Le temps d’une nuit

Amis de la poésie, bonjour. Plutôt bonsoir, même bonne matinée à vous. Il fait frisqué ici et l’horloge affiche pas d’heure. C’est le moment fatidique où les gens rentrent de soirées, d’autres enchainent avec un after et d’autres encore se lèvent pour charbonner comme les vieilles putes du capitalisme qu’elles sont.

Il n’y a rien à la télé. C’est l’heure où les chaines de télévision pour enfants mettent fin au générique de « Bonne nuit les petits » pour lancer les dessins animés débiles pour tout petits. Le genre de dessins animés qu’on aime voir lorsqu’on est trop défoncés pour chercher la télécommande. Je ne suis cependant pas défoncé. Mais je suis dans les vapes. Je m’en grille une dernière avant de me coucher, car j’aime bien m’en griller une après m’être fait bien baisé par la vie, tout au long de la journée.

Je contemple au delà de ma fenêtre. Les lumières qui scintillent au loin, la fraicheur du bon matin, l’air non contaminé par la populace polluante, le bruit des voitures solitaires au loin sur le périf’, le bruit des usines qui alimentent les premières machines. Le silence des idiots. Douce nuit, comme toutes les nuits. Comment font les gens pour arriver à dormir et passer devant une telle beauté ? Un tel moment de plénitude est à savourer en petite quantité comme une perfusion de morphine.

Je contemple la terre, les cieux, les dieux. Tout détail devient alors évident et riche de sens. Les anciennes goutes de pluie qui coulent le long du lampadaire pour venir mourir et se cracher au sol, les lumières lointaines des lampadaires de la ville qui brillent comme des milliers de briquets allumés dans un concert des Guns & Roses, le son du néant coupé par de vagues sons de voitures qui accélèrent sur des routes désertées par les mortels qui ronflent. La vie comme très peu la savourent.

Je jette un dernier coup d’œil à mon téléphone. Personne qui m’appelle. Personne à appeler. C’est sans doute tant mieux. Ce sont des moments de la vie que les paroles ne doivent pas venir polluer. Ce sont des moments de jouissances des petites choses que le monde nous offre et que la parole ne doit pas interrompre. Elle le dit souvent, je le comprend rarement, mais le silence est d’or. Parfois, il faut savoir se taire. Le silence vaut son pesant d’or.

La vie me traite aussi bien que j’ai traité les femmes que j’ai connu. Elle me charme avec son mystère, me fait part de son potentiel, me fait croire que je suis spécial, avant de m’enchainer sur mon lit, me baiser avec rage, jouir sur ma poitrine, s’essuyer dans mes draps et partir en me laissant planté là, me disant qu’elle va m’appeler, alors qu’elle n’a pas mon numéro et ne se souvient même pas de mon prénom.

Ce qui me réconforte, c’est de savoir que je ne suis pas le seul qu’elle a trainé dans la boue. Je réunis tous ceux qu’elle a malmené pour en parler et l’accuser de salope manipulatrice sans foi ni loi. Ça nous réconforte surement de savoir que le problème ne vient pas de nous. Alors on se fait un petit groupe de parole de sodomites anonymes, on se fait un petit cercle imaginaire, on fait tourner le joint et la bouteille et chacun fait part de son expérience avec la vie. On se rend vite compte qu’on est loin d’être les derniers au rayon des cœurs brisés.

J’aimerai vous dire que j’ai appris de mes erreurs, que chaque jour je fais un petit pas vers le bonheur. Mais il n’en est rien. Je suis aussi paumé que vous tous. J’aimerai prétendre avoir une quelconque réponse à vous apporter, mais je n’en ai pas. Du moins, j’en ai une ; personne ne détient la vérité dans ce bas monde, ni ailleurs. Chaque âme que vous croisez au quotidien est tout aussi perdue que vous l’êtes. Et celles qui font semblant d’avoir les clés de la chambre des secrets de la vie entre les mains sont encore plus perdues que le reste.

Faites ce qui vous semble bon, juste, ou faites de la merde si vous voulez. De toute manière, il n’y a ni bon ni mauvais, ces notions sont relatives. Il n’y a que le moment présent et ses répercutions. Aimez-vous les uns les autres. Vous n’avez pas autant de temps que vous le croyez.

Alger

Les vendredis d’Alger sont chauds, mais me font froid dans le dos. Le midi, il y a des odeurs de repas, de soupers qui envahissent les minuscules appartements des longs immeubles datant de l’époque coloniale. Le vendredi, on se laisse aller, on se lève tard, pour la plupart.

Parfois, on est réveillé par une pagaille semée au bas de la rue. D’autres fois, on est bercé par notre sommeil jusqu’aux premiers versets entonnés par l’imam de la plus proche mosquée. Les immeubles sont pratiquement collés les uns aux autres, souvent, on entend tout. C’est bonne chose que de parler bas, d’éviter de crier, malgré la frustration que peut générer la vie dans un espace aussi confiné. D’autres fois, on s’en cogne ! On laisse exprimer ses frustrations, on les rejette sur l’autre, peu importe si c’est vraiment sa faute.

Le midi, un noeud se tord dans le creux de mon ventre. Ce noeud vient serrer une grosse boule d’angoisse qui émane de l’atmosphère qui règne dans l’air. Les gens qui pullulent, se rassemblent, forment des groupes, vêtus de djellaba, munis de tapis de prières et marchant le long de la rue telle une armée pacifique, vers le même endroit. L’imam qui appuie sur le champignon, dresse le ton et augmente le volume de son micro. Ce mélange me fait remonter la boule d’angoisse jusqu’au fond de ma gorge, me donnant sensation de m’étouffer.

Peut-être que ce qui me crée cette sensation d’angoisse c’est les histoires que racontent ces mêmes rues, de décennies pas plus vieilles que moi, de personnes pas aussi différentes que celles qui viennent de passer sous mes yeux, mais qui à force de prier, de s’enfoncer dans la foi, de ne voir -façon de parler- que leur Dieu ont fini par se radicaliser, jusqu’à vouloir exterminer tous ceux qui ne les accompagnaient pas dans leur maudit chemin doré. Ces rues ont été trouées par beaucoup de balles, ont accueilli beaucoup de cadavres, absorbé beaucoup de sang à cause du fanatisme, de la religion.

Je croyais que les gens avaient retenu les leçons. Je croyais qu’Alger avait fait la paix avec elle-même. Car, Alger avait repris de belles couleurs au début du siècle. Elle avait renoué avec la vie. C’était devenu un lieu luxueux où venaient s’amuser les algériens les plus huppés. De grands noms de la musique électronique ont fait leur beurre dans les hôtels et boîtes de nuits d’Alger.

Malheureusement, les patrons d’en haut, ceux qui sont tellement haut dans la hiérarchie qu’ils se trouvent entre le soleil et l’arche de Dieu, ont jugé qu’il serait judicieux pour eux que de remettre la religion au devant de la scène, pour faire en sorte que la population se focalise sur la vie après la mort, oubliant ainsi la vie pendant la vie.

Fin

Je ne sais pas ce que je vais écrire dans cette nouvelle chronique. A vrai dire, je n’ai pas écris depuis des semaines, des mois, mon écriture est aussi rouillée que les poils pubiens d’une chatte de rouquine qui n’a jamais reçu la visite de personne.

Je suis coincé au quotidien. Pris en sandwich par le travail, les études et une sorcière qui me tiraille le cœur jusqu’à ne plus le faire battre. Je me sens pris en sandwich, comme une beurette dans un bukkake. Je travaille dur, comme un cheval de course, et tout ce qui me maintient en vie c’est la satisfaction de savoir que je finirai moi aussi par passer à l’abattoir. Je ne sais pas qui a décrété qu’un Homme avec un grand H était celui qui travaillait plus qu’il ne se reposait, celui qui travaille jusqu’à ne plus avoir le temps de pisser en s’essuyant la queue, laissant couler quelques goutes sur son calebard. Je maudis les capitalistes.

Je maudis cette femme aussi. Je maudis le jour où je l’ai connu. Je maudis chaque fois où j’ai dis quelque chose de drôle en sa présence, chaque fois que j’ai provoqué ce rire et ce sourire sur son visage, ces mêmes rire et sourire qui m’ont mis dans la situation où je suis aujourd’hui. Ce rire et ce sourire qui provoquent un sourire hébété sur mon visage et une accélération de mon rythme cardiaque, comme pour me dire que je suis foutu. Ce sourire qui me donne envie de prendre plus que ce que la vie a à me donner, plus que ce que la fille a à me donner. Ce rire qui me donne envie de te rejoindre dans ta solitude pour la partager avec toi, laisser mon cœur battre encore plus rapidement jusqu’à en mourir en te serrant dans mes bras.

Mais tout ce que je peux faire c’est te laisser respirer. Garder un oeil sur toi et espérer. Parce que le meilleur endroit que je connaisse est celui que tu t’es construit dans ta tête. Il arrive que tu m’y donnes accès, que tu me laisses y goûter et quel genre d’homme serai-je si je n’avais pas envie d’en avoir plus et d’y rester ? Alors je t’étouffe et te pousse à te recroqueviller dans ta solitude et on recommence la danse de la mort à nouveau.

A la fin, je me retrouve seul, délaissé par les personnes que j’ai délaissé pour toi. Plus personne n’a envie de se rapprocher de moi. Ils savent tous -et je sais aussi- que je vais finir par les décevoir ou les punir. Alors je les laisse partir, en espèrant ne pas les avoir trop blessés. Mais ils repartent fâchés car ils n’arrivent pas à comprendre ce que je peux te trouver.

Fin.

Paris – Bercy

Paris au mois de novembre. Il y avait une belle ambiance ce soir là. Des gamins faisaient la queue devant Bercy, entassés comme des sardines dans une boîte, pour assister à un concert. Rien que par la gueule des présents, j’ai pu deviné que c’était Lomepal. J’ai vérifié sur Google. C’était bien Lomepal.

Moi, je marchai à côté de cette fille qui me gâchait la vie. On faisait le tour du quartier, l’un à côté de l’autre, à se parler, se dire des choses que l’on savait déjà mais qu’on se répétait comme pour persuader l’autre que rien n’avait changé. Moi j’étais tiraillé; entre cette envie de me barrer, de refouler ce que je ressentais et de faire comme si cette femme n’avait jamais existé et l’envie de la tirer par Le Bras pour la retourner, l’embrasser et me perdre en elle.

Je crois que ma présence sur les lieux avait déjà tranché quant à ce que je voulais vraiment.

On s’est assis sur un banc et on parlait. Elle avait placé ses douces et petites mains sur sa bouche. Elle faisait ça pour que la buée émanant de sa bouche puisse réchauffer un tant soit peu ses doigts. Moi, je pensais plus qu’elle anticipait un raid de ma bouche sur la sienne. Je lui en ai fait part. Sans succès.

Elle a senti mon envie, mais ne voulait pas forcément y donner suite. Avant de me dire.

– Tu veux m’embrasser ?

– Bah oui.

– Vas-y fais-le. Me dit-elle, en me tendant la joue, la main sur sa bouche.

Ça m’a frustré. Mais je l’ai fais. Je l’ai embrassé sur la joue. Sa joue qui était aussi douce que si elle avait été enrobée d’une peau de bébé joufflu.

– Non. Embrasse-moi réellement, lui ai-je dis.

– Mais non. Le moment est mal choisi. Le lieu est mal choisi.

Quel ramassis de conneries. Il faisait froid, humide, mais sans pluie. On était assis dans un banc, entourés de verdure. A quelques mètres de nous, un manège fermé et des rats qui jouaient à chat, entre deux arbres. Ils cherchaient de quoi manger. Parfois, ils essayaient de s’approcher de nous. On les chassait avec des cris et des battements de talons sur le sol, juste avant de rigoler de ma phobie des rats. De la musique nous venait de loin, étouffée par les murs de la salle de Bercy. Un clodo dormait assis sur le banc d’à côté et les lumières de la ville scintillaient. On se croirait dans un film de Woody Allen, mais en plus réaliste.

J’ai donc continuer à insister. Elle faisait mine de se jeter à l’eau, puis se détournait au dernier moment dans un rire moqueur, sadique et satisfait. A chaque fois qu’elle se retournait, j’y croyais. Je me disais que cette fois était la bonne et mon cœur s’arrêtait de battre ou accélérait, je ne sais plus. Mais j’avais l’impression que plus rien ne fonctionnait dans mon organisme et que le temps s’arrêtait de couler.

Elle a finit par accepter que mes lèvres s’emparent des siennes. Elle s’est retourné pour que nos lèvres se rejoignent, j’ai senti sa lèvre supérieure frôler ma lèvre supérieure et au moment fatidique, elle s’est détournée en éclatant de rire. Ça m’a frustré !!! Je l’ai chopé avec mon bras autour de son cou. J’ai abaissé sa tête. Elle a éclater de rire et couvert sa bouche avec sa main pour ne pas me laisser faire. Elle était contente de me faire galérer. Je l’ai relâchée, tout en insistant pour qu’elle cède.

Au moment où j’ai cru que tout espoir était perdu, que mon envie d’elle ne sera jamais rassasiée, que nos lèvres ne seront jamais destinées à se retrouver et que la vie ne valait pas la peine d’être vécue, elle s’est retournée et m’a embrassé. Je crois qu’une partie de moi n’était pas prête pour autant de choc émotionnel. Je n’ai pas eu droit au « roulement de tambours ». Vous connaissez le roulement de tambour ? C’est le moment précédant le Baiser, où les deux personnes savent que leurs lèvres sont sur le point de se coller, mais ne peuvent rien faire pour les arrêter.

En y repensant, mon roulement de tambour avec cette fille a duré cinq ans. Cela fait cinq ans depuis la première fois que j’ai essayé de l’embrasser, mais qu’elle m’avait échappé pour courir le long des escaliers qui portent jusqu’à chez elle, un sourire moqueur au lèvres et moi qui la coursait derrière comme un klebar. Ce roulement de tambour a duré jusqu’au mois de novembre dernier. Cinq ans de frustration absolue pour quelques secondes de bonheur et de retrouvailles en terre promise. Je me souviens que lors de notre premier rendez-vous, elle m’avait dit que je ne l’embrasserai avant cinq ans. Je n’y croyais pas. Je pensais qu’elle voulait juste tâter à quel point j’étais sérieux la concernant. Aujourd’hui, Je défie quiconque de dire qu’elle avait eu tord.

On a fini par décoller nos fesses -et elle ses belles fesses- de ce banc glacé sur lequel on était assis. Au-delà de sa belle jupe et malgré ses bas soyeux, elle avait excessivement froid. Elle a donc plongé sa main dans ma poche et dans la mienne. On est redescendu le long du boulevard jusqu’à la bouche de métro pour que je rentre chez moi.

Le métro était déjà là.

– Embrasse-moi, lui ai-je dis, une dizaine de fois.

– Il y a du monde. Les gens nous regardent.

– Mais on s’en fou des gens. Embrasse moi.

– Mais tu vas rater ton métro…

« Biiiiiiiiip ».

Les portes du métro se ferment et les wagons se mettent en marche vers la prochaine station. Je ne me suis même pas retourné pour le voir. J’avais les yeux pétillants d’espoir, de désir et plongés dans les siens. Un sourire narquois au bout des lèvres.

– Embrasse-moi.

Voici qu’un autre métro fait son apparition. Ses portes s’ouvrent. Les gens défilaient.

– Embrasse-moi. On s’en fou du reste, embrasse-m…

Et là elle m’a chopé les lèvres avec les siennes, fermé la bouche avec la sienne. C’était un baiser bref, mais fougueux. C’était un mélange de délivrance et de tristesse. J’étais délivré de quelque chose qui me rongeait, mais j’étais triste car je savais que ça n’allait pas durer et que je n’aurai peut-être jamais l’occasion de regoûter ses belles lèvres à l’arôme sucré.

Et ça n’a pas tardé. A peine j’ai eu le temps d’apprécier ce qu’il se passait qu’elle avait déjà décollé ses lèvres des miennes pour commencer à courir vers l’escalator et monter. Le tout, un sourire moqueur et satisfait plaqué sur son visage. Et sur le mien aussi. J’ai hésité à la courser et lui courir après. J’ai donc rejoint la rame de métro et m’en suis allé en me disant que parfois, la vie valait vraiment la peine d’être vécue.

Le plus triste, c’est que j’ai tellement rêvé de cet instant, qu’aujourd’hui je ne sais plus si c’était un rêve ou la réalité.

Abracadabra

« Je parcours les événements marquants de cette année, comme des bouts de doigts qui parcourent la surface d’une peau d’une cuisse de femme dénudée. Je me remémore les souvenirs de cette année qui va bientôt s’écouler. Je dirais même de cette décennie qui va bientôt s’écouler. Il s’en est passé des choses. J’en ai connu des personnes, j’en ai passé des nuits blanches, j’en ai fumé du tabac, j’en ai bu de l’alcool, j’en ai tringlé des chattes, j’en ai séduit des femmes, j’en ai pris du bon temps…

Mais, BORDEL DE MERDE, à quoi ça sert ? Qu’est-ce que j’en ai à foutre si une belle fille, croisée dans la rue, s’arrête de parler à ses amies pour me reluquer ? Qu’est ce que j’en ai à foutre si une inconnue qui me demande le chemin me sourit à la fin, avec des yeux brillants et pétillants de désire ? Qu’est ce que j’en ai à foutre si une fille ou deux ou dix me parlent, dans le vague espoir de coucher avec moi ? Qu’est ce que j’en ai à foutre si une fille me désire ? Qu’est ce qu’un compliment d’une belle fille m’apporterait ? Qu’est ce que j’en ferai, des doux baisers d’une fille, aussi chaudes et humides soient ses lèvres ? Qu’est ce que j’en ai à foutre qu’une fille se déshabille pour moi, aussi belles et généreuses soient ses formes ? Mais qu’est ce que j’en ai à battre qu’une fille passe sa langue et ses lèvres sur ma queue, dans le vague espoir d’en faire jaillir un liquide séminale ? Qu’est ce que j’en ai foutre que de faire la bête à deux dos avec une fille, aussi bonne soit sa technique, aussi belle et étroite soit sa chatte ?

A quoi me servira tout cela ?

Il m’arrive de faire l’amour pendant des heures sans en perdre une goute. Ce n’est la faute de personne, mis à part moi. Ne vous arrive-t-il jamais de vous faire polir le Chinois par une belle fille et d’avoir la tête ailleurs ? Moi, ça m’arrive. Je pense aux dauphins et à la tache qui se trouve sur le plafond. Mais qu’est ce que j’en ai à foutre ?

Cela ne sert à rien. La seule personne à qui j’ai envie de faire l’amour, à qui j’ai envie de choper les lèvres avec mes dents avant de coller les miennes dessus, à qui j’ai envie de parler pendant des heures, des jours, des nuits, que j’ai envie de voir dormir pendant que je joue avec ses cheveux, à qui j’ai envie de plaire, la seule fille dont j’ai envie qu’elle me regarde avec un regard tendre, des yeux qui brillent et qui sont plein d’espoir, LA SEULE, ne veut pas en entendre davantage sur moi.

La seule femme au monde qui me fait perdre mes moyens rien que par sa présence, qui donne envie à mon cœur de sortir de ma cage thoracique rien qu’en voyant son prénom apparaître, me fait mouiller mon caleçon rien qu’avec le doux son de sa voix, me fait bander comme un taureau rien qu’en s’approchant de moi, ne veut plus rien avoir à faire avec moi

Donc, je fume, je bois et me couche à des heures tardives. Je noie mon chagrin dans des femmes, des clopes et de la musique. Je me dis qu’avec un peu de chance, mon cœur s’arrêtera de battre et je ne ressentirai plus tout ça. Je maudis les Dieux, je maudis les cieux. Je me demande ce que j’ai fais pour mériter de tomber amoureux. Pas que l’amour soit une mauvaise chose. L’amour donne de l’espoir et l’espoir fait vivre. Mais que se passe-t-il quand cet amour ne reçoit rien en retour ? L’espoir alors se meurt et la mort prend vie.  »

Lettre ouverte puis refermée.

« Tout a une fin dans la vie. Les coucheries d’une nuit, comme les histoires qui étaient censées durer toute une vie. Tout se crash à la fin. Car l’humain est plein de bonne volonté, mais ses actes ne suivent jamais.

Il me semble que les seules choses qui durent sont les souvenirs et les souffrances qui en découlent. L’amour n’est qu’une relation où deux sado-masochistes se font du mal à tour de rôle.

Les mots meurent, aussi sincères soient-ils, aussi bien que les promesses faites et les secrets partagés. Hier encore, ma non-conformité était mon atout principal. Elle te semblait être une putain de brise printanière dans une canicule du Sahara. Une brèche de lumière dans la grotte sombre qu’était ta vie. J’étais unique. Ce sont tes mots. J’étais unique. Aujourd’hui, ma non-conformité est devenue une tare. Le fait que je nage contre courant te semble aussi séduisant que des algues dans mon caleçon.

Tu aimerais que je laisse mes rêves mourir, comme tu l’as fais pour les sentiments que t’avais pour moi. Tu aimerais que je sois un homme exemplaire, qui dort à vingt deux heures et se lève à l’aube pour aller charbonner et remplir les fouilles d’un patron qui ne sera jamais reconnaissant et qui me jettera des miettes pour me maintenir en vie, assez pour que je continue de bosser pour lui. Mais pas assez pour être heureux. Pourtant, avant, le fait que je ne rentrai pas dans le rang était ce que t’aimais le plus. Il n’y a-t-il donc aucune constance dans cette vie de chien ?

Mais ce n’est rien. T’as certainement raison. Je dois tuer mes rêves avant qu’ils ne me tuent. Je les exécute avec froideur, tel un Hitman payé pour le faire. Je les regarde mourir. Je refoule les sentiments que j’ai pour toi. Je m’éloigne de toi avant de te voir toi-même t’éloigner. Je choisis de me briser le cœur plutôt que de le laisser se morfondre de douleurs entre tes douces et petites mains de fée.

Je brûle mes écrits te concernant. Du coup, je brûle tout ce que j’ai jamais écris dans ma vie. Car tout ce que j’écris est soit pour toi, à propos de toi ou une tentative désespérée de provoquer quelque chose en toi.

Je tue mes rêves avant qu’ils ne me tuent. Je tue cette envie irrépressible de me jeter sur toi dés lors que je te vois. Je tue cette envie de t’écrire même à des heures tardives de la nuit, pour parler de tout et de n’importe quoi. Je tue mon envie de te voir, de te prendre dans mes bras, de rigoler avec toi, de te faire des blagues que t’es la seule à comprendre, d’écouter du Brassens passer dans ta chambre lorsque je te parle au téléphone et de t’écouter dormir pendant que je veille sur toi.

Je tue tout ça. Mais qu’est-ce qui en restera ? Quelque chose qui ne me ressemble pas et qui n’a rien à avoir avec moi. Tu ne m’as pas aimé avant. Tu crois vraiment que si je fais ça, si je tuais tout ce qui faisait que j’étais MOI, tu m’aimeras ? »

La Défense

« J’arrive, je ne suis plus très loin. Ma cousine m’a retardée ».

Eh nique ta cousine ! Je n’ai bien évidemment pas écris ça, mais je le pensais fort. On avait beau être aux débuts du mois de septembre, il y avait un vent frais qui soufflait et qui me donnait froid. J’ai encore fais les cent pas. J’ai monté tout le long des marches. J’ai vu ce qui se produisait de l’autre côté de l’arc de la défense, en passant outre le petit labyrinthe vitré. Il n’y avait rien, mis à part des immeubles à perte de vu et un beau couché de soleil. On touchait aux vingt-deux heures. La nuit allait bientôt tomber.

Et elle a fini par tomber. Les lumières se sont allumés. La fatigue commençait à avoir raison de moi. Je tripote mon téléphone. Je lui envoie un autre message. Elle me dit qu’elle y est. Mais, c’est grand la défense et je suis nouveau ici, je ne connais pas le coin.

– T’es où ? Lui dis-je.

– Je suis devant le grand chiffre 4 des Quatre Temps.

Je marche très vite pour rejoindre ce fameux chiffre quatre. Mais je m’aperçois qu’il y en a deux. Deux chiffres posés à côté des deux escalators qui mènent vers l’entrée du centre commercial. Deux gigantesques chiffres quatre lumineux, aussi lumineux qu’une enceinte de bordel. Je regarde tout autour, elle n’y est pas. Je l’appelle. Elle répond.

– Mais t’es où ? Je commençais à crier de frustration.

– Je suis devant le chiffre quatre des Quatre Temps. Me répond-t-elle.

– Mais j’y suis.

– J’y suis aussi. Il y en a deux et je te vois devant aucun des deux.

A ce moment-là, je me rends compte qu’il n’y a pas que deux chiffres quatre. Il y en a un autre, à une centaine de mètres de là, juste à côté de la boutique Sephora. J’y vais, tout en restant collé à mon téléphone.  Je cours en marchant. J’arrive devant le chiffre quatre. Il était encore plus grand que les deux autres. Je me mets à côté, le téléphone collé à mon oreille. Je commence à être frustré.

– J’y suis. T’es où, toi ?

– Je te vois.

– Mais, moi je ne te vois pas.

– Pourtant, moi, je te vois.

Connard que je suis, j’ai oublié à quel point ce genre de jeux sadiques pouvait l’exciter.

– Tourne ta tête un petit peu vers la droite, tu devrais me voir.

– Attends… Tu n’es pas la dame qui traîne une poussette avec un gosse ignoble qui n’arrête pas de crier, hein ? Rassures-moi !

– Non, encore à droite.

– Bah, je ne vois pas grand-chose. En tout cas, rien qui ne ressemble à toi… Il y a deux mecs assis sur un banc et des buissons, juste derrière eux… C’est toi, là ? Dans les buissons ?

Elle éclate de rire, elle raccroche et commence à courir. Je prends le téléphone dans ma main droite et commence à courir aussi. A lui courir après. Ce qui résume bien notre putain d’histoire. On était là, à courir en plein milieu de la grande cour de la défense comme des gosses de six ans. Pas pratique de courir avec des bottes, un jean remonté jusqu’aux chevilles, une chemise sortie et un blouson en cuir. Mais je courrais. Je prévoyais enfin la lumière au bout du tunnel, même s’il faisait noir à ce moment-là. Mais à un moment, je la perds de vue. Je regarde à gauche, à droite. Rien. Des personnes se défilent, mais rien qui pouvait lui ressembler. Je la rappelle.

– Tu ne m’as pas eue ! Me dit-elle, d’un air moqueur.

– T’es où encore ? Je suis au bord de la crise de nerfs.

– Comment as-tu pu me perdre de vue ? Tes pieds font le double de la taille des miens.

– Bah, il fait noir. Puis, il y a quand même pas mal de monde. Aller, t’es où ?

– Regarde à gauche.

Elle était là. Assise, le téléphone à la main, le sourire aux lèvres. Elle était belle. Aussi belle que dans mes souvenirs. Plus belle que sur les photos dans lesquelles j’étais obligé de la voir pendant les quatre-cent douze jours précédents. Elle avait de très belles bottes, elle aussi. Elle avait un beau jean moulant qui mettait ses belles courbes en valeur, un pull en laine vert et un mini-sac marron, qui allait bien avec ses bottes. Elle était belle. Je me suis dirigé vers elle, je souriais comme un trisomique tout juste content d’être en vie. J’étais aux anges. J’avais l’impression que je touchais enfin du doigt la récompense qui venait effacer toutes les souffrances que j’avais du enduré; les nuits blanches passées à lui parler, tous les jours où j’ai été obligé de vivre à plus de mile quatre-cent kilomètres d’elle, toutes les fois où on s’est disputé et que j’ai senti mon cœur se déchirer, toutes les filles avec qui ça n’a pas marché parce qu’elles ne pouvaient pas l’égaler, tous les mois où elle était en couple alors que je commençais à l’aimer… Toutes ces choses commençaient doucement par s’effacer, supprimées par ce sentiment de satisfaction et de joie qui s’emparaient de moi.

Blanche

Le bus de nuit. Le cycle de la vie. Exténué, j’avais une douleur dans le bas du dos qui me gagnait. Je ne sais pas si c’était le banc de l’arrêt de bus qui n’était pas du tout ergonomique -conçu spécialement pour que les clochards ne dorment pas dessus- ou si c’était dû aux heures de boulot que je venais d’enchainer. Je me met une cigarette au bec, avant de l’allumer et d’inhaler la douce odeur de la mort.

On ne travaille pas tous pour les mêmes raisons. Certains ne travaillent même pas. Je ne sais pas comment est-ce qu’ils font. Tout ce qu’ils ont à gérer pendant leur année c’est les cours, le cul et les raclettes. Je ne suis même pas sûr qu’ils lavent leur vaisselle en rentrant chez eux. Si jamais l’envie les prend d’aller travailler, c’est souvent des boulots où tu n’as pas à bouger le petit doigt et ils le font soit pour s’acheter des vêtements hors de prix, des téléphones plus chers que mon salaire ou des vacances à l’autre bout du monde.

On ne travaille pas tous pour les mêmes raisons, je vous dis. Moi, si je ne travaille pas, je risque de passer la nuit dans la rue avec un trou béant dans l’estomac. Quoique, même lorsque je travaille, je me retrouve souvent avec un ventre vide, des muscles flasques et des cernes jusqu’aux couilles. Heureusement que j’ai mes cigarettes. Mes bonnes vieilles clopes qui me réchauffent les doigts, me coupent l’appétit et me brouillent l’esprit. Ça m’empêche de trop penser, de faire ce que j’ai à faire, machinalement -comme un bourreau du KGB- de faire mon travail, de bosser, sans trop y penser, comme un esclave des temps modernes. Travailler sans en jouir. Ne plus voir la lumière du jour, ni avoir la possibilité de se poser sur une terrasse de café, se prendre une bière et discuter jusqu’à la nuit tombée. Poser ses fesses sur de l’herbe, dans un jardin public, fumer une clope en sirotant une cannette de je ne sais quoi, sans se soucier du temps qui passe. Fini ces privilèges. On n’a même plus le temps de se poser chez soi, de prendre un Bukowski au bouts de ses doigts et de faire glisser les pages jusqu’à s’endormir, le livre ouvert sur notre poitrine.

Fini ce temps-là. Maintenant, je n’ai plus le temps de finir ma cigarette que je dois l’écraser, car le bus est déjà là. Je n’ai même pas fini d’écouter mon morceau préféré que je dois l’arrêter, car le bus est déjà arrivé à destination. Et chez moi, je n’ai même pas le temps de me sécher en sortant de ma douche, car mon repas devient froid. Je n’ai même pas le temps de jouir de ma branlette que le sommeil pointe déjà le bout de son nez. Et je n’ai même pas le temps de profiter de mon sommeil que le réveil du lendemain commence déjà à sonner.

Raw – Part 2

« La lumière dans ma chambre était tamisée. On avait droit à de petits extraits de lumière qu’offrait ma veilleuse de bureau, qui me sert d’habitude à étudier. Il faisait à peine nuit. Il faisait chaud aussi. J’étais assis sur mon lit. Elle s’hydratait le gosier, tout en faisant les cent pas, à côté de moi. Elle me parlait, mais j’étais distrait. Je regardais ses courbes, son visage, son sourire, ses mains…

Soudain, J’ai glissais ma main entre son jean et sa culotte. Je l’ai chopée par la ceinture. Je l’ai attirée vers moi. Elle s’est mise sur mes genoux. Elle me fixait du regard brièvement, timidement, puis détournait son regard sur un rien du tout. J’ai enfourché mon pouce et mon index dans ses joues. J’ai redressé son visage face à moi et je l’ai embrassé. Elle m’a rendu le baiser, pendant quelques instants. Et entre temps, j’ai fais passer mes deux mains entre son pull et sa peau. Je les ai glisser le long de son dos. Je sentais la douceur et le froid de sa peau sur mes mains. Elle a retiré ses lunettes. Je lui ai retiré son pull. Je l’ai embrassé encore, avant d’embrasser ses seins cachés d’un soutif noir. Je l’ai d’ailleurs retiré. Je les ai encore une fois embrassé, puis mordillé, avant de la retourner et de la faire tomber sur le lit.

Je me suis mis au dessus d’elle, entre ses jambes. Je l’ai embrassé, puis commençais à descendre le long de son corps en embrassant son cou, puis son torse, puis son ventre, puis son bas ventre, jusqu’à me confronter à son jean, que j’ai déboutonné et fait glisser. J’ai embrassé son con par dessus sa culotte en dentelle. Son con était mouillé. Je ne pensais pas qu’il le serait autant. J’ai écarté sa culotte sur le côté. Elle était mal rasée. Du moins, les poils repaissaient. C’était parfait. La partie intime d’une femme est toujours parfaite, tant qu’elle est propre, peu importe sa pilosité. J’ai fais glisser ma langue le long de ses lèvres, de bas en haut. J’en ai effleuré son clito. Elle a gémit. J’ai fini par retiré sa petite culotte et je l’ai jeté à côté du lit.

Cette fois-ci, je me suis moi aussi déshabillé. Je ne portais plus que des chaussettes grises. Je me suis encore une fois remis au dessus d’elle et commençais à l’embrasser. Je l’embrassais -elle avait les lèvres fines et juteuses- tout en passant ma main entre ses jambes. Je l’embrassais en lui caressant son con qui n’arrêtait pas de mouiller. Je titillais son clito. Je le sentais sur mon doigt, tandis que les quartes autres doigts ressentaient des picotements venus de ses poils pubiens.

– Fais-le. M’a-t-elle dit.

– T’es sérieuse ? Tu veux vraiment que je le fasse ?

– Oui. Ça fait des mois que je te le dis. C’est toi qui hésite. Fais-le. Dépucèle-moi.

J’étais encore hésitant, mais j’en avais marre de faire l’amour avec elle sans jamais la pénétrer. Ce soir-là, j’avais envie de donner de gros coups de reins et de finir la soirée lessivé et la bite ensanglantée. Mais faire perdre sa virginité à une femme est une grosse responsabilité -du moins, si on n’est pas un connard fini- et on ne sait jamais à quoi s’attendre, c’est une chose que l’on apprend nul part; ni à l’école, ni dans la rue, ni à la maison. C’est un truc qu’on apprend dans le feu de l’action.

J’ai d’abord penser à le faire avec ma main -pour ne pas lui faire mal. J’ai donc inséré mon index et mon majeur -comme un Twix- mais elle a sursauté. J’ai pensé « mauvaise idée ». J’ai mis un caoutchouc à ma queue. J’ai retenu ses jambes avec mes bras, je les ai soulevées et écartées. J’ai inséré ma queue entre ses douces lèvres, qui n’avaient jusqu’ici jamais reçu la visite de personne, et je me suis encore confronté à son hymen. Elle a encore sursauté et crié. Je me suis rapproché de son visage pour l’embrasser, mes bras ont soulevé ses jambes encore plus haut vers ses épaules. Je l’ai embrassé et donné un bon coup de rein. Sec et rapide. Elle a fait « Ah » en me fixant du regard. Elle avait l’air surprise et anxieuse.

De mon côté, malgré la capote qui me recouvrait, je ressentais le sang couler autour de ma queue. »

Amy – Part 4

Méchant est le destin. Cruelle est la vie. Je ne pense pas que le karma existe et si tel est le cas, je n’y ai jamais goûté. Toutes les larmes que jadis, j’ai eu à verser n’avaient aucun rapport avec le mal que j’avais fais. Tiens, je ne compte plus le nombre de femmes que j’ai fais pleurer, pourtant la dernière fois que j’ai versé une larme, François Hollande était encore à l’Elysée.

Mais, passons. On n’est pas ici pour parler de ma capacité ou non à pleurer. Je ne pense pas que l’on paye le mal que l’on a fait. Sauf conséquences directes, cela ne titille pas trop le sort de notre vie. Malheureusement, toutes mes conneries ont eu une répercussion directe sur mon histoire avec Amy.

Je n’ai pas été sage cette année. J’ai butiné. J’ai flâné, d’une rose à une autre, comme une abeille au crépuscule de l’été. J’avais le cœur en miettes. Mon esprit devait s’évader. Je croyais que si je fourrais ma tête entre les jambes d’autres femmes, je parviendrai à oublier celle qui ne m’a jamais aimé. J’avais tord.

Mais, j’ai tout de même continuer. Ces femmes me plaisaient, certes. Mais pas plus qu’une musique que l’on apprécie, mais qui nous soule au bout de la troisième lecture. Mais dès lors qu’une femme me montre de l’intérêt, qui suis-je pour la repousser ?

Amy, par contre, n’avait rien d’un tube Billboard -qui nous donne envie de nous couper les oreilles dès la troisième écoute. Amy ressemblait à un vinyl de Smooth Jazz. Le genre de disque qui, rien qu’à sa couverture, nous donnait envie de nous vautrer sur notre canapé, un plaid chaud sur nos cuisses, un verre de vin à portée de main, une cigarette dans l’autre et de l’écouter en boucle jusqu’à ne plus avoir de contact avec la réalité.

J’ai passé l’année à essayer de l’approcher. Sans pour autant forcer. Je ne crois en rien de mystique, mais j’aime bien lorsque le destin entre en action. Je sens que l’univers me donne sa baraka et ça m’encourage à foncer tête baissée. Pas cette fois-ci. L’univers m’a tendu très peu de perches. Celles d’entre elles que j’ai essayé de saisir se sont toutes cassées, telle une canne à pêche qui tiendrait un gros poisson à son fil, mais qui aurait été mal manipulée. J’ai sombré.

Je ne peux lui en vouloir. Je comprend qu’elle ai eu peur de m’approcher. Même moi, lorsque j’ai entendu les rumeurs qui circulaient me concernant, j’ai eu peur de moi-même. La nuit, j’avais peur de dormir seul… avec moi-même. C’est dire.

De toute manière, c’est râpé. L’année s’est terminée, et comme la plupart des personnes qui ont été avec moi cette année, Amy s’est barrée. Ça m’attriste quand je vais à la fac, que je marche à Mont-Saint-Aignan, ou que je prend le F2 tout en sachant que je ne la croiserai pas. Ça tue l’excitation au quotidien. Un homme a besoin d’espoir.

Un homme a besoin de croire en quelque chose pour se lever le matin et aller charbonner. Que reste t’il à un homme, s’il n’a plus la moindre chance de croiser la femme qu’il convoite, au coin d’une rue, et de l’aborder ? QUE LUI RESTE T’IL ?

Mais la vie est faite de surprises. Donc qui sait ? Un jour, peut-être, Amy…