La France

Cela va bientôt faire un an que je suis ici. Le temps ne passe pas aussi vite que l’on croit. J’ai l’impression d’avoir fait énormément de choses cette année, mais l’année n’est toujours pas terminée. J’ai déjà vécu dans deux villes différentes et rencontrer plus de personnes que je n’aurais voulu.

J’ai atterri en île de France et j’y ai passé mes deux premiers mois. Pendant ce temps-là, les seules fois où je croisais des français c’était lorsque je m’aventurais dans le XVIème pour aller voir Anastasia ou dans les bars PMU des banlieues.

Une fois en Normandie, j’ai été servi. J’en ai côtoyé assez pour dire ceci :

Les français ne sont pas aussi racistes que l’on veut bien nous faire croire. Je ne les trouve pas racistes. Même les vieilles personnes aigries et qui semblent racistes et que l’on attend tous de voir crever à chaque canicule ne sont pas racistes. Ils le sont devenus. Ça me rappelle l’histoire de la dame grecque qui accueillait chez elle des migrants algériens. Elle les logeait et nourrissait à l’œil. Mais lorsqu’il était temps pour eux de partir, ils lui ont dérobé pas mal de biens. Comment ne pas devenir raciste après ça ?

La plupart des hommes français sont des tapettes. Ils parlent beaucoup, que ce soit dans une dispute ou pour rapporter des ragots, comme de vieilles pies. Mais quand c’est le moment d’agir, leurs couilles ne leur servent plus qu’à pomper de la pisse. Ils peuvent voir leur copine entrain de se faire draguer sans réagir. Ils peuvent demander à leur copine de leur rembourser les cinq euros qu’ils lui ont prêté hier. C’est affligeant. Bien sûr, je ne généralise pas. Ce ne sont que des individualités qui se répètent bien trop souvent à mon goût. Mais, une femme, aussi indépendante soit-elle, a besoin de se sentir protégée dans les bras de son homme.

En parlant de ça, les femmes françaises, par contre, sont beaucoup plus intéressantes. Elles ont du caractère. Elles s’assument pleinement. Elles assument leur corps, leurs poils pubiens et leurs tétons, qu’elles font pointer fièrement par dessus leur bustier -à bas les soutiens gorges ! Elles assument leurs envies et leur sexualité. Cela fait peur à la plupart des hommes à la masculinité fragile. Moi, je trouve ça admirable et excitant.

Une française peut avoir envie de toi. Si c’est le cas, elle fera de son mieux pour t’avoir, pour te clouer à son lit, t’attacher les mains, t’arracher tes vêtements et te chevaucher toute la nuit. Elle peut t’aimer. T’aimer de tout son cœur. Mais si jamais t’as le malheur de la décevoir, t’es foutu. T’es fiché S. T’es haïs. T’es prohibé. T’es banni. T’es persona non grata. Toi et tout ton arbre généalogique. C’est tout ou rien avec elles.

Par contre, je ne considère pas les binationaux comme des français à part entière. Eux-mêmes ne savent pas où donner de la tête. Je pense qu’ils finissent tous par avoir un sérieux problème d’identité qu’ils n’arrivent jamais à régler. Ils n’appartiennent pas clairement à leur pays de naissance, ni à leur pays d’origine. Ils sont tiraillés entre deux cultures et finissent par péter un câble.

Mais, ce qui m’a le plus déçu ici est sûrement la nourriture. Des années qu’on me rabâchait les oreilles avec la gastronomie française et bla-bla-bla… Alors que la plupart des français tueraient leur mère pour un menu McDo ou un kebab. Au fait, le plat le plus français aujourd’hui c’est le kebab -ce n’est même pas un plat bordel.

D’ailleurs je trouve cela hypocrite que de critiquer tant que ça l’immigration et d’aller poser son cul sur une terrasse avec un sandwich kebab débordant de harissa. Ça critique l’immigration, mais on est bien contents lorsqu’on a faim et que l’épicier marocain du coin est encore ouvert à deux heures du matin.

Parfois, je me demande s’ils ont assez de temps pour prendre du recul face à la situation qu’ils vivent et peser le pour et le contre. Parce que les occidentaux se croient malins, pourtant c’est les seuls à qui ont fait croire que payer encore plus de taxes à l’état peut sauver la planète.

En tous cas, j’en ai rien à foutre. Ce n’est pas en ramassant quelques mégots que la planète sera sauvée. Je ne sais même pas si j’en ai quelque chose à foutre quelle soit sauvée ou pas. Mais, entre temps, essayez de vous aimer les uns les autres. Ce serait bien.

Ismael

Elle aime un autre homme, dit-elle.

Il s’appelle Ismael. Il est plus vieux que nous de huit ans. Ismael est l’homme de cro magnon des temps modernes. Le type de mecs qui n’a aucune notion de la musique ou de l’art en général. Mais un homme de principes, un homme de valeur, un homme… UN HOMME.

Un homme lambda. Un brave homme. Un homme intègre. Un homme bien, même très bien, même trop bien. Je me méfie toujours des hommes trop biens. Le type d’hommes propres sur eux, vie ficelée et qui ne disent jamais un mot de travers. Pas UNE insulte. Pas UN gros mot. Pas UN dérapage. Je me méfie des hommes trop carrés dans leurs vies. C’est le type d’hommes qu’on surprend à quatre pattes, dans une chambre de motel pourri, entrain de se faire prendre en levrette par un travesti.

Je n’ai rien contre les travestis. Ne vous méprenez pas et ne signalez pas ma petite chronique. Je dis juste que les hommes qui sont trop machos et homophobes sont souvent des gays refoulés, et les hommes qui n’expriment aucune vulgarité sont les plus gros pervers de la terre. La vraie nature d’un homme se jauge lorsqu’il a le ventre vide.

Je ne peux pas rivaliser avec ce type d’hommes, moi. Je ne suis pas exactement le type de mecs auxquels une fille pense lorsqu’elle veut fonder une famille. Je suis un mec égoïste, égocentrique, occasionnel, vulgaire, narcissique -surtout narcissique. Que des qualités -oui, je trouve que c’est des qualités- qui me prédisent une fin seul et démuni.

Lui, c’est le type qui pense à deux, ou plus. Il charbonne dans des boulots de merde et mets de côté. Il se nourri bien et dort tôt. Il prend de ses nouvelles à chaque seconde de la journée. Un brave homme, je vous dis ! Un homme sage. Un homme responsable. Moi, je ne sais même pas remplir une déclaration d’impôts et je suis recherché en Algérie pour accomplir mon service militaire.

Du coup, je la laisse partir. Je lui lache la grappe, comme un lache, tiens ! Je lui dis adieu, à contre-cœur. Il s’en remettra. Ce n’est pas la première fois. Mais cela pourrait très bien être la dernière.

Atom

 » Un grand homme a dit un jour qu’il n’y a que les personnes que l’on aime qu’on arrive à comprendre dans leur totalité. Car nos sentiments nous permettent de voir leur potentiel inexploité. Il avait foutrement raison.

Ce qui échappe à l’ensemble des gens est certainement la capacité de déceler les histoires pour lesquelles il faut se battre, de celles qu’il faudra lâcher. Il est impossible de faire le bon choix, parce qu’on ne sait jamais où cela va nous mener.

Il aurait suffit d’une petite conversation autour d’une chaude tasse de café tenue entre ses petites mains blanches au teint rosé, ponctuées d’un vernis noir qui commençait un tout petit peu à s’effacer, pour que le tour soit joué. À partir de là, il n’était plus question de reculer, d’aller voir ailleurs ou de chercher s’il y avait d’autres pistes à exploiter. J’étais rentré dans la cage et la porte s’est refermée derrière moi. Piégé.

Désormais, il faut se battre. Il faut se décarcasser et se démener pour faire face à tout et à tout le monde. « Si elle est facile, elle n’en vaudra pas la peine. Mais si elle en vaut la peine, elle ne sera pas facile ». J’aime beaucoup cette phrase de Bob et on ne peut pas dire qu’il avait tord. Car rien n’est facile dans la vie, surtout pas les choses que l’on désire plus que tout. Au contraire, ces choses tant désirées se trouvent souvent aux portes de l’impossible et il te faudra des couilles grosses comme ça pour y arriver. »

Angèl

Il n’y a pas de recette miracle. Comme il n’existe point de miracles sur cette terre. Vos gentils parents ont dû vous répéter, lorsque vous étiez petits, que vous êtes les plus beaux, les plus intelligents et que vous pourriez réussir tout ce que vous souhaitez, la vérité est autre. Il n’y a pas de place aux faibles, dans ce monde.

Cela me fait penser à une fille, tiens. Elle était adorable. Je me souviens qu’une fois, elle avait sourit laissant transparaître ses dents blanches et bien alignées et ses fossettes sur les deux bords de sa bouche. C’était magnifique. Dans un monde des Bisounours, ça aurait pu guérir le cancer. Mais dans notre monde c’est juste suffisant pour donner de l’espoir à un homme.

Elle était brune. La peau caramélisée par un bronzage typiquement méditerranéen. Elle était assez petite de taille. Ce qui faisait ressortir ses légères courbes. J’ai toujours eu tendance à dire que les Dieux ont compressé les filles de petite de taille jusqu’à faire ressortir leurs belles courbes toutes rondes. Je suis idiot. Hormis son sourire, elle était dotée d’une gentillesse apparente. Elle avait une allure angélique. Cela était suffisant pour que chaque homme puisse s’intéresser à elle. Suffisant pour que chaque homme faible tombe amoureux d’elle.

Je  n’en étais pas un. Mais je me délectais, cigarette à la main, de les voir tomber comme des moutons aveugles dans son petit piège d’allumeuse qui se renie. Ils se retrouvent le cœur en miettes et la bite en sang, à force de se masturber sur quelque chose qu’ils n’auront jamais. Vos parents vous ont mentis, les fils de putes !

Suis-je sadique ? Sûrement. Comme vous l’êtes, vous aussi, chers lecteurs. L’erreur qu’on fait tous est de s’attacher au potentiel d’une personne. Croire qu’on est celui ou celle qui va faire ressurgir les vertus de cette personne. Croire que l’amour qu’on pourrait leur procurer serait un prisme suffisant pour qu’ils atteignent ce potentiel non-exploité. C’est encore plus stupide que ma théorie sur les dieux-compresseurs.

Alors je me mets de côté. Je reste en retrait. Je laisse ces illuminés se jeter, la bite la première, dans un mirage qu’ils se sont eux-mêmes créé. Il ne faut pas croire ce que l’on croit.

L’amour n’est qu’un ensemble de connexions dans notre cerveau.

Choisy La Reine

Vous connaissez la chanson. Le matin il fait froid, du coup je reste dans ses draps. Je me recroqueville. Je tire la couverture au dessus de mes épaules. Je la serre fort. Je la serre fort, elle aussi. Je me rendors. Je dors très bien chez elle. Mais, pas cette nuit-là.

Il faisait chaud, très chaud. Mon dernier souvenir, avant de fermer les yeux, était qu’elle était entrain de dormir, pendant que je jouait avec ses longs cheveux, croyant que je lui faisais un massage cranien. Le sommeil avait fini par prendre le dessus sur moi. Juste avant qu’elle ne me colle son pied sur le ventre et crie :

« Lève-toi. Il est presque huit heures. Tu dois partir. Je dois me préparer, merde ! »

J’ai failli tomber du lit. Puis, finalement, je me suis raisonné à me lever. Elle me saoule. Les nuits passées ici sont géniales. Les matinées le sont beaucoup moins. On n’arrive à dormir qu’au delà de trois heures du matin et quelques heures plus tard, je dois me réveiller, partir, pour qu’elle puisse se préparer. C’est affreux.

Je ne sais pas comment est-ce qu’elle fait pour dormir si peu et avoir autant d’énergie pour la journée qui suit. Les femmes sont plus endurantes que les hommes, il n’y a pas débat.

Au delà de ça, je sens que je suis coincé dans ses bras. Un homme ne peut faire autant d’efforts pour une femme qu’il n’aime pas. Mais, plus encore, homme ne peut faire autant d’efforts pour une femme qu’il n’aime pas et avec qui il ne couche pas -sauf si c’est sa mère.

Je sors de chez elle, à peine habillé, mal coiffé. Je colle une cigarette de frustration à mes lèvres. Je tire de longues bouffées de nicotine pour calmer mes nerfs. Je repense à ce qu’elle me dit. Elle dit me haïr, mais agit comme une personne qui m’aime. Elle veut tout le temps partir, mais elle attend toujours que je la retiennes. Je sens qu’elle est tiraillée. Tiraillée entre ce que je suis et ce que je pourrai être.

Je m’arrête au café, au coin de la gare de Choisy. La barmaid est plutôt jolie. Je prends un petit café. Je m’assoie. Mes couilles me font mal. Elles doivent être bleues. J’ai passé la nuit à être excité sans pouvoir les vider. Je me rend compte que quand je dors avec une femme, je ne fais pas l’amour avec elle. De l’autre côté, je ne dors jamais avec les femmes avec qui j’ai couché. La seule exception était Elodie. Certainement parce que je l’ai aimé elle aussi.

Je paye mon café. Je l’avale et je me précipite pour choper le RER C. C’est la fin de la récrée au paradis.

Alzheimer.

Les choses n’étaient pas censées se passer comme ça. On était censés être heureux, ne pas trop se prendre la tête, ni perdre du temps. Les choses sont tristes actuellement. La dernière fois que je lui ai parlé remonte déjà à une demi-douzaine de mois. C’est triste.

Le plus triste n’est pas le fait qu’on ne se parle plus, mais plutôt les raisons qui ont fait qu’on ne se parle plus. Toute cette histoire tient en une question de fierté mal placée et de croyances non-confirmées. Il y a un proverbe kabyle qui dit « La parole est la clé des cœurs ». Il faut parler. Il faut se parler. Le silence laisse installer le doute. Le doute éloigne les gens. Les gens ont ensuite bien trop de fierté pour faire marche-arrière et s’expliquer à propos de ce qui les a séparés.

Je ne reste pas innocent dans cette histoire. Il n’y a pas de fumée sans feu. Les rumeurs ont beau ne pas être vraies, elles comportent toujours une nuance de vérité. Mais bon, je suis nord-africain, j’ai bien trop de fierté pour courber l’échine et m’expliquer sans qu’on m’ait rien demandé. Donc, je laisse couler les rumeurs, jusqu’à ce que celles-ci deviennent une vérité partagée, une vérité.

Qu’en est-il de la fille ? Je ne suis pas du genre à m’expliquer sans qu’on me le demande. Ne s’excuse sans préavis qu’un condamné. Je ne suis pas du genre à forcer l’amitié de quelqu’un qui n’en veut plus. Du coup, je la laisse dans son hérésie. C’est plus facile d’oublier quelqu’un lorsqu’on trouve le moyen de le détester. Mais, si tu me détestes, pourquoi tes discussions portent autant sur moi ?

Qu’en est-il des rumeurs ? Je n’en sais rien. Ai-je vraiment couché avec toutes ces filles ? Peut-être que oui, peut-être que non. Qui sont-elles ? D’où viennent-elles ? Peuvent-elles venir m’affronter et dire que j’ai effectivement glissé ma queue entre leurs lèvres ? Existent-elles vraiment ? Je crois que je m’en souviendrais. A moins que je sois atteint d’Alzheimer. Je n’en sais rien.

Essonne.

C’est le ramadan, je crois. Enfin, j’en suis sûr. En tout cas, je suis chez un pote, à Paris. Enfin, pas vraiment à Paris, mais en région parisienne. Enfin, pas vraiment en région parisienne, mais en banlieue parisienne. Dans l’Essonne, plus précisément à Evry, dans le quatre-vingt et onze.

Tout le monde me disait que cette ville était à chier. Je les comprend. Contrairement à mon pote, ils n’habitaient pas au douzième étage d’un HLM au bord de la seine et qui donne une vue splendide et panoramique sur la ville et la forêt qui enrobe la Seine.

Moi, j’aime bien. Mais, c’est ramadan. Du coup, je descend dans un bar. Enfin, ce n’est pas vraiment un bar, mais un PMU de banlieue. Tu le ressens parce qu’il sonnait creux. Il était assez vide pour un samedi après midi. Je me suis accoudé au comptoir avec mon pote. Pas pour boire, mais pour choper le journal et sélectionner des chevaux sur lesquels parier.

Le patron du bar est venu nous taper la discute. Pas qu’il en avait quelque chose à foutre de nous, non. Il voulait savoir quand se terminera ce mois maudit. Pas qu’il en avait quelque chose à foutre de la famine qui nous rongeait, mais plutôt du manque de clientèle qu’affichait son bar. Je crois qu’il s’est rendu compte que ses plus fidèles gogos étaient les musulmans.

On l’a rassuré, avant de prendre le journal et de nous casser. On a miser quelques sous sur deux tocards qui étaient bons pour l’abattoir. On est rentrés à temps pour la rupture du jeûne. On a bien repris des calories, avant de sortir encore une fois.

On a prit la voiture pour se morfondre un peu plus dans ce département de l’Essonne. Corbeil Essonne, tient ! C’était notre destination. La capitale de ce département ? Peut-être. Je vais peut-être chercher ça plus tard, ou peut-être pas.

On est entrés dans ce qui me semblait être une chicha. Je D-E-T-E-S-T-E les chichas. Il y a deux trucs que je n’aime pas : les boîtes de nuits, les gens qui me lancent leur fumée dans la gueule et les chichas. Oui, ça en fait trois, mais on s’en fou.

Mon pote m’explique qu’on n’est pas là pour la fumée aromatisée pour fiottes ou rebeus fragiles, ni pour les beurettes faciles au visage coloré. On est là pour un autre jeu de hasard, le loto. C’est simple; tu prends un nombre de petits cartons, sur chaque carton il y a quinze chiffres, un gars va annoncer des chiffres au hasard et tu dois remplir ton carton avant les autres pour pouvoir gagner la cagnotte. J’étais partant !

On a misé pour dix euros chacun. La cagnotte était de cent euros. Elle était belle. La partie s’est terminée, on a perdu nos vingt balles. On y était presque, on a donc remis une couche. Perdue… Cela s’est poursuivi jusqu’à une heure du matin.

On est ressortis. Avec un bénéfice de zéro euros et un déficit de soixante euros chacun. De vrais joueurs !

On a rouspéter. Mon pote a démarré la voiture. On est rentrés.

Magnitude

Je commençais à avoir sommeil. Mes yeux étaient fermés. Elle était allongée à côté de moi. Sa tête posée sur mon torse nue. Sa main par dessus mon ventre.

Soudain, j’ai eu un pic d’envie. Vous savez, cette grosse envie qu’on a lorsque le sommeil commence à prendre le dessus et que notre conscient commence à mourir.

Je glisse ma main gauche le long de son ventre jusqu’aux portes de son con protégé par sa culotte. C’est tout ce qu’elle portait. Je glisse mes doigts entre sa culotte et son con. C’était gluant, humide. Humide et gluant.

Je repère très rapidement son bouton de plaisir caché entre ses grosses lèvres. Je le remue délicatement. Elle soulève la tête, les yeux fermés. Comme une invitation pour l’embrasser. Je le fais.

Elle ôte son bras de mon ventre pour glisser sa main dans mon caleçon. C’est tout ce que je portais. Son con devenait de plus en plus mouillé et ma queue s’est vite dressée.

Pas un mot. Pas un soupire. Juste un rythme cardiaque qui s’accélère avec des échanges de salives et d’haleine occasionnels.

Je retire mon caleçon. Je le jette du haut du matelas. Je la met sur le dos. Je place mon genou droit au dessus de son épaule gauche et mon genou gauche au dessus de son épaule droite, juste avant de glisser ma queue entre ses lèvres. Douceur.

Je menais des vas et viens délicats pour ne pas la brusquer. A des moments, je maintenais ma queue profondément dans sa gorge pour essayer de l’étouffer. Elle réagissais en me chopant les fesses et en y enfonçant ses longs ongles.

A chaque fois que je retirai ma queue et que nos regards se croisaient, elle avait un putain de regard satisfait, mais qui en redemandait encore.

Au bout de quelques minutes et après plusieurs vas et viens, je finis par lâcher la purée dans une explosion jouissive. Je me balance sur le côté. Je ne remet même pas mon caleçon. Mes yeux se ferment. Elle repose sa tête sur mon torse. Mon esprit vagabonde. Je commence à rêver…

Amy – Part 3

Je l’ai croisé encore, hier. Elle sortait du bâtiment principal. Elle était pressée de rejoindre un autre bloc. Ce qui semblait être une crêpe entre les mains, bouffée vite fait, car je le répète, elle était pressée.

Avant hier aussi, je l’avais vu. Plutôt aperçue, au loin. Elle était loin. Mais je pouvais la reconnaître. Je pense que je pourrait la reconnaître au milieu d’une populace pleine de diversité. Elle sillonnait le gazon avec un pote à elle.

Je rentre chez moi, aujourd’hui, on me disant que la série s’est achevée. J’ai fini les cours. Je vais aller me peloter sous une couverture en regardant un autre épisode de Breaking Bad. Quelle série !

Mais il est vingt et une heure. J’ai une soudaine envie de clope. Je prend mon blouson. Je fouille dans les poche. Je trouve mon paquet et je l’ouvre. Vide. Quelle merde !

Je m’habille un petit peu à l’arrache. Je me coiffe vaguement pour donner l’impression de ne pas m’être coiffé. Je sors. Je prend le bus. De douces mélodies trance filtrent dans mes oreilles via mes écouteurs. J’ai la trique.

J’arrive au centre ville. Le dernier bar-tabac ouvert sur rive-droite. Peu importe le jour, peu importe l’heure, ils sont ouverts.

– Bonsoir, un Marlboro Gold, s’il vous plaît !

– Ça fera huit euros et quatre vingt cents, s’il vous plaît !

Eh merde ! Ça a encore augmenté de quelques cents.

Je prend mon paquet et je sors. Après une petite virée sur les quais, je décide de rentrer. Il caille.

J’attend le bus. Le voilà qu’il arrive. J’entre dans le bus, je mets mes écouteurs. Je farfouille dans mon téléphone. Soudain, la porte s’ouvre. Contre toute attente, Amy.

On m’a toujours dis qu’il ne fallait pas trop s’approcher de ses rêves, ça finit par nous bouffer. Pourtant, là, c’est eux qui sont venus à moi. Quelles chances est-ce qu’il y avait ? Sur les cinquante bus qui circulaient et qui passaient par là toutes les quinze minutes, il fallait qu’elle soit dans celui-ci. Pire encore, elle se met à trente centimètres de moi. Je la regarde. Nos regards se croisent, puis s’évitent. Quelle bande de tarlouzes !

Elle plonge son regard dans son téléphone et je fais de même -dans mon téléphone bien sûr. Elle était tout aussi jolie à trente centimètres de mois qu’elle l’était à trente mètres, la veille; ses cheveux bruns attachés, son teint brun était d’un bronzage léger et les traits fins qui dessinaient son visage étaient simplement parfaits.

J’essaye de reprendre mes esprits et de préparer quoi lui dire pour l’aborder. On va certainement descendre au même arrêt. Je saisirai l’occasion pour l’accoster par derrière et lui dirait une banalité qui la fera rire, puis une autre, puis encore une autre. Le jour de gloire est arrivé !

Campus. On est arrivés. Je prend une bouffée d’air avant de descendre. J’y vais, elle y va, on y va ! Je descend la marche qui sépare le bus du trottoir. J’ouvre la bouche pour laisser des mots s’y échapper et là je la vois s’approcher un peu trop d’un mec, juste avant de l’embrasser. Eh merde !

Bar à tapins.

J’étais sur Rive-Gauche, aujourd’hui. Dans un bar kabyle, détenu par des kabyles, avec un barman kabyle et même des clients kabyles.

Ça jasait de partout et des mots revenaient; « Algérie… Kabylie… Démocratie… Bouteflika… Ferhat Mhenni… Indépendance… Autonomie… Allah… Mohamed… Barbe à papa… Jessica Alba… ».

Comme dirait le député, on était dans un véritable poulailler.

Ça essayait de débattre, en vain -et en vin. On ne peut débattre avec un maghrébin sans que le ton ne commence à monter. Encore moins si ce maghrébin est musulman, encore moins si ce maghrébin est musulman alcoolisé, car il venait de passer l’aprem dans un bar kabyle de rive-gauche.

De ce combat de coqs cocus j’en ai tiré que les gens avaient tous des idées pré-reçues. Et ils n’aiment pas que quelqu’un vienne les perturber, les remettre en cause ou leur faire douter de la fiabilité de ces idées.

Ils ont peur de la vérité. Ils ont peur du débat, d’avoir tord et de découvrir la véritable vérité. Mais plus encore, ils ont peur de découvrir que tout ce qu’ils ont connu n’est qu’une grossière fable.

Au fait, ils ont peur de se lever un bon matin et de découvrir que leur vie est un échec, que leur mère est une pute et que leur dieu n’existe pas.