Saint-Lazare

Saint-Lazare, vendredi 3 Mai. Seize heures treize minutes. Je suis près du piano et je l’attends. Mon train est dans dix-sept minutes. La voici qu’elle apparaît. Elle n’est pas plus belle qu’hier, ni moins belle que demain. Elle l’est au quotidien, de manière constante. Je dois lui rendre son cache yeux que j’avais fauché, la dernière fois que j’ai dormi chez elle.

On se pose au café Naked, au sein même de la gare. Leur café est immonde. On devrait les emprisonner pour ça. Mais c’est le seul qu’il y a. Elle, elle prend une bouteille d’eau. Trois euros la bouteille. C’est du vol ! On fini d’ingurgiter ces saletés et elle m’accompagne sur les quais. Je dois rentrer à Rouen.

On marche le long des quais d’embarquement, cherchant un wagon vide pour que je puisse m’installer. Au bout de quelques instants, ma quête touchait à sa fin. Je monte déposer mes affaires, puis reviens devant la porte du train pour lui dire au revoir. Je passe ma main autour du bas de son dos, me baisse pour l’embrasser, elle me tend la joue comme pour me narguer. Je souris. Elle sourit. Elle s’en va en jetant un dernier coup d’œil sur moi, puis s’éloigne me laissant admirer son beau fessier. Je remonte dans le wagon et me met à cogiter;

Je ne peux ni lui faire l’amour, ni l’oublier. Tout ce que je peux faire c’est la désirer. Pourtant parfois, je l’oublie. Mais pas tout à fait. Elle me semble être un rêve que j’aurais fais et que je n’arrive pas à réaliser, ni à oublier. Parfois, je ne suis pas sûr que les choses se sont réellement passées; qu’on se soit vu, qu’on se soit touché et qu’elle m’ai laissé l’embrasser.

D’autres fois, elle me colle à la peau, comme une trace de pétrole sur ma main, je n’arrive pas à l’effacer. Les souvenirs reviennent d’un coup et personne n’arrive à m’en sauver. Je n’arrive pas à m’en défaire, ni à m’en détacher. Ça me brûle la poitrine et me noue l’estomac. Je fume pour embrumer mes pensées, mais ça ne fait que les intensifié. Du coup, je fume encore, jusqu’à tourner de l’œil et m’effondrer.

Le train enclenche son départ, pendant que je continuais de penser à elle et à rêver. Je ne savais pas encore que c’était la dernière fois que je la voyais.

Cauchoise.

Je suis pratiquement sûr de m’être endormi avec une fille cette nuit. Pourtant je me suis réveillé seul, dans un lit qui n’est pas le mien. Il y a un peu de lumière dans la pièce, contrairement à la nuit précédente.

Plus mes yeux s’ouvrent, plus je me rappelle de ce qui s’est passé la nuit dernière. Je pense avoir ronflé. Je le fais souvent quand je dors sur le dos. Ma gorge se coince et je ronfle. C’est surement ce qui a du réveillé la fille avec qui je m’étais endormi.

D’ailleurs avons nous fait QUE dormir ? Je pense que c’était ce que l’on a fait le moins, cette nuit. Je me souviens que je l’ai aidé à se déshabiller, mais elle en a pas fait de même pour moi. J’étais surement plus enthousiaste qu’elle.

A un moment, on était tous les deux à moitié nus. La lumière était éteinte. On étaient éclairés par la basse lumière que produisait la télé. Je ne sais pas si elle était gênée ou si elle hésitait, mais elle en a mit du temps avant de me laisser faire glisser sa culotte le long de ses jambes. La vue de sa culotte se détachant de son con tout mouillé était enivrante. Mais encore une fois, elle en a mit du temps avant de me laisser poser mes lèvres sur sa chatte. Elle voulait qu’on s’en tienne au basique, mais je rêvais de manger du con toute ma vie. J’ai eu gain de cause. J’en suis ressorti la moustache toute trompée.

J’ai moi-même mit du temps avant de dire adieu à mon beau caleçon. A peine le caleçon baissé, ma bite -timidement- a légèrement débandée. C’était la première fois qu’elle se retrouvait devant une femme qui l’excitait. C’était la première fois qu’elle se retrouvait devant une femme, tout simplement. J’ai du l’embrasser de nouveau pour pouvoir gonfler mon paquet. J’ai un petit peu galéré avec la capote, ce qui m’a encore fait débandé. Je déteste les capotes. Souvent, elles me serrent, ma bite en devient déformé, comme le visage d’un braqueur enfilant des bas de femmes, et on n’a plus aucune sensation. Ça crée des barrières entre l’homme et la femme. Si mon père s’en était servi, je me retrouverais pas dans cette situation. Bref, j’ai galéré à l’enfiler -je parle de la capote.

Je m’avance d’un pouce et je fais glisser ma queue cellophanée le long de ses lèvres vaginales. Je cherchais le trou, mais j’y voyais aussi clair que dans le ventre d’une baleine. Elle a du m’aider, me guider. Son touché m’a fait encore bandé. Je l’ai doucement insérée. Elle a légèrement gémit, une fois mon gland à l’intérieur. Mes cuisses ont retentis contre les siennes et une sensation de chaleur a envahit mon bas ventre.

J’ai fais quelques vas et viens, je suis descendu lui faire un baiser, avant de décaler ma tête à côté de la sienne et de continuer de ramer, en lui embrassant la joue, puis le cou. J’ai été un petit peu distrait par mes pensées; étrange sensation est celle de se sentir en harmonie, physiquement, avec une femme. Je découvrais tout cela.

Au bout de quelques minutes, elle a du me repousser, gentiment. Elle sentait bien que j’étais distrait. Elle a prit ma bite dans ses mains et a fait glisser ses lèvres le long de ma queue pour l’endurcir. Je ne ressentais pas grand chose avec cet horrible préservatif qui me collait et empêchait ma queue de respirer, le sang d’affluer.

Et pendant que j’étais allongé sur le dos, elle en profita pour se mettre sur moi. Elle prend un cache yeux et me l’enfile. Déjà que je ne voyais presque rien avant… Je me suis redressé sur les fesses à l’aide de mes mains, pendant qu’elle avait les genoux sur le lit et me chevauchait, la main posée sur mon épaule, comme si j’étais son putain de jouet. Elle me baisait et c’était assez excitant de se sentir un petit peu dominé.

Ça a continué de ramer fort. Des baisers s’échangeaient d’une part et d’autre. De la sueur commençait à s’évader de nos corps. La chaleur augmentait. Les volets étaient fermés. La télé passait « Calabria 2007 ». J’ai étais encore une fois distrait. Quel signe du destin, je me disais. Calabria 2007 ? Je n’ai pas vu ce son passer à la télé depuis… 2007. Avec mon attention qui s’est perdue, ma capote en a fait de même. Elle a glissé au fond de la fille. On a du arrêter.

Je suis allé dans la cuisine. Elle est parti dans la salle de bain pour récupérer la capote perdue. A son retour, je l’ai retenue contre moi, je l’ai embrassé, en glissant mes mains le long de son dos jusqu’à ses fesses que j’ai chopé. J’aurais du lui dire à quel point je tenais à elle, mais je ne l’ai pas fais. Au lieu de ça, on est retournés dans le matelas pour regarder la télé, à moitié nus…

Et avant de me remémorer le restant de la nuit, l’écran de mon téléphone était éclairé. Un pote m’appelait.

– Salut. J’espère que je ne t’ai pas dérangé ? Me lança-t’il.

– Non, non. Ça ira.

– Je me suis dis que ce serait bien d’aller prendre un café ensemble aujourd’hui, si tu veux bien ?

– Oui. Ce serait super. Je te retrouve où ?

– A l’hôtel de ville. T’es où, toi ?

– Je suis Place Cauchoise.

Illettré

Changez de vie. Sortez de chez vous, un mercredi, et ne revenez plus.

Changez de coupe. Optez pour cette coupe qui vous a toujours fait rêvé, mais que votre mère trouvait trop ridicule, trop bizarre ou trop pute.

Changez votre garde robe. Mettez toutes ces fringues banales -que vous portez pour ne pas vous faire montrer du doigt- dans un gros sac ou deux. Mettez le tout à côté du dépôt à ordures qui se trouve à côté de chez vous, ou donnez ça à un sans abris. Il appréciera.

Prenez la moitié de votre salaire. Prenez une journée à vous, ou peut-être deux. Traînez votre meilleur(e) ami(e) avec vous. Faites les boutiques. Offrez vous ce qui vous saute en premier aux yeux. N’hésitez pas. Tout le monde s’en fou si c’est une tenue trop unique, trop flashy ou trop racoleur.

Changez de vie. Ne prenez même pas le temps d’avertir vos amis. Choisissez une destination. Préparez votre paperasse. Mettez l’essentiel de vos affaires dans un sac. Une brosse à dents. Deux jeans. Quatre t-shirt. Une veste. Cinq caleçons. Deux strings et un paquet de préservatifs -pour les belles rencontres. Et barrez-vous.

La vie est trop belle pour être passée derrière un bureau, à faire un boulot qui vous tue chaque jour un peu plus, chaque fois que vous pointez, chaque fois que vous y mettez les pieds, il vous consume de l’intérieur comme une flamme fondant une bougie.

La vie est bien trop courte pour être passée à être coincé entre un père dominateur et une mère castratrice. La vie bien est trop courte pour être passée à être coincé entre un père aux abonnés absents et une mère possessive. La vie est bien trop courte pour être passée à être coincé entre un père alcoolique qui rêve de se barrer et une mère qui s’est interdit de rêver. La vie est bien trop courte.

Changez de vie. Fuyez. Vous n’êtes pas obligés de rester. Rien ne vous y oblige. Les jugements de ceux qui vous entourent ne valent rien. Ce qu’ils pensent de vous non plus. Ils seront tous morts à la fin. Vous aussi. Autant faire ce que vous voulez. Votre chienne de vie aura au moins eu la chatte d’avoir été vécue. Une fois que vous auriez dit « MERDE » à tout ce beau monde, vous vous sentirez plus vivant que vous ne l’avez jamais été. Les couleurs auront plus de brillance. Les idées seront plus claires. Le monde vous dévoilera ses secrets et vous m’en remercierez.

Raw

Il faisait froid. Vous allez me dire « encore une fois ? ». Oui. Que voulez vous que je vous dise ? C’est la routine en Normandie.

J’arrive enfin devant la porte verrouillée de son immeuble. Je la vois venir, par le biais de la porte en verre qui nous sépare. Elle m’ouvre la porte sans s’aventurer dehors. Elle frémissait déjà. Elle me fait la bise timidement et m’invite à entrer.

Son chez elle est sympa. Un petit chez soi propre avec quelques chaussures qui traînent par ci, quelques décorations originales par-là et quelques portraits de Frida.

A la base, on devait réviser. Mais on s’est retrouvé dans son lit à une place, à regarder Drive sur Netflix.

Je met le film sur play, mais là elle se lève pour prendre je ne sais quoi sur la table. Je me lève aussi. Je la suis. Je la tiens par le bras. Je la retourne. Je met ma main gauche sous son menton pour l’incliner. Ses yeux se ferment. Ses lèvres forment un cul de poule et tendent vers moi. Je l’embrasse. Elle me rend le baiser avec ardeur et envie. Elle n’attendait que ça, je crois.

J’ôte son décolleté tout en continuant de l’embrasser. Je continue et je la repousse petit à petit jusqu’à ce que ses fesses touchent le mur. Je me retire. Je la regarde, le regard plein d’envie, avant d’aller nicher mon visage entre ses deux gros seins. Je les embrasse. Je les mord. Je les suce. Je lui retire -difficilement- son soutien gorge avant de faire de même avec ses tétons. Je les embrasse. Je les mord. Je les suce.

Je la jette sur son lit. J’ôte mon t-shirt. Je fais de même pour son pantalon. Elle a mit une culotte rouge en dentelle. J’adore les filles qui mettent de la dentelle.

Je lui embrasse le bas du ventre, avant d’écarter sa culotte et de lui embrasser le con. Je levais les yeux au même temps pour croiser son regard qui respirait le désir. Je fini par faire glisser sa culotte le long de ses jambes. Je soulève ses jambes, lui chope les fesses, son con dans ma bouche et ma langue sur son clito. Ses yeux se ferment. Sa bouche s’ouvre. Sa respiration s’accélère. Ses jambes tremblent. Son con mouille et mon penis bande.

Je faisais des pauses, le temps d’aller l’embrasser, le temps d’aller embrasser ses seins, mordiller ses tétons, lui lécher les doigts, en la fixant dans les yeux, pendant que les miens titillaient son bouton rose. Plus mes mouvements s’accéléraient et plus ses gémissements grandissaient. Chaque fois que j’enlevais ma main pour y mettre ma bouche, elle sursautait.

« Oh Bordel ! »

Je léchais, suçais et parfois mordillais son bouton rose qui gonflait. Ses jambes tremblaient sans qu’elle puisse les en empêcher. Je suais. Elle suait. Elle gémissait. Elle se débattait. Elle essayait de fuir loin de ma langue, mais mes mains autour de ses fesses l’en empêchaient.

« Oh putain ! Oh.. Oh.. Oh oui… Putain… »

Je me lève et lève les yeux vers elle. Elle avait le regard satisfait. A ma gauche, le film était à peine à son générique de début. Ryan Gosling n’était même pas encore descendu de sa caisse. Et moi, j’avais encore mon pantalon sur moi et je bandai.

Interlude

« Bande de salopes ! » ai-je crié, au moment où j’essayais mes bottes.

Ces connasses sont devenues trop petites pour moi. Je les ai à peine portées tous les jours depuis un an. Cela m’énerve. Je sais, je me plains de tout et de rien. Je passe mon temps à râler. D’ailleurs, ma copine n’en peut plus de moi.

– Satanas, tu ne fais que râler… sois reconnaissant un petit peu… il y a des personnes qui n’ont même pas de quoi manger, ni où dormir…

– Est-ce ma faute, moi ? Est-ce que si -par miracle- j’arrêtai de râler, ces connards trouveront un nid douillé et un repas chaud ? Je ne pense pas, non. Donc, lâche-moi la grappe, merde !

Elle se tait pendant un long moment. Je devrais changer de copine, tiens !

Mais elle n’a pas totalement tord. Je suis un râleur. Je l’assume.

Je me plains toujours du temps qu’il fait, par exemple. Pourtant j’adore le ciel gris de la Normandie. Mais je me retrouve à maudire tous les dieux qui puissent exister pour un oui ou pour un non. Je trouve que ça m’apaise que d’extérioriser toute ma négativité, au lieu de laisser celle-ci me bouffer de l’intérieur.

Par contre, il y a vraiment des choses qui me chiffonnent. Mine de rien, beaucoup de choses me tapent sur les testicules.

Je déteste perdre un pari, par exemple. Je déteste que de l’eau me touche lorsque je suis en chaussettes. Je déteste qu’une fille que je n’aime pas dort dans mes bras. Je déteste lorsqu’une goute de pluie tombe pile poile sur ma cigarette. Je déteste lorsque j’arrive devant la porte du métro et que celle-ci se referme. Je déteste courir pour rattraper le bus et le voir partir. Je déteste les salopes sans vie qui créent qui parlent de moi dans leur groupe Messenger.

A ce propos, il parait que j’aurais sauté la moitié de ma classe. C’est vraiment ridicule. Je n’ai couché qu’avec le quart et franchement, j’aurais pu faire mieux. Je suis déçu de mes performances. Mais comme dirait Brice « L’avantage lorsqu’on a englouti le quart d’une bouteille de vin, c’est qu’il reste encore trois quarts à engloutir ». Je dis Amen à ça !

Je fini par troquer mes bottes contre une paire de baskets. Ça me donne l’air adolescent. Je les mets quand même et sors précipitamment. Une cigarette dans la bouche. Une paire d’écouteurs dans les oreilles. Une copine qui me parle mais que j’entends pas. La vie est belle quand on ne la prend pas très au sérieux. »

Les parisiens

Je plains énormément les parisiens. Tous les habitants d’île de France. Ce morceau de terre maudit. Je les plains et je comprend leur plainte. Enfin, pas vraiment.

Il est vingt-deux heures et les quais d’embarquement sont tous pleins. Les voyageurs n’arrêtent pas d’affluer, malgré le fait que les trains débarquent déjà les wagons déjà pleins. Les voyageurs se bousculent pour accéder au train. RER, Tram ou Métro. Tous pareils.

A bord des wagons, les voyageurs ont toujours la même tête, la même mine de déterrés qu’ils affichaient sur les quais et au quotidien. Certains diront que c’est le charme parisien que d’être hautin. Il n’y a rien de charmant dans le fait d’être une merde.

Les parisiens sont lessivés. Moralement saturés. Physiquement dépassés. Sentimentalement handicapés. Ils ont plus de charges à affronter que d’argent à leur portée. Ils sont tout le temps au boulot. Pour la plupart, des boulots minables qui ne leur apportent aucune satisfaction personnelle, si ce n’est la paye de fin de mois qui vient à peine amortir les crédits qu’ils ont.

Les parisiens sont des robots qui n’ont de temps pour rien. Ils sont tout le temps occupés et sur le départ. Ils vivent, pour la plupart, dans des appartements et autres studios à peine habitables, à des prix exorbitants. Mais c’est tout à fait normal de faire payer 550€ un studio de neuf mètres carrés sis dans une banlieue sise à une heure de transports de Paris. C’est le charme parisien.

On fait croire aux gens que c’est ça la vie. Qu’on est vraiment sur cette terre pour travailler tous les jours, dix heures par jour, pour une personne qui s’enrichit et qui te jette des miettes. Travailler, c’est l’essence de la vie. Le travail c’est la santé. Ah bon ? Dites ça aux employés de France télécom.

Les gens passent plus de temps dans les transports, pour aller au boulot, que de temps avec leurs enfants. Après vous vous demandez pourquoi le monde part en couilles ? Pourquoi des enfants de douze ans perdent déjà leur virginité ? Pourquoi des adolescentes de seize ans se retrouvent mères célibataires ? Pourquoi les valeurs se perdent ? Pourquoi la famille n’est plus qu’un mythe ? Pourquoi le monde part en couilles ?

A votre avis, pourquoi ?

Psychose

Je suis un homme mort. Les médecins disent le contraire. Ils disent que mon corps va bien, mon cœur aussi. Ils disent que je suis en bonne santé et que je ne présente aucun symptôme d’aucune maladie. Mais, moi, je me sens mort. Pas physiquement, non. Pas cérébralement, non. Mais, émotionnellement, si.

Je n’ai envie de rien et rien ne me donne envie. J’ai tout le temps envie de dormir, mais paradoxalement, je ne trouve jamais le sommeil. Je ne m’énerve jamais. Je ne suis jamais heureux. Je ne suis jamais triste. Je suis une enveloppe corporelle vide.

Je n’ai pas pleuré depuis des années. Rien ne m’attriste assez pour me soutirer des larmes de peine. Rien ne me satisfait assez pour me soutirer des larmes de joies. Entre ces deux états d’esprits, je me dresse, perdu, tel une mangouste de l’Afrique de l’Ouest au beau milieu d’une autoroute qui scie le désert.

Si mon âme est fade c’est parce que la vie est un jeu sadique que tout le monde a l’air d’apprécier et le monde un enfer sur terre duquel il est impossible de s’échapper. Je n’ai pas tant envie des choses, ni des gens, car on a rarement ce que l’on désire sans sacrifices. Le paradoxe, c’est que rien, ni personne ne mérite le sacrifice.

On grandit avec des gens qu’on aime et avec qui on a un lien de sang. Puis, le temps fini par s’écouler et nous par nous éloigner. Quelques années plus tard, les plus vieux auront déjà disparus et on n’aura pas assez profité de leur sagesse, ni de leur présence. Les plus jeunes ont des envies d’ailleurs et tout le monde fini par se perdre de vu. Au fait, si on se laisse trop guider par l’argent, on perd les siens. Si on fait tout pour garder les siens prés de soi, on fini par ne plus avoir assez d’argent pour les maintenir en vie. On ne peut pas tout avoir dans la vie.

Ce qui m’amène à l’instant T, quatre heure du matin. Le cœur en miettes et la tête en feu. La fatigue est à son paroxysme et un coup de blues sévère vient secouer mes miches comme un vent normand secouant les branches. Pas un ami pour me consoler. Pas une copine pour me chevaucher. Mes yeux se ferment. Je dors. Je dors. A bientôt.

Ce n’est pas l’argent qui contrôle le monde, mais des hommes plus malins que d’autres.

La France

Cela va bientôt faire un an que je suis ici. Le temps ne passe pas aussi vite que l’on croit. J’ai l’impression d’avoir fait énormément de choses cette année, mais l’année n’est toujours pas terminée. J’ai déjà vécu dans deux villes différentes et rencontrer plus de personnes que je n’aurais voulu.

J’ai atterri en île de France et j’y ai passé mes deux premiers mois. Pendant ce temps-là, les seules fois où je croisais des français c’était lorsque je m’aventurais dans le XVIème pour aller voir Anastasia ou dans les bars PMU des banlieues.

Une fois en Normandie, j’ai été servi. J’en ai côtoyé assez pour dire ceci :

Les français ne sont pas aussi racistes que l’on veut bien nous faire croire. Je ne les trouve pas racistes. Même les vieilles personnes aigries et qui semblent racistes et que l’on attend tous de voir crever à chaque canicule ne sont pas racistes. Ils le sont devenus. Ça me rappelle l’histoire de la dame grecque qui accueillait chez elle des migrants algériens. Elle les logeait et nourrissait à l’œil. Mais lorsqu’il était temps pour eux de partir, ils lui ont dérobé pas mal de biens. Comment ne pas devenir raciste après ça ?

La plupart des hommes français sont des tapettes. Ils parlent beaucoup, que ce soit dans une dispute ou pour rapporter des ragots, comme de vieilles pies. Mais quand c’est le moment d’agir, leurs couilles ne leur servent plus qu’à pomper de la pisse. Ils peuvent voir leur copine entrain de se faire draguer sans réagir. Ils peuvent demander à leur copine de leur rembourser les cinq euros qu’ils lui ont prêté hier. C’est affligeant. Bien sûr, je ne généralise pas. Ce ne sont que des individualités qui se répètent bien trop souvent à mon goût. Mais, une femme, aussi indépendante soit-elle, a besoin de se sentir protégée dans les bras de son homme.

En parlant de ça, les femmes françaises, par contre, sont beaucoup plus intéressantes. Elles ont du caractère. Elles s’assument pleinement. Elles assument leur corps, leurs poils pubiens et leurs tétons, qu’elles font pointer fièrement par dessus leur bustier -à bas les soutiens gorges ! Elles assument leurs envies et leur sexualité. Cela fait peur à la plupart des hommes à la masculinité fragile. Moi, je trouve ça admirable et excitant.

Une française peut avoir envie de toi. Si c’est le cas, elle fera de son mieux pour t’avoir, pour te clouer à son lit, t’attacher les mains, t’arracher tes vêtements et te chevaucher toute la nuit. Elle peut t’aimer. T’aimer de tout son cœur. Mais si jamais t’as le malheur de la décevoir, t’es foutu. T’es fiché S. T’es haïs. T’es prohibé. T’es banni. T’es persona non grata. Toi et tout ton arbre généalogique. C’est tout ou rien avec elles.

Par contre, je ne considère pas les binationaux comme des français à part entière. Eux-mêmes ne savent pas où donner de la tête. Je pense qu’ils finissent tous par avoir un sérieux problème d’identité qu’ils n’arrivent jamais à régler. Ils n’appartiennent pas clairement à leur pays de naissance, ni à leur pays d’origine. Ils sont tiraillés entre deux cultures et finissent par péter un câble.

Mais, ce qui m’a le plus déçu ici est sûrement la nourriture. Des années qu’on me rabâchait les oreilles avec la gastronomie française et bla-bla-bla… Alors que la plupart des français tueraient leur mère pour un menu McDo ou un kebab. Au fait, le plat le plus français aujourd’hui c’est le kebab -ce n’est même pas un plat bordel.

D’ailleurs je trouve cela hypocrite que de critiquer tant que ça l’immigration et d’aller poser son cul sur une terrasse avec un sandwich kebab débordant de harissa. Ça critique l’immigration, mais on est bien contents lorsqu’on a faim et que l’épicier marocain du coin est encore ouvert à deux heures du matin.

Parfois, je me demande s’ils ont assez de temps pour prendre du recul face à la situation qu’ils vivent et peser le pour et le contre. Parce que les occidentaux se croient malins, pourtant c’est les seuls à qui ont fait croire que payer encore plus de taxes à l’état peut sauver la planète.

En tous cas, j’en ai rien à foutre. Ce n’est pas en ramassant quelques mégots que la planète sera sauvée. Je ne sais même pas si j’en ai quelque chose à foutre quelle soit sauvée ou pas. Mais, entre temps, essayez de vous aimer les uns les autres. Ce serait bien.

Ismael

Elle aime un autre homme, dit-elle.

Il s’appelle Ismael. Il est plus vieux que nous de huit ans. Ismael est l’homme de cro magnon des temps modernes. Le type de mecs qui n’a aucune notion de la musique ou de l’art en général. Mais un homme de principes, un homme de valeur, un homme… UN HOMME.

Un homme lambda. Un brave homme. Un homme intègre. Un homme bien, même très bien, même trop bien. Je me méfie toujours des hommes trop biens. Le type d’hommes propres sur eux, vie ficelée et qui ne disent jamais un mot de travers. Pas UNE insulte. Pas UN gros mot. Pas UN dérapage. Je me méfie des hommes trop carrés dans leurs vies. C’est le type d’hommes qu’on surprend à quatre pattes, dans une chambre de motel pourri, entrain de se faire prendre en levrette par un travesti.

Je n’ai rien contre les travestis. Ne vous méprenez pas et ne signalez pas ma petite chronique. Je dis juste que les hommes qui sont trop machos et homophobes sont souvent des gays refoulés, et les hommes qui n’expriment aucune vulgarité sont les plus gros pervers de la terre. La vraie nature d’un homme se jauge lorsqu’il a le ventre vide.

Je ne peux pas rivaliser avec ce type d’hommes, moi. Je ne suis pas exactement le type de mecs auxquels une fille pense lorsqu’elle veut fonder une famille. Je suis un mec égoïste, égocentrique, occasionnel, vulgaire, narcissique -surtout narcissique. Que des qualités -oui, je trouve que c’est des qualités- qui me prédisent une fin seul et démuni.

Lui, c’est le type qui pense à deux, ou plus. Il charbonne dans des boulots de merde et mets de côté. Il se nourri bien et dort tôt. Il prend de ses nouvelles à chaque seconde de la journée. Un brave homme, je vous dis ! Un homme sage. Un homme responsable. Moi, je ne sais même pas remplir une déclaration d’impôts et je suis recherché en Algérie pour accomplir mon service militaire.

Du coup, je la laisse partir. Je lui lache la grappe, comme un lache, tiens ! Je lui dis adieu, à contre-cœur. Il s’en remettra. Ce n’est pas la première fois. Mais cela pourrait très bien être la dernière.

Atom

 » Un grand homme a dit un jour qu’il n’y a que les personnes que l’on aime qu’on arrive à comprendre dans leur totalité. Car nos sentiments nous permettent de voir leur potentiel inexploité. Il avait foutrement raison.

Ce qui échappe à l’ensemble des gens est certainement la capacité de déceler les histoires pour lesquelles il faut se battre, de celles qu’il faudra lâcher. Il est impossible de faire le bon choix, parce qu’on ne sait jamais où cela va nous mener.

Il aurait suffit d’une petite conversation autour d’une chaude tasse de café tenue entre ses petites mains blanches au teint rosé, ponctuées d’un vernis noir qui commençait un tout petit peu à s’effacer, pour que le tour soit joué. À partir de là, il n’était plus question de reculer, d’aller voir ailleurs ou de chercher s’il y avait d’autres pistes à exploiter. J’étais rentré dans la cage et la porte s’est refermée derrière moi. Piégé.

Désormais, il faut se battre. Il faut se décarcasser et se démener pour faire face à tout et à tout le monde. « Si elle est facile, elle n’en vaudra pas la peine. Mais si elle en vaut la peine, elle ne sera pas facile ». J’aime beaucoup cette phrase de Bob et on ne peut pas dire qu’il avait tord. Car rien n’est facile dans la vie, surtout pas les choses que l’on désire plus que tout. Au contraire, ces choses tant désirées se trouvent souvent aux portes de l’impossible et il te faudra des couilles grosses comme ça pour y arriver. »