Chaque jour est une putain de douleur. Chaque jour j’ai une épine dans le pied qui s’enfonce de plus en plus à chaque pas que je fais; de mon lit à la salle de bain, de chez moi à la fac, de la fac partout ailleurs.
Chaque pas me fait penser davantage à cette douleur, à cette peine, à ce que je ressens. Chaque pincement du à cette blessure me fait penser à toi. Je me bats, je m’efforce de rester fort, mais c’est là. Ça fouette fort et dur de l’intérieur de mes entrailles.
Je n’y peux rien. Je m’efforce de vivre avec, mais c’est simplement impossible. Je m’occupe les mains et l’esprit, pour essayer de vivre avec cette douleur comme étant un simple handicap. Je me dis que si un aveugle peut surmonter sa perte de vue, je peux très bien surmonter les sentiments que j’ai pour toi.
Mais ça n’en est rien. Je continue de traîner un pied devant l’autre et chaque pas est une sorte d’alarme de rappel du trou béant qui me ronge et de la douleur qui en découle.
En fin de journée, j’ai le pied ensanglanté. L’épine l’a tailladé et mutilé. La douleur n’a fait que se multiplier. Elle grandit et la plaie devient béante. Je prend un verre d’alcool, puis un autre, puis un autre. J’essaye d’étouffer la douleur, tuer mes neurones pour qu’ils arrêtent d’y penser, pour que j’arrête de penser. Ce jeu continue jusqu’à ce que je tombe la tête sur mon coussin, bourré, fatigué.
Au matin, l’effet de l’alcool s’est vanné pour laisser place à la gueule de bois et aux courbatures. La plaie est toujours ouverte et elle me fait encore plus mal que jamais.









