrassée directement ?

Elle a esquisser un sourire comme pour inviter ma langue à se loger dans sa gorge, ce que j’ai fait.

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