Belle épine.

Chaque jour est une putain de douleur. Chaque jour j’ai une épine dans le pied qui s’enfonce de plus en plus à chaque pas que je fais; de mon lit à la salle de bain, de chez moi à la fac, de la fac partout ailleurs. 

Chaque pas me fait penser davantage à cette douleur, à cette peine, à ce que je ressens. Chaque pincement du à cette blessure me fait penser à toi. Je me bats, je m’efforce de rester fort, mais c’est là. Ça fouette fort et dur de l’intérieur de mes entrailles. 

Je n’y peux rien. Je m’efforce de vivre avec, mais c’est simplement impossible. Je m’occupe les mains et l’esprit, pour essayer de vivre avec cette douleur comme étant un simple handicap. Je me dis que si un aveugle peut surmonter sa perte de vue, je peux très bien surmonter les sentiments que j’ai pour toi.

Mais ça n’en est rien. Je continue de traîner un pied devant l’autre et chaque pas est une sorte d’alarme de rappel du trou béant qui me ronge et de la douleur qui en découle.

En fin de journée, j’ai le pied ensanglanté. L’épine l’a tailladé et mutilé. La douleur n’a fait que se multiplier. Elle grandit et la plaie devient béante. Je prend un verre d’alcool, puis un autre, puis un autre. J’essaye d’étouffer la douleur, tuer mes neurones pour qu’ils arrêtent d’y penser, pour que j’arrête de penser. Ce jeu continue jusqu’à ce que je tombe la tête sur mon coussin, bourré, fatigué.

Au matin, l’effet de l’alcool s’est vanné pour laisser place à la gueule de bois et aux courbatures. La plaie est toujours ouverte et elle me fait encore plus mal que jamais.

Mélanie.

Le soleil se lève. Mais qu’est ce que je raconte ? Il s’est levé il y a déjà six heures. Je m’arrange toujours pour rater la majeur partie de la matinée. Elle est futile. Il me semble qu’on retrouve toujours les mêmes querelles et les mêmes bêtises au quotidien. C’est à se demander si la même journée n’est pas entrain de se répéter pour la millième fois.

En tout cas, aujourd’hui est une journée qui a une certaine particularité; on est le 18 juin, ce qui signifie que Mélanie va enfin se marier.

Tu prends un mec qui couche avec soixante filles par an, c’est enfance difficile, relations tendues -ou pas de relation du tout- avec les parents et une fille qui lui aurait brisé le cœur à ses 18 ans.

Tu prends une fille qui couche avec soixante mecs par année, c’est attouchements étant petite, un oncle qui baladait ses mains un peu trop prés de sa petite culotte et plusieurs mecs qui lui ont brisé le cœur -et le cul- au fil des années.

Mélanie était bien rangée dans cette catégorie. Elle faisait défiler les mecs dans son lit comme de vulgaires mannequins, des putain de jouets. Elle avait beau dire qu’aucun ne lui correspondait, pas mal d’entre eux l’ont marquée, sans qu’elle réussisse à les garder. En vrai, une fille qui n’arrive pas à retenir un mec après avoir couché avec lui n’est juste pas un bon coup.

L’heureux élu faisait partie de cette brochette de jouets sexuels. Ce n’était qu’un plan cul, à la base. Ils se voyaient une fois par semaine, tiraient leur coup et chacun reprenait sa vie de son côté.

Mais soudain, Mélanie avait décidé d’en faire son exclusivité. Inutile de préciser que ce n’était pas de la tarte. J’ai intervenu je ne sais combien de fois pour l’aider à le manipuler.

Après, je les entends d’ici les bien-penseurs de mes deux qui vont crier au scandale et à la trahison des codes entre mecs. Je vous emmerde. J’ai beaucoup de temps libre. Autant me mettre à la place des Dieux.

En tout cas, on peut dire que j’ai atteint mon but. Elle se marie. Cela me rend un peu nostalgique de nos lointaines galipettes. Mais si ça se trouve, en parfaite perverse-narcissique qu’elle est, maintenant qu’il est acquis, elle va finir par le quitter.

J’efface ces pensées de ma tête. Je fini ma tasse de café, je me recoiffe une dernière fois. Un petit zeste de parfum et me voilà prêt pour la soirée.

Lorie – Start/End

Je ne me souviens pas réellement du moment déclencheur de toute cette histoire. Tout ce que je sais, c’est qu’un jour tout était devenu irréparable, que sa haine avait dépassé les limites du concevable et que j’étais devenu l’ennemi numéro un.

Je n’ai pourtant pas de haine envers elle. Elle reste comme étant un doux souvenir inachevé dans mon esprit. Une histoire qui n’a pas eu de réel début et qui du coup n’aura pas de fin.

Je ne pense pas avoir posé des limites à cette relation, ni avoir été méchant. J’étais dans ma période dépressif -comme toujours. Je ne jouissais pas de la vie. J’avais du mal à me motiver, me sortir la tête d’entre mes deux coussins pour aller en cours.

Mais elle m’aidait à passer outre tout cela. Elle me secouait les fesses pour faire mieux et aller de l’avant. Certes, avec beaucoup de méfiance à mon égard -qui pouvait lui en vouloir ?- mais beaucoup de bienveillance aussi.

Je crois que l’erreur qu’il ne fallait pas faire était de jouer avec moi. Je n’étais pas en état de jouer à des jeux pervers de lycéennes. Fuis-moi, je te suis ? Bah fuis-moi et tu verras que moi aussi je vais fuir à l’autre bout du monde.

Je suis trop vieux pour ces conneries.

Ce qui est triste, c’est que personne -ou presque- ne cherche à avoir ma version des faits. Même pas elle. Après tout, c’est plus simple de me catégoriser en un espèce de connard suffisant qui est venu cracher dans la soupe.

Les gens s’en foutent de la vraie histoire, ils préfèrent se contenter de la légende.

Mais peu importe, ceci est sûrement la première et la dernière fois que je parle de cette fille et de cette histoire. Par pur amertume.

Entre temps, je remue ma tasse de café, secoue ma clope pour en faire tomber les cendres, avant de me remettre au boulot et de la croiser encore en amphi.

Adieu, Lorie.

Anastasia – Part 3

Sinon, j’étais sur Paris ce week-end. Paris c’est jolie, mais ses rues sentent le vomi défraîchi et le pipi.

J’ai sillonné quelques arrondissements, j’ai traîné dans quelques banlieues. J’ai vu du monde, beaucoup de monde. Paris contient une diversité qui nourri la haine.

Les banlieusards envient les habitants des arrondissements de Paname. Ceux qui habitent dans les arrondissements pauvres envient ceux qui habitent dans les quartiers chics. Et ceux qui habitent dans les quartiers chics détestent tous ceux qui les envient.

Hormis cela, j’ai passé le week-end avec Anastasia. Quel sucre cette fille. Les personnes qui sillonnent ce monde sans être aimés par Ana’ perdent leur temps.

On était invité à une soirée dans un bar du dixième arrondissement, très connu chez les brobro. Un président de club de football algérien a programmé un meeting là-bas, il y a de ça quelques mois. Je n’en dirais pas plus.

La bière était bonne. La scène un peu étroite. Mais, les musiciens étaient vraiment très doués. Le chanteur n’arrêtait pas de regarder en direction d’Anastasia. Elle de son côté était subjuguée par la sensualité du mec. Ils étaient en osmose.

Il aura fallu attendre la pause clope pour découvrir que le chanteur avait la même orientation sexuelle que Sir Elton John.

Dégoûtée, Anastasia se retourne vers moi et me lance :
« Du coup, c’est toi qu’il mate. »

Je ne savais pas si je devais fuir ou me sentir flatté. J’ai donc collé mon verre à ma bouche pour essuyer une bonne rasade de bière. Finalement, j’étais flatté.

J’ai donc serré Anastasia contre moi. Sa chevelure sentait bon. J’ai approché mes doigts de sa bouche pour qu’elle tire une taffe, avant de rentrer de nouveau dans le bar.

Cela a encore duré quelques minutes avant qu’on décide d’aller voir ailleurs. On a repris nos affaires et on est parti dans un autre pub, dans un autre arrondissement.

On entre, on commande et on se met sur la terrasse. Anastasia me dira que le proprio, ainsi que le barman, étaient kabyles. Décidément, on est partout. Je n’ai pas le souvenir d’avoir un jour croisé un kabyle qui fait la manche. Mais ça, c’est une autre histoire.

On a bu, puis fumé. On a encore prit d’autres verres et fumé d’autres clopes et cela jusqu’à une heure très tardive. On a tout de même était raisonnable et on a décidé tous de rentrer.

Sur le chemin, on est passés à quelques centaines de mètres de la tour Eiffel. Du Metallica passait à la radio. Abraham conduisait doucement. Anastasia dormait paisiblement, la tête sur mon épaule. Les lumières scintillaient et brillaient sur son visage de fée. Je pose ma joue sur son front.

La vie est belle, parfois.

Coup de gueule.

« A ce qu’il parait, il a fait beau aujourd’hui. J’ai été obligé de me mettre en décolleté. En février. Franchement, si je voulais du soleil, je serai resté en Algérie. Là où le soleil scintille toute l’année, où l’avenir des cracks est dores et déjà compromit et où les embouteillages constituent un sport national.

Je me souviens de l’époque où je travaillais dans un centre commercial. J’y allais à pieds et j’avais toujours cinq à dix minutes de retard. Au bout de la cinquième fois, je me suis fait sévèrement réprimandé. Du coup, pour changer, j’ai pris le bus. C’était pire. J’ai eu trente minutes de retard. Je suis sorti de chez moi la barbe bien rasé, je suis arrivé au boulot avec une barbe de trois jours. C’est dire.

Putain, quel bled. A ce qu’il parait, il y aurait des manifestations très farouches -du coup, sur les réseaux sociaux- contre le cinquième mandat de l’handicapé marocain. Tout ça sous le slogan « NON A LA HONTE ».

Putain, quel peuple. Ce cinquième mandat serait donc LA honte ? LA VRAIE h’chouma ? Titillez-moi les boules que je puisse en rire. Parce que je n’y arrive pas. Genre le troisième mandat était acceptable, le quatrième mandat aussi. Mais le cinquième, non. C’est LA HONTE. Ce peuple a des limites, bon sang !

Cela équivaut à se faire violer par la même personne, à répétition, pendant une longue durée, en étant presque satisfait de cette situation. Mais qui, au bout d’un moment, serait une situation absolument honteuse et qui doit cesser. Du total non-sens.

Moi je me souviens précisément des mois ayant précédés le troisième mandat. J’étais jeune, mais je trouvais ça absolument aberrant -en plus du fait que je trouvais que ce nain auto-proclamé président était un véritable fils de pute. Passons. J’avais des amis qui me disaient le contraire et trouvaient des arguments absolument surréalistes pour légitimer cette candidature. Aujourd’hui, ces mêmes personnes polluent mon fil d’actualité avec leurs publications anti-cinquième mandat.

Sincèrement, imprimez vos putain de publications Facebook sur un bout de papier, roulez-le très bien, de manière à ce qu’il soit bien rond et bien ferme. Penchez-vous vers l’avant. Écartez les fesses et fourrez-le bien profond. J’allais vous suggérer de la vaseline pour faire passer tout cela, mais après toutes ces années à se faire baiser par l’état algérien, le trou doit être bien large et élastique. »

Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite.

Interlude

 Je ne sais pas où est-ce qu’on sera dans vingt ans, mon ange. Je ne sais même pas si je serai là demain.

Je te bassine avec mes promesses et mes douces paroles en te promettant une douce vie, un petit bout de paradis. Mais en vrai, je ne sais même pas si j’ai assez d’argent pour déjeuner demain à midi. Mais cela ne remet pas en cause ma bonne volonté.

Alors à quoi beau ce cirque ?

La route a été longue et je ne sais pas comment est-ce qu’on en est parvenus jusqu’ici. On a été loin, plus loin que la plupart des personnes qui ont dit s’être aimés. La route va être longue, encore plus longue que ce qu’on a déjà passé. On n’en verra peut-être pas le bout ou peut-être que si.

Alors à quoi beau ce cirque ?

Un jour tout sera vain. On sera enfin à moitié sereins et on finira par apprécier ce que la vie nous tend. Tu seras dans mes bras ou dans ceux d’un autre. Qui sait ? Tu finiras sûrement par te lasser de moi et je te donnerai mile et une raison de m’échanger.

Mais on sera à moitié heureux. Tu seras pleinement heureuse aux bras de ton nouvel amant écervelé, tandis que je broierai du noir pour essayer de t’oublier. A deux, on sera à moitié heureux. On pourra alors contempler le crépuscule en appréciant sa beauté. Car tout sera vain.

Donc, à la fin, à quoi bon ce cirque ?

Ce cirque n’est qu’une tentative désespérée de s’accrocher à quelque chose qui semble à la fois me fuir et me hanter. Ce cirque est le jeu auquel je me suis prêté depuis que je t’ai rencontré. Ce cirque est le cycle de la vie. Un homme aima une femme et celle-ci tua tout espoir en lui.

Chloé

La journée commence bien. Il est midi passé et mes paupières viennent à peine de se détachées. J’imagine que la nuit a été longue et mouvementée, mais je ne m’en souviens pas encore. Il me faut certainement un autre verre pour redresser mes idées.

Cette chambre n’a pas de rideaux, le soleil me brule les yeux chaque matin que Bouddha fait. L’oreiller que je colle à mon front ne m’aide pas plus que ça. Je me suis promis de m’acheter un cache-yeux, il n’en est rien. Je me suis promis de reconquérir son cœur, il n’en est rien. La quasi-totalité du temps, je procrastine ma vie.

Je traine un pied devant l’autre jusqu’au lavabo. Je me lave le visage, puis jette un coup d’œil dans le miroir. Les yeux à peine ouverts, il m’était impossible de rater mes cernes qui m’arrivaient jusqu’aux pieds.

Je prends une autre bière, je la décapsule et je me prend une bonne rasade dans la gueule. Quelques gouttes dégoulinent le long de mes lèvres avant que je les efface avec mon poignet. Il pleut, encore. Moi qui avait rendez-vous à l’autre bout de la ville avec une ex que je n’avais pas revue depuis septembre.

Cinq minutes de marche. BUS. Métro. Cinq autres minutes de marche. J’y suis. Je l’appelle en faisant les cent pas et en regardant vers sa fenêtre. Elle décroche.

– Allô !

– Oui, Chloé. Sors, je suis devant chez toi. Mais laisse ton gros chat à l’intérieur, s’il te plait.

– Il ne t’aime pas de toute manière.

– Bah écoute, c’est réciproque. Aller, fais vite. Je me les gèle.

La porte s’ouvre, Chloé sort. Je ne sais pas ce qui se passe, si cela est une loi universelle ou un mécanisme qui se déclenche dans notre tête, mais on passe un long moment à ne pas s’intéresser à une personne et dés que celle-ci se met en couple, qu’elle devient inaccessible, elle devient deux fois plus attirante.

Peut-être que c’est vrai, qu’elle est devenue tout simplement plus jolie. Comme cela est peut-être dû au fait que nous soyons tous des putain de pervers narcissiques qui croient que le monde tourne autour de notre bite et qui pleurnichent dés que quelqu’un joue avec ce qu’on croyait être notre joujou. Mais c’est trop tard.

Chloé se met à me raconter sa vie. C’est pas que cela ne m’intéresse pas, au contraire. Mais je pensais plus au goût que pouvaient avoir ses lèvres. Merde. Je n’avais plus droit d’y toucher.

On finit de se raconter nos nouvelles, il se fait déjà tard. Je lui fais la bise et décide de rentrer, la queue entre les jambes. Cinq minutes de marche. Métro. Supérette. Pack de bières. Bus. Cinq autres minutes de marche. Je suis chez moi.

Je me déshabille. Je me mets au lit en caleçon, une bière à la main, le reste du pack à portée de main. Je me met à téter cette bouteille comme un nourrisson qui se fait allaité.

Je ferme les yeux, je prie les Dieux que cette vie sera accompagnée d’une autre. Je prie d’être réincarné pour pouvoir poursuivre cette vie que j’ai remis au lendemain.

Immédiatement.

J’étais à ma troisième cigarette consécutive. J’étais debout depuis une dizaine de minutes et je faisais déjà des mauvais choix. J’ai écrasé ma cigarette en scred -pour éviter une amende- et j’ai enfoncé la porte du bar.

Ce matin là, je m’étais réveillé la boule au ventre. Je me sentais comme une merde séchée. J’avais tous les soucis du monde qui trottaient dans ma tête. Ces fils de putes.

Depuis que j’habite seul, il m’arrive de passer des journées entières sans utiliser ma voix. Avant, j’habitais en colocation avec Job. Il était super sympa, mais son divorce lui a laissé des séquelles. Il en avait gros sur le cœur. Je lui faisais des mini-thérapies, quotidiennement. Peu importe.

J’étais encore une fois le coude posé sur ce comptoir à contempler les vas et viens de tout le monde. J’étais un petit peu distrait. J’avais réellement la tête ailleurs.

On vit tout de même une époque incroyable. On a à notre disposition de superbes outils de communication et les gens ne se parlent plus vraiment. On a de magnifiques outils et autres applications de discussions instantanées et les gens les utilisent pour faire du cyberharcèlement de masse. On est la pire génération que la terre ai connue -et les générations suivantes seront encore pire. L’être humain a évolué dans la mauvaise direction.

Les gens ne se soucient plus vraiment que de vivre, d’apprécier ce qu’ils ont et d’aimer autrui. Ils sont plus préoccupés par des choses matériels. Ils veulent du concret, du réel, du physique, du palpable. On est tout de même dans une société assez sadique. Les gens ne veulent pas être heureux dans leur coin, trouver leur petite source de bonheur, s’y tenir et emmerder le reste. Non. Ils veulent être heureux en écrasant leur prochain. Tout ce qui intéresse ces résidus d’humanité c’est de satisfaire leur égo.

Ils s’en foutent éperdument que de vivre avec autrui, d’aimer, d’être aimé, de partager, d’avoir une relation saine et constructive. Non. Ce qui les excite c’est de se faire désirer par quelqu’un -pas pour l’intérêt qu’il leur porte, non. Seulement pour le jus qu’il gicle dans leur égo.

Je sirote mon verre de whisky en contemplant les différentes dynamiques de couples qui se produisaient devant moi et en maudissant les Dieux de ne pas avoir fait de moi un papillon.

L’amour, c’est quelque chose que l’on n’a pas et qu’on offre à quelqu’un qui n’en veut pas.

Instant crash

Je me suis retrouvé dans cette classe de cours à nouveau. Cette fois-ci, je n’avais absolument pas les mêmes sensations. Une fois qu’on s’habitue aux travers d’une chose, on fini par s’en lasser.

Il y avait cette fille -qui ne m’aimait pas trop- assise devant moi. Elle se retournait pourtant plus fréquemment que ce qu’elle devrait. Ma grand mère, qui n’a jamais mit les pieds dans une école, m’a toujours dit qu’il n’y avait qu’un trait entre l’amour et la haine -en fixant mon grand père du regard. Il s’avéra qu’elle avait raison. Les deux parties du cerveau stimulées par l’amour et la haine sont collées l’une à l’autre.

Pour être honnête, je ne connaissais pas cette fille. On ne s’est jamais adressé la parole. Je me demande même quel son émet sa voix. Mais elle semblait s’être faite une piètre opinion de moi.

Vous savez ce qu’on dit des personnes qui tirent des conclusions hâtives ? On dit que c’est des putains. Car les putains concluent l’affaire avant de savoir quel goût a votre bite.

En parlant de bite, j’étais à deux doigts de me lever, de saisir cette fille par le cou, la plaquer contre le mur, placer mes lèvres à six centimètres des siennes et lui crier « Mais pourquoi tu me dévisage avec tant de haine, espèce de Sidaïque ? ». L’image m’a donné un début d’érection.

Mais je n’étais pas du genre à donner plus d’importance à ce qui ne l’était pas. Je ne vais pas non plus crier mon histoire sur tous les toits. De toute manière, les gens se soucient très peu de connaître la vérité. Ils veulent une légende qui sort un petit peu de l’ordinaire et qui -surtout- leur convient parfaitement.

J’ai donc prit mon téléphone pour écrire ce bout de chronique. C’est plus productif que mon coup de poing dans son cul.

On ne soucie pas des regards des autres lorsqu’on a une très haute opinion de soi.

Dolorès – Part 3

« Je me sens comme un camé qui aurait sniffé les dernières railles de sa vie, avant de sauter du haut d’un pont.

Je suis assis sur le bord du pont de Choisy et je ne me pose plus qu’une seule question « vais-je enfin sauter le pas? ».

La réponse est dans un coin de ma tête. Je la connais. Je sais ce qu’il faut faire pour tout arrêter. Cette douleur doit s’arrêter.

La raison de mes maux ? Dolorès.

On a tendance à croire qu’avoir une aventure avec une femme plus âgée c’est le pied total, or c’est faux.

Sous son air de vierge effarouchée, Dolorès était la pire des salopes. Dans un lit ou dans la vie.

Dans un lit, c’était une toute autre femme. Elle suçait ma jeunesse sans en perdre une goute -idem pour mon sperme. Elle connaissait plein de trucs et nous faisait faire des folies. Je me suis surpris sur Google entrain d’essayer de trouver son nom dans la liste des auteurs qui ont écrit le Kamasutra. C’était d’un autre niveau.

Dans la vie, c’était la pire des garces aussi. Elle profitait du fait que je sois nouveau et que je ne connaissais personne dans le campus pour faire de moi son gigolo. Elle pouvait être sûre que notre histoire n’allait jamais s’ébruiter. Elle me tenait par les couilles.

Ce qui était surprenant aussi, c’était le fait que son mari ne nous dérangeait jamais. Je crois qu’il travaillait dans les finances, il était toujours en déplacement. Tant pis pour sa gueule !

Faire l’amour à une femme mûre est facile. La faire jouir est une autre paire de manches. C’était pas très compliqué au début. Certainement à cause de la sensation de la chaire fraîche. Mais au fil des semaines, elle devait changer les draps après chacun de nos passages. Je suais comme un porc et j’arrivais à peine à lui offrir un petit orgasme. J’ai dû perdre dix kilos en un mois.

Lorsqu’on fait beaucoup d’efforts pour une personne ou qu’on se sent utilisé par celle-ci, on finit toujours par avoir une certaine dépendance. Des semblants de sentiments. Je voulais toujours plus que ce que Dolorès voulait bien me donner. La vie hors de son lit me semblait fade au fur et à mesure que je restait loin d’elle. Les filles de mon âge ne me disait plus rien. C’est à peine si je les regardais. Je trainais ma bosse sur les bancs de la fac. En plus de ma jeunesse et de ma queue, Dolorès a finit par me sucer ma joie de vivre. « 

La distance ne signifie rien si tes yeux s’illuminent lorsqu’elle sourit.