Tinder – Part 2

J’arrive chez elle, une demi molle entre les jambes. Je l’appelle, une fois devant la porte.

– Allô ! C’est votre commande Uber Bite. Je suis en bas.

Elle n’a pas du comprendre -à moins que la blague soit nulle à chier.

Elle m’ouvre la porte. Habillée d’un shorty, bien trop moulant pour ses belles fesses, et d’un haut à bretelles sans soutif, qui laisse couler ses énormes seins le long de sa poitrine.

Elle m’invite à entrer. Dans un studio Airbnb très stylé. Je pose mes affaires. On s’assoit sur le lit, je lui tiens le menton et l’approche de moi avant de coller mes lèvres aux siennes. Il faut briser la glace avant qu’un doute s’installe. Elles se collent, s’entrelacent et s’échangent des fluides. Ma demi molle décolle.

Je lui plaque l’arrière du crâne sur le lit, mes lèvres scotchées aux siennes, ma main gauche se baladant le long de son dos. Ma main droite se joint à la gauche, griffant à moitié le cuire de sa peau. Je descend mes lèvres et ma langue le long de son cou, le mordant à des moments, avant de m’installer au niveau de ses seins, que je tête comme si du lait allait en sortir.

Je lui retire son haut, juste avant de retirer le mien. Je lui embrasse le ventre, mes mains tenant sa taille, puis ses seins. Je ressentais son excitation, mais aussi son envie d’avoir plus. Je lui retire alors son shorty. Elle ne portait rien en dessous. Il n’y avait qu’une grosse touffe de poils pubiens.

Je mets mes doigts dessus. Puis je mets ma bouche dessus. J’y vais délicatement, alternant mon pouce et le bout de ma langue. Mes bras entourant ses jambes, pour les garder ouvertes, ma langue qui sort de sa timidité pour donner de longs coups de fouet à son clitoris.

Elle avait un corps adorable. Aussi adorable que son visage. Une simplicité bien complexe s’en dégager. Une peau bronzée ponctuée de petits tatouages bien atypiques. Elle semblait libre et dégageait de la bonté. Cela me donnait envie de continuer à lui machouiller délicatement le clitoris pour le faire vibrer. Ses jambes commençaient à vibrer. Mes doigts reprenaient le relais et accéléraient le mouvement.

Mes yeux fixaient les siens. Nos regards pleins de désir. Mon pouce tenant son clito en lui faisant faire des mouvements circulaires. Son cœur s’accélère. Puis m’arrête.

Elle m’arrête une fois. Me demande de l’embrasser, de mettre un caoutchouc autour de ma queue et de la pénétrer.

Je m’exécute. Qui suis-je pour refuser ?

Ma demi molle est revenue à l’attaque. Le caoutchouc n’a pas aidé à faire couler plus de sang. Je commence à tendrement la pénétrer, faisant des aller-retour en perçant sa forêt, avec mes lèvres collées aux siennes, tandis que ses ongles traçaient des schémas incompris sur mon dos.

Sa beauté me touchait. Sa douceur également. Mon pénis ne suivait pas mes envies comme je le voudrais. Mon érection n’était pas à la hauteur de mon excitation.

J’ai voulu recharger mes batteries en plaçant ma tête entre ses jambes et ma langue sur son bouton rose, ça faisait effet, ça faisait accélérer ses battements de cœur. Puis quand ça montait, elle m’a encore une fois arrêté. Un sourire malicieux dressé sur son visage, me disant « non, je vais jouir quand j’en aurais envie ».

Ma queue ne répondait plus. Je me suis arrêté.

Je continuait à la caresser, pendant qu’on papotait. On commençait enfin à apprendre des choses basiques l’un sur l’autre. J’adorais son sourire. Il était plein d’innocence.

Elle m’a raconté des bouts de sa vie. C’était vachement intéressant. Elle a sillonné le pays, en vivant la vie comme elle l’a souhaité. Elle a chopé la vie par les fesses et n’a pas hésité à la pénétrer. J’ai aimé. Elle m’a expliquait la signification de ses tatouages. J’étais captivé. Entre deux blagues, on s’échangeait des baisers.

On peut avoir une relation purement sexuelle avec quelqu’un et pour autant parvenir à apprécier et respecter la personne.

On a grillé des cigarettes, un verre de vin à la main. Je ne sais plus ce que moi je lui ai raconté. De toute manière je raconte rarement autre chose que la vérité. On était nus comme des vers, à ricaner de kps anecdotes.

Je lui ensuite demander si elle voulait un massage, elle était partante.

Je me suis alors exécuté. Elle s’est allongé sur le ventre, j’ai passé mes mains le long de ses épaules et de son dos, faisant des vas et viens, passant la paume de mes mains le long de son corps pour lui faire du bien.

J’ai fini par arriver à ses fesses. Elles étaient d’une beauté divine. J’ai passé mes mains dessus, je les ai tiré, dilaté, puis mis ma bouche entre elles et les ai bouffé. Ça l’a excité. Ça m’a excité. J’ai bandé comme jamais et j’ai fait circuler ma queue entre ses fesses, sans la pénétrer.

J’ai rapprocher ma tête de la sienne et l’ai entendu me dire, du désir enrobant ses dires « pénétre moi ».

– Sans capote ? Lui ai-je dit.

– Oui.

J’ai glissé ma queue entre ses lèvres et j’ai ressenti l’humidité et la chaleur de celles-ci.

J’ai progressivement augmenter la cadence de mes mouvements, lui murmurant des insanités au creu de son oreille, son visage à moitié enseveli dans me coussin, ses yeux fermés, attentive à ses sentiments.

J’ai continuer à ramoner quelques minutes, avant de me retirer et d’envoyer la purée sur ses belles fesses pour les saloper.

Je l’ai essuyé. On s’est embrassé. On a vaguement papoter pendant que je m’habillais. Elle m’a raccompagné à la porte, m’a embrassé une dernière fois et je ne l’ai plus revu de ma vie.

Je crois qu’il m’est impossible de ressentir de l’excitation envers quelqu’un que je ne connais pas. Il a suffit qu’on échange pendant quelques minutes sur qui nous sommes pour que ma queue remarche à nouveau.

On dit souvent que l’orgasme ou le sexe, de manière générale, est très cérébrale chez les femmes. Peut-être que moi aussi je suis une meuf du coup !

Tinder

Cela faisait longtemps que je n’avais pas rencontré quelqu’un d’intéressant sur Tinder. Cette fille semblait sortir du lot.

Elle était mignonne comme un chiot qui tire la langue en souriant. Elle avait des tatouages qui transperçaient ses bas. Un style gothique qui titille mes instincts. Une appétence pour l’alcool qui me laisse admiratif.

Je l’ai raccompagné jusqu’à chez elle, après un premier date calme et tranquille. Je sentais presque que je l’ennuyais et que je m’ennuyais. Je l’ai raccompagnée au pied de son immeuble et juste avant de partir, je l’ai chopé par le col de sa chemise pour l’attirer vers moi. Il faut toujours faire 60 à 80 pourcent (maximum) de chemin quand tu veux embrasser une fille, puis la laisser remplir l’espace qui vous sépare.

Enfin, faites comme vous voulez. Moi, c’est comme ça que je fais. J’ai besoin de tater l’envie de l’autre, sinon la mienne n’existe plus.

Elle a donc fais le quart du chemin. C’était doux, c’était divin. Ses lèvres fines et aromatisées à la bière blonde et au gloss collaient les miennes à la perfection. Tellement que ce moment a duré longtemps. Des chats errants passaient sur le trottoir d’en face, ils faisaient leur vie, tandis qu’on faisait la nôtre.

Je l’ai collé à la vitre du hall de son immeuble, j’ai retenu sa main gauche, la collant à la vitre, avec ma main droite, pendant que ma main gauche saisissait délicatement et légèrement violemment sa gorge.

Après une bonne dizaine de minutes à se galoche comme des ados boutonneux, je lui demandes « tu veux que je te raccompagne pour te border ? ». Elle a affiché un sourire hésitant, avant de me répondre « Non… Ce sera pour une prochaine fois ».

Je l’ai embrassé une dernière fois, puis senti mes doigts se décoller des siens au moment où je partais.

J’ai pris mon téléphone, cela faisait quelques heures que je n’y avais pas jeté un œil.

Parmi les dizaines de notifications, une avait attiré mon attention.

TINDER : Vous avez un nouveau match ! 😍😍

Sympa. Je scrute le profil en marchant vers chez moi, me rendant compte que c’est une nana que je voulais vraiment matcher. Il n’y a rien de plus beau qu’une femme qui n’a envie que de quelques centimètres, sans prise de tête, et qui l’affiche clairement dans sa bio. J’ai un profond respect pour ces reines.

Je démarre la conversation en lui disant que pour le fait de la faire rire (ce qu’elle cherchait) c’était sûrement fait avec ma bio.

– Pour le fait de te faire rire, je crois que ça a déjà été fait par ma bio, non? Lui ai-je dit.

– En effet. J’espère que c’était de l’humour, parce que je ne suis pas fan des gorges profondes et je n’ai pas d’âme. A-t-elle répondu. Le seul point commun qu’on ait, c’est qu’on ne veut pas d’enfants, donc la capote sera le ciment de notre union… Oups ! J’ai peut-être été trop rapide… A-t-elle ajouté.

– Ce n’est pas grave. Ai-je répondu. Je ne sors jamais sans parapluie. Puis, ce n’est pas grave si t’as été trop rapide, moi je te promets de bien prendre mon temps. Les points communs, c’est rien. Ce que tu dégages m’inspire, je suis curieux de savoir si tu m’inspirera jusqu’à l’aspirer, quand on se verra. Ai-je rajouter.

– Je pense que tu ne seras pas déçu du voyage.

– La bande annonce me plaît. Mais c’est pour quand la date de sortie plein écran ?

– Tu peux décider d’une date pour une avant première. A-t-elle répondu.

– Je suis en congés, donc assez flexible. Pour les dates aussi.

– Parfait. A-t-elle dit.

– T’habites où?

– Je suis dans un Airbnb vers place Cauchoise.

– Ah! Tu veux dire que je peux être chez toi en moins de 10 minutes ? Ai-je rétorqué.

– Oh! de toute façon je t’attends. Je ne compte pas m’enfuir.

– Parfait! Une adresse et un numéro de téléphone ?

– 27 rue des bons enfants, Rouen. 0626505819.

– Ah mais c’est à côté de chez moi. Je suis là dans 5 minutes.

– Non, viens dans 10 minutes quand même.

À suivre…

2023

Mon année 2023 avait commencé avec un décès.

Pas n’importe lequel. C’était l’une, si ce n’est la personne la plus importante de ma vie. Je n’avais même pas la force, les moyens et la possibilité de l’accompagner dans ses derniers soupirs. Sept jours après le début de l’année, ce décès est venu me frapper de plein fouet.

J’avais le choix entre jeter à l’eau les sacrifices qui ont fait que cela faisait quatre ans que je ne l’avais pas vu, pour aller le voir sans vie entre quatre planches, ou alors continuer à aller de l’avant en faisant en sorte que mes sacrifices ne soient pas vains.

J’ai choisi la deuxième option.

Mais avant de lui dire adieu, j’avais d’abord dit adieu à « une amie ». Celle-ci, au moment où mon cœur et mon esprit étaient dirigés vers celui qui était entre la vie et la mort, n’a rien trouver de mieux que de venir me dire à quel point ma musique est horrible et que je devrais arrêter de chanter. Sans que je ne lui ai rien demandé. Ni à elle, ni à personne d’autre d’ailleurs.

Je partage ma musique en ligne, mais je n’insiste personne à aller écouter. Les gens sont libres d’ignorer ce que je fais.

Lui dire cela ne l’a pas découragé, elle a donc continuer à me répéter à quel point ma voix est horrible et que je devais me contenter d’utiliser ma langue sur des clitos plutôt sur un micro.

Je n’ai pu m’empêcher de l’insulter de tous les noms et de la bloquer de partout. Je ne pouvais supporter ça.

Le temps passe, le deuil se fait, les cicatrices se voient encore, mais ne font plus aussi mal. Les plaies ne se refermeront jamais, mais on peut toujours continuer à espérer.

Viens le printemps. Le soleil brille, commence à me grater la peau. Les oiseaux chantent et leur son me fait mal aux os. C’est là qu’on s’est retrouvé, encore une fois. L’amour nous sépare toujours. Pas celui qu’elle a envers moi, mais celui qu’elle a pour les autres. Chaque relation qu’elle entreprend signifie la mise en coffin de la nôtre.

Elle était de retour et pour la première fois, elle a fait le déplacement jusqu’à chez moi. Découvrant la capitale de la Normandie, appréciant son calme et sa folie. Ses jolis paysages, ses matins rafraîchissants et ses douces nuits.

C’était un week-end d’amour, mélangeant amitié et plus encore. J’en ai déjà parlé dans une autre chronique, mais la fin me semble tellement familière qu’elle n’est plus -à mes yeux- tragique. L’amour revient, me la prend. Elle coupe les ponts ayant trouvé le bonheur aux bras d’un autre. Notre danse de la mort reprend de plus belle.

Viens l’été. Le semblant de liberté. Un diplôme décroché. Une énorme fierté. Mon sacrifice n’a pas été vain. C’est là que je l’ai rencontré.

Une femme qui avait tout de fatale. Belle, pulpeuses, intelligente, drôle et avec un sourire qui transperce les âmes. On était tous les deux à la recherche d’une aventure sans lendemain, pourtant quand on s’est rencontré, on s’est perdu.

Son âme était si profonde que je voulais y plonger et m’y noyer. Le sexe n’était plus aussi primordial. Je pouvais m’en passer. On pouvait s’en passer. C’était la discussion, la conversation, la personne. Le moment et l’instant. Une sorte de reflet. Quelque chose qui ne était pas arrivé depuis des années.

Alors on a tiré le frein, se voyant sans se prendre la tête, mais sans que nos langues se touchent ou que l’ambiguïté s’installe. C’était reposant. Rafraîchissant.

Mais c’était sans compter son nouvel amant, qui n’appréciait guère notre complicité. J’ai du froisser mon cœur et me retirer. J’avoue que j’en douille encore. Quand j’y pense, mon cœur se resserre.

C’est là que l’automne est apparu. Avec lui une amitié qui se consolidait, avec l’ex meilleure amie de mon ex. Cela faisait des années qu’on se connaissait. Mais seulement quelques mois qu’on s’était vraiment rapprochés. Cette relation ressemblait à celle précédemment énumérée. C’était mon havre de paix, mes moments de partage, que cela soit au niveau matériel, temporel ou psychique.

Mais un peu comme la précédente, l’amour d’un autre était suffisant pour m’écarter. Pourtant, là encore, je ne pense pas qu’il y avait place à de l’ambiguïté.

Suis-je condamné à n’aimer que des femmes qui ne m’aimeront jamais ? Bordel de dieu, mais qu’est-ce que j’en sais ?

Viens alors l’hiver, la saison où on resserre les liens pour se réchauffer, je l’ai donc invité.

Qui ça ? Bah, c’est une autre. Une autre amie, qui m’avait offert un très beau cadeau d’anniversaire en 2021. Un beau casque professionnel pour faire de la musique, que je n’ai jamais reçu. J’y étais suspendu. Comme si je devais montrer patte blanche à chaque fin du mois, comme pour prouver la sincérité de mon amitié. Comme si celle-ci n’avait pas été, à maintes reprises, prouvée et éprouvée.

Dans mon invitation, celle-ci m’a promis de le ramener cette fois-ci, j’étais content. Doublement content. Le week-end c’est très bien passé. On a parlé, mangé, rigolé. C’était à l’accoutumé. À son départ, elle me fait ce qui allait définitivement me briser, me demandant de lui prêter le casque qu’elle ne m’a toujours pas donné. Face à son insistance, j’ai cédé. Elle avait promis de revenir, deux jours après, pour me le donner.

Deux jours après, elle était effectivement revenue. Elle m’avait appelé pour que je puisse la dépanner. Je l’ai fait. Je l’ai rappelé en fin de journée pour se capter et aucune réponse ne m’a été donnée. Quelle cloche.

L’année vient donc s’achever. Je suis seul au fond de mon canapé, sirotant une bière chinoise et pendant à tout ce que j’ai pu foirer. Je ne sais pas si c’est ma vision de l’amitié qui est erronée ou si j’y accorde plus d’importance que ce qu’on devrait. Suis-je con ? Suis-je condamné?

On ne le saura jamais.

Peut-être, qu’au fond, je suis né pour être abandonné. Insignifiant, banal, regen. Peut-être que mes propres parents aussi avaient pensé à m’abandonner, sans pour autant pouvoir le faire. Que cela me rattrape. Que les gens me connaissent, trouvent quelque chose d’intéressant en moi, puis viens le moment où je suis trop moi et que cela ne convient pas.

Alors ils partent, parce que je ne suis une perte pour personne. Mes défauts sont insurmontables et mes qualités, si j’en ai, se trouvent à chaque coin de rue. Alors on me laisse partir, parce qu’il y a toujours mieux.

Les hommes

Bien le bonjour, sombre monde.

Le soleil est enfin parti se cacher loin de mes yeux, les laissant respirer. Le vent se lève, des torrents tombent. J’ai le pantalon qui devient etroi à chaque goûtelette de pluie qui m’effleure, comme un baiser raté.

Tandis que le monde bascule en psychose collective, je teste mon insight.

Je pense au déclin de l’humanité. Je pense à cette époque où l’humain ne sait plus prendre la vie à bras le corps et lui faire l’amour jusqu’à sa mort.

Pourquoi? J’ai mon idée.

La grosse dépression suit souvent une guerre, mais pas ici. Pas maintenant. Pas comme on l’entend. Aujourd’hui, on est déprimés, fauchés de nos âmes sensibles sans préliminaires.

Je suis un homme hétérosexuel et je ne sais plus si ces mots ont une quelconque signification ou valeur aujourd’hui. J’ai l’impression qu’on subit une guerre invisible.

On est haïs. On est détestés pour ce qu’on n’a pas nous-mêmes commis. On paye le prix de ceux qui étaient là avant nous.

Dave Chapelle disait qu’il n’y avait que les femmes et les enfants qui étaient aimés inconditionnellement. Moi je rajouterai que nous, les hommes, on est passés derrière les animaux de compagnie aujourd’hui. On est une option pleine d’options. Un nid et un portefeuille sur pattes. Échangeable, détestable, méprisable.

Est-ce pour autant la faute de ceux qui nous ont mis dans cette position ? On s’est mis dans cette position fœtale tous seuls, comme des cons. On propose, à qui veut bien nous caresser la nouille, tout ce qu’on peut vaguement avoir.

Pire encore, c’est la vague des mecs qui ont tellement de choses à régler dans leur être, tellement de mal être et très peu de désir envers leur personne, qu’ils se sont mis à arroser des femmes d’offrandes, de cadeaux, de billets, de bons d’achat…

Pour. Le. Simple. Fait. Qu’elles. Existent.

On en est là. On y est depuis longtemps. Si peu débrouillards, si peu autonomes, si peu capables de s’aimer, qu’on mendient de l’amour virtuel sur internet auprès d’illustres inconnues. Bon pour elles. Très bon pour elles, même !

Je ne suis ici pour juger la sexualité de personne. Uniquement pour essayer de faire un constat sur l’état des lieux globales de cette poubelle qu’on appelle la terre. C’est mignon de pleurer la misère dans le monde, la famine, les guerres…

Mais quand on sait que des femmes se font des millions chacune, par mois, par le biais de mecs qu’elles n’ont jamais rencontré et qui sont contents de payer, ne venez pas me pleurer la famine de petits bébés du tiers monde dans vos stories. C’est aberrant. Vous savez où l’argent va aujourd’hui.

Les hommes aujourd’hui sont trop occupés à se tripatouiller la nouille plutôt que de réclamer la tête de ceux qui les gouvernent. Ils sont même assez immasculés pour dire Amen à tout ce qui sort de la bouche de leurs gourous qu’ils n’ont même pas élu.

Ils sont prêts à rouler en trottinette électrique, en costard cravate, celle-ci pendouillant le long de leur cou, comme une langue de chien qui aurait sorti la tête de la fenêtre d’une voiture qui roule à toute allure. Ils sont prêt à rouler à vélo, sous une pluie battante, pour aller faire un travail qu’ils n’aiment pas. Le tout en pensant sauver la planète.

Ils veulent sauver la planète, mais ne pensent pas à se sauver soi-même.

Sans délicatesse

Il y a des moments comme ça. Ces moments deviennent de plus en plus courant ces dernières années. J’ai même l’impression que nous vivons dans d’interminables feuilletons. Des moments, des périodes où tous les yeux du monde sont braqués sur un événement en particulier. Plongeant la populace dans un clivage ou chacun en va de sa théorie, de sa ferveur et de son misérable avis.

Je ne sais plus si c’était différent avant. Je ne sais pas si la démocratisation des réseaux sociaux est le déclencheur de ce ramassis de bêtises ou pas. J’ai l’impression qu’on ne peut plus vivre sans donner son avis. On devient même mal vu ou stigmatisé si on osait ne pas se prononcer et prendre partie pour l’un ou l’autre.

Il fallait prendre position entre Israël et la Palestine. Puis prendre position entre Trump et Clinton. Puis prendre position entre Macron et LePen. Puis prendre position pour ou contre le confinement, pour ou contre la vaccination, pour ou contre le mariage pour tous. Après, il fallait soutenir l’Ukraine ou la Russie. Puis se définir comme climatosceptique ou écologiste. Puis reboucler la boucle en prenant position entre Israël et la Palestine, encore une fois.

Est-il possible que de s’occuper exclusivement et intrinsèquement que de son cul ?

Cela me semble presque impossible. On a des gens du fin fond de l’Illinois, qui ne savent même pas comment faire pour finir la fin du mois, qui ont leur enfants placés dans une famille d’accueil, mais qui sont dehors à brandir un drapeau palestinien et insulter Israël, et vice versa.

Je veux dire, de quoi je me mêle ?

Si on prenait le temps de faire le tour de la misère du monde, on ne ferait plus de minute de silence, mais une vie de silence. L’impression que ces personnes n’ont pas assez de soucis dans leur propre vie ou qu’ils en ont tellement, et tellement marre, qu’ils se cherchent des causes pour lesquelles « gueuler » sur internet.

Vous pensez que nos ancêtres avaient ce genre de soucis ? Que les tribus viking du fin fond de la scandinave, lorsqu’ils transitaient par le Royaume-Uni et constatait la misère, ils lançaient une pétition ou une cagnotte leetchi pour nourrir les petits rosebeaf ? J’en doute fort.

Tout le monde est « woke » aujourd’hui. Du moins, tout le monde croit être « woke ». Tout le monde a vu la lumière, à sa manière. Tout le monde tourne autour de son propre soleil, essayant de rallier les autres pour former un univers à eux.

Personnellement, le seul woke qui m’intéresse, c’est celui qui est rue des Carmes.

De toute manière, je suis trop fauché pour aider une quelconque cause. Trop préoccupé par mes soucis personnels pour chercher à résoudre ceux des autres. Trop déçu par les politiques pour chercher à en faire. Trop en manque de temps dans ma propre vie pour chercher à en donner à autrui. Puis, je peux gâcher des années à m’instruire pour connaître tous les tenants et aboutissants d’un conflit, afin de prendre partie, que j’en aurais pas le fin mot de l’histoire.

Me rallier à une cause par affiliation serait d’une stupidité aveuglante. Me rallier à une cause par effet de groupe serait d’une flemmardise à me couper les poils du cul. Je préfère focaliser mon énergie sur le conflit entre mon trou de cul et mes intestins, en espérant un transit intestinal doux et tendre.

Le militantisme bio

C’est en discutant avec des psychotiques que je me rend compte de la folie de ce monde.

Les entretiens que je peux avoir avec eux, qu’ils soient formels ou informels, m’apportent certes sur le côté clinique, mais également beaucoup sur le côté humain.

Leurs théories loufoques ne différent parfois pas tant que ça de ce que je peux regarder dans une chaîne de télévision étatique.

Leur haine de l’autre et leur xénophobie ne sont pas rares. Elle sont sous mes yeux à chaque fois que je met les pieds dans un réseau social ou que je regarde un débat télévisé.

Leur perte de contact avec la réalité n’est pas uniquement propre à eux. Les hommes politiques en font preuve à chaque fois qu’ils ouvrent leur gueule pour parler du petit peuple.

Cette époque est maudite. Elle est pourrie. C’est une époque où les hommes et les femmes ne se supportent plus. On est passés de la survie à la vie. Puis au lieu d’en profiter, on cherche de nouveaux combats à mener.

La terre est maintenant peuplée de militants de toutes causes. Des gens qui s’ennuient tellement dans leur vie, qu’ils s’inventent des causes à défendre. Ça va de l’écologie au féminisme, en passant par les guerres d’outre-mer. Je considère qu’on n’a le droit d’ouvrir sa gueule et donner son avis que sur le pays dans lequel on paye ses impôts.

Mais non. Les gens sont bien ravis de donner leur avis sur des questions qui les dépassent ou qui ne les regardent même pas. Je veux dire, qui suis-je pour donner mon avis sur ce qui se passe entre palestiniens et israéliens ? J’en ai même jamais croisé dans ma vie !

Puis, je vois des personnes qui militent aussi pour la liberté de ceci et cela, au point où des gens ont manifesté sur Paris pour soutenir les rats. Oui, on en est là. Les rats nous font la guerre, à prendre du poids, étant quasiment capable de violer des chats, ils se fourrent partout; dans le métro, dans les rues, les poubelles, les cages d’escaliers et même dans les murs d’immeubles ! Mais non, on ne doit pas leur faire la guerre. On doit les laisser prendre encore plus de poids jusqu’à pouvoir nous violer nous aussi.

Ce matin même, j’ai vu une fille, qui vraisemblablement a des psychopathologies, expliquer dans une vidéo que la Psychiatrie en France c’est de la merde, que les médecins n’y connaissent rien et qu’il lui a suffit de lire quelques bouquins pour se rendre compte de ça. Puis, bien évidemment, vu que tout cela est sectaire, elle se faisait partager et complimenter par d’autres personnes tout aussi malades. Comme un bouclier social de protection et de déni collectif. Je me suis abstenu de répondre.

Je ne sais plus quelle serait la prochaine étape. Peut-être qu’il y aura des manifestations pour soutenir les nuages ? Les étoiles ? La lune ? Vénus ? Pourquoi pas, tant qu’on y est ! Allons encore plus dans le ridicule et l’abstrait.

C’est là que je reviens à mon point de départ; Qu’est-ce qui différence un psychotique qui pense que les juifs sont responsables de tous les malheurs du monde d’un militant qui pense que la paille en carton dans son coca au glaçons chez McDo va sauver la planète. Tu crois qu’elle t’a attendu, toi, Timothy, 22 ans de vie, dont deux passées sans prendre une douche à sentir le Wasabi, sauveur présumé de la planète grâce à une paille en papier ? Wahou.

C’est la tendance actuelle de toute manière. Tout le monde semble avoir une cause à défendre. J’étais un peu pareil, puis je me suis rappelé que j’allais aussi disparaître. Que les choses pour lesquelles j’étais prêt à militer n’existaient pas avant, avaient été inventées et que leur existence ou non, allait en effet n’avoir que très peu d’effet sur l’histoire de l’humanité. D’ailleurs, qui en a quelque chose à foutre de l’histoire de l’humanité? Moi, une fois que je serai décédé, cela ne va pas m’intéresser.

J’ai ainsi donc abandonné ces idées aux dépends de choses beaucoup plus palpables, alias ma bite et ses désirs.

Bref,

Ce que les gens semblent rater lorsqu’ils se donnent à militer, c’est qu’ils croient dégager de l’amour, mais ne font qu’alimenter leur haine de tout ce qui peut être différent de leur pensée.

Random

– Je ne sais pas ce que je leur fait à toutes ces femmes, ai-je dit. Elles ne me connaissent même pas autant qu’elles croient l’être.

– Tu veux vraiment la vérité ? A-t-elle répondu.

– Oui… Enfin, non. Je ne sais pas. Pourquoi je t’en parles déjà ? Lui ai-je dit. Je t’ai aimé comme un damné et tu m’as rejeté comme si j’étais ado boutonneux plein d’acné ?

– Parce que qui d’autre que moi te connais plus que toi-même ?

– Tu peux en dire de même pour toi ?

– Oui. Depuis le temps. T’es ma plus vieille relation.

– Bon, vas-y balance la purée.

– T’aimerais bien m’entendre te dire ça hein, vilain p’tit cochon !

– Oh Vas-y, accouche !

– Ces filles ne sont pas dupes, ni connes. Je ne pense pas qu’elles t’aiment. Du moins, pas selon la vision d’amour que t’as, celle que tu m’as montré. Mais elles voient quelque chose en toi. Elles te voient, avec toutes tes qualités refoulées et tout l’amour que t’as à donner. L’amour que tu m’as donné. T’es pas aussi mauvais que tu le prétend ou le cris sur tous les toits. Dans tes chroniques, tes chansons, tu cris à qui veut bien l’entendre que t’es un véritable connard qu’il faut éviter, mais tout ce qu’on entend c’est la souffrance d’un amour que t’as du mal à contenir.

Ces filles te voient comme j’aurais du te voir, comme je te vois aujourd’hui. Elles voient quelque chose qui n’existe plus, ou presque. Ça n’existe plus des mecs qui aiment comme dans les livres, des mecs qui aiment jusqu’à en devenir ivres. T’as beau le nier, ne pas le montrer, elles savent que c’est au fond de toi et elles aimeraient y goûter. Elles aimeraient éplucher la peau de ton corps, que tu ne cesse de leur donner, pour voir ce qui s’y cache. Est-ce vrai ? Est-ce encore là ? Est-ce que ces histoires étaient vraies ? Est-ce que tu m’as réellement aimé ?

Tu ne devrais pas être aussi dur envers elles, ni envers toi-même. Mais tu ne devrais pas non plus les laisser croire qu’un jour, elles auraient droit à ça de toi. Je te connais, t’es une meuf. Dès que tu parles à une fille, au bout de huit secondes tu sais si t’as envie de l’étrangler, la baiser ou l’épouser. Tu sais qu’elles ne t’intéressent que lorsque leurs jambes sont en l’air. Dès qu’elles ont les pieds sur terre, t’as envie de décoller.

Je ne te dis pas ça pour que tu m’idolâtre au-delà de la raison. Il y a sûrement une fille quelque part qui saura avoir les bonnes clés pour déverrouiller ton cœur. Puis au pire, elle pourra le forcer en fricotant avec ses barrettes à cheveux. Tu verras bien.

– Ah tu crois ? Ai-je répondu. Moi je pense qu’elles ne savent simplement pas sur quel pied danser. Qu’elles confondent sexe et amour. Sexe et procréation. Un orgasme n’a jamais bâti une relation. Il la cimente, c’est tout. Puis, au-delà de ça, je fais le tour des choses très rapidement. Rares sont les personnes avec qui je parviens à avoir un lien au quotidien. Je suis changeant, l’ennui me tue, j’aime m’ennuyer seul. J’ aime fixer le mur, pendant des heures, et apprécier le temps que je perd. J’aime me parler à moi-même, parce que souvent personne d’autre que moi ne me comprend. Les gens sont trop pressés de répondre. Tellement, qu’ils ne font pas l’effort d’écouter. Moi, je veux être écouté. Que mes paroles soient décortiquées. Que mon âme soit dépecée. Que mon cœur soit stimulé et ma bite caressée.

Jusque là, mes paroles sont ignorées. Mon âme est reniée. Mon cœur est ciblé et ma bite abusée.

That damned touch

Et on été là. Nus comme des vers. Allongés sur mon lit. Amorphes. Reposés et épuisés. Contents et anxieux. Satisfaits et excités. Amoureux et détestant ce qu’on ressentait.

Son bras autour de mon torse, sa tête reposée sur mon téton. Ma main pénétrant sa chevelure brune étincelante. Ma bouche lui murmurant des insanités.

On été là. Apeurés et en sécurité. Frustrés et soulagés. Rigides et pensifs. Heureux et angoissés.

Je lui parlais de ma vision de la vie et elle la partageait. Je lui parlais de ma vision de l’amour et elle y adhérait. Je lui parlais de ce qu’elle m’apportait et elle s’étonnait. Je lui disais à quel point sa présence m’apaisait et elle n’en était pas persuadée. Mais quand je lui disais que je l’aimais, elle faisait preuve de réciprocité.

On été là. Au dessus de mon lit mouillé, qu’elle a joliment souillé. J’y ai participé. J’en suis autant responsable qu’elle. Mais à ce moment là, c’était le dernier de nos soucis. Ce qui nous préoccupait était ce qu’on ressentait. Cette relation borderline qui n’avait pas de cadre, qui correspondait à ce qu’on cherchait, mais qui nous effrayait comme jamais.

On avait si peur de toucher le bonheur, d’y goûter, de le partager. Car on n’a jamais appris à croire aux happy endings. Ce qui arrive après le bonheur, c’est la redescente. C’est les doutes. C’est la réalité crue. On n’avait pas envie d’y toucher. On voulait que cet instant stagne et qu’il dure dans le temps.

Ce sentiment. Celui d’avoir quelqu’un qui te comprend. Quelqu’un qui te vois sous ton pire visage et qui ne te voit pas comme un monstre. Celui à qui tu confie tes pires secrets et qui les garde pour lui sans te juger. Celui à qui tu raconte ta pire honte et qui vient la voiler d’un drap salvateur.

C’est difficile d’y croire. Difficile d’y accorder davantage d’importance ou d’oser y plonger. On a été trop bercés par la malhonnêteté. On a été trop baignés dans la toxicité. On a été trop enculés par la société. Comment voulez vous qu’on accorde une chance à ce mirage ?

Mirage, miracle, je ne sais plus. Peut-être même un nuage. Un nuage qui vient ébranler notre amitié. Il n’y avait plus de retour en arrière depuis le moment où je l’avais pénétré. C’est marche, crève ou gare toi sur le côté.

On se gare souvent sur le côté. On essaye de trouver le bonheur ailleurs, mais c’est nos fantômes du passé qui nous accueillent au portail. On se croit plus malins que les autres, mais au fond on s’interdit le bonheur. On s’interdit le confort. On préfère se faire bercés, baignés, puis enculés par la malhonnêteté et la toxicité de la société.

Alors aujourd’hui, je ne sais plus ce que l’on est. Des amoureux, des amants, des amis, des ex, des ex plan cul, des ex amis… Mais en vrai, est-ce réellement important ? Ce qui est important c’était ses cris lorsque je la pénétrait, mes gémissements lorsqu’elle me mordait, nos échanges, nos échanges de salive, nos siestes, nos balades, nos cigarettes qu’on partageait sur mon balcon, le temps passé ensemble à fixer le plafond.

Le reste, ce n’est vraiment pas important.

C&O

J’ai vu une photo de mon ex, aujourd’hui.

Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu. Je suis tombé sur son Facebook et elle semble inchangée.

Je ne parles pas de son physique. Malgré le fait que celui-ci soit aussi inchangé. Intacte. Gracieux et enrobant au même temps. Enrobant dans quel sens ? Dans le sens où son charme vient entourer ton cou comme si elle y avait enrobé ses bras.

Mais je ne parle pas de ça. Je parle de son âme. Cette âme que j’ai vu au loin une fois et qui m’a très vite fait comprendre qu’elle était différente.

Vous savez, Tizi Wezzu n’est pas l’endroit où il est le plus facile de faire des rencontres, d’aller vers quelqu’un, une fille, l’aborder, l’inviter à pendre un café… Tu risques de te faire choper par le col et te faire rouer de coups par son frère, son père, son cousin, son oncle, son voisin, l’épicier de son quartier…. Le choix est multiple.

Alors j’ai patienté et procédé « téléphone arabe style ». Par le biais de quelqu’un qui connaît quelqu’un et qui connaîtrait quelqu’un qui potentiellement la connaîtrait. J’ai ainsi obtenu son Facebook.

C’est tellement exaltant que d’avoir le béguin pour quelqu’un. Je pense même que c’est encore plus excitant que d’être en couple avec une personne. Parce qu’on connaît cette personne à peine, puis on corrige toutes les imperfections qu’elle pourrait avoir avec les sentiments que nous commençons à avoir pour elle. On s’imagine des conversations qui n’ont jamais eu lieu. On s’imagine des intérêts communs qui peut-être n’existent pas. On s’imagine un passé par la simple biais de leur personnalité. Ça nourrit le fantasme et le fantasme nourrit l’espoir. Et l’espoir nourrit notre quotidien.

Revenant à cette fille. Pourquoi cette fille ? Pourquoi elle ? Il faut savoir qu’un crush, pour moi, ça prend du temps. Des mois pour s’opérer. Avec le temps et l’expérience de la vie et des gens, je pense que sans prétention aucune j’arrive à plonger très rapidement dans les profondeurs de l’âme d’une personne et percevoir ce qu’elle pourrait potentiellement renfermé.

J’ai du voir ça en elle.

J’ai du voir qu’au milieu de tout ce chaos, ce néant culturel et pauvreté intellectuelle qui rongeait la région, parmi tous ces gens qui aspirent à l’intellectualité unique qui se la partagent entre eux, elle, elle sortait du lot.

J’avais vu vrai.

Elle n’attend pas que la télévision lui souffle quoi porter, quoi écouter, quoi lire. Bien que, je vous l’accorde, la télévision ne nous demande plus du tout de lire autre chose que le nom des marques qui passent à la pub. Elle a son monde et son mode de fonctionnement à elle.

J’ai découvert des livres et des écrivains que je n’ai vu nulpart ailleurs. Je l’ai entendu caresser une guitare sur des airs que peu de gens reconnaissaient. Je l’ai entendu chantonner des chants que je croyais enterrés. Je l’ai vu embrassé la vie sans jamais me réserver un baiser pour moi.

J’ai apprécié sa vie. J’ai apprécié son énergie. C’est une femme qui est née à plusieurs décennies de l’époque à laquelle elle devait fleurir. Vivre à des milliers des lieux de l’endroit où elle devait être pour parfaitement s’épanouir.

Je lui ai écrit une lettre un jour. Je le fais rarement, mais je le fais quand cela est nécessaire, important.

J’espère qu’elle est resté là même personne. Que son environnement n’a pas fini par la changer, mais qu’elle a réussi à influencer celui-ci. J’espère qu’elle a pu rencontrer de belles personnes, qu’elles ont su lui apporter l’eau et l’oxygène culturel et intellectuel nécessaires pour nourrir son âme. J’espère qu’elle a rencontré un âme qui lui convient et qui partage sa vie sans vouloir s’en saisir, l’accaparer, l’emprisonner. Quel crime que de vouloir posséder une âme libre.

Dans un endroit aussi peu lumineux, où je me sentais mourir de l’intérieur, elle a réussit à être une lueur d’espoir au fond des ténèbres. Un trou de lumière dans une cave isolée. Un pichet d’eau dans une table d’assoiffés. Une étoile dans un ciel nuageux.

Bien et rien.

On m’a toujours demandé d’être « quelqu’un de bien ». Cela semble être une phrase simple, dotée d’une signification simple. Pourtant, elle ne l’est pas. Elle est aussi complexe que la Joconde. Simple et banale au premier abord. Compliquée à s’en mordre les doigts, au second coup d’œil.

On m’a toujours demandé d’être quelqu’un de bien. Plus d’un quart de siècle plus tard, je ne sais toujours pas ce que cela signifie. Mais je pense m’en rapprocher…

Cette demande, cette commande, ce commandement a dirigé ma vie. J’ai passé plus du quart d’un siècle à faire en sorte que les autres soient contents. Tellement que je suis ne suis fâché avec personne sur cette terre. Il n’y a vraiment absolument personne sur terre qui ne m’adresse pas la parole. Même les personnes qui m’ont fait du tord, qui m’ont traîné dans la boue et qui m’ont fait douiller dans mon lit le soir ont fini par avoir ma grâce. Même la femme dont les enfants ont le même âge que moi et qui m’a incendié lorsque j’ai refusé ses avances a une chance de se faire pardonner si elle me reparlait. Je suis comme ça.

Je suis quelqu’un de bien.

J’ai toujours pensé que cela était flatteur. Que cela était signe de grandeur.

Il m’a fallu un peu plus du quart d’un siècle pour me rendre compte qu’être quelqu’un de bien signifiait être le paillasson du peuple.

Celui vers qui on se tourne quand on a mal, mais pas celui à qui on demande s’il va mal. Celui qu’on contacte lorsqu’on a besoin d’un service, mais pas celui à qui on propose ses services. Celui à qui on demande une pièce ou une clope dans la rue, parce que son visage transpire la naïveté et la « bonté ». Celui à qui on demande de faire des heures supplémentaires, mais pas celui à qui on propose des congés payés. Celui à qui on reproche de ne pas faire comme les autres, sans voir qu’il fait bien plus que les autres. Celui à qui on dit la vérité crue, mais pas celui dont on veut entendre la vérité crue. Celui qui aime, mais pas celui qu’on aime. Celui qu’on fait souffrir, sans vouloir entendre sa souffrance. Celui-là, oui.

C’est ce que je suis. Quelqu’un de bien, puisque je le dis ! Non, plutôt, puisqu’ils le disent, qu’ils me le répètent. C’est toujours plus facile d’enculer quelqu’un une fois qu’on a étalé de la vaseline sur sa rondelle.

Je maudis souvent le jour où on m’a inculqué ces « valeurs ». Elles n’ont pas de place dans ce monde et le monde n’a pas de place à celles et ceux qui les portent et les affichent.

Souvent, je souhaite d’être comme tout le monde. Dépourvu de culpabilité, de bienveillance et d’empathie. Assoiffé d’argent, dévorant la superficialité de ce monde jusqu’à l’adopter. Toujours prêt à écraser l’autre pour me mettre en valeur. Ça ce serait une bonne valeur à arborer.

Souvent, j’essaie.

Ce matin même, j’ai dit à une crackhead qui me suivait pour une clope que j’étais en retard (ce qui était vrai), que je n’avais pas de clope à donner (ce qui était faux) et que j’étais désolé (ce qui était faux). J’ai eu une journée cauchemardesque et je n’arrête pas de me dire que c’était le prix à payer pour avoir refuser de m’arrêter pour lui donner une clope.

Mais bon, ça coûte cher cette merde. Puis exactement deux minutes avant j’en donnais une à mon mendiant préféré qui se pose toujours à la porte de la boulangerie en bas de chez moi. Chaque matin, en allant en cours, je lui demande si ça va, je lui donne une clope et je lui souhaite bonne journée. Je ne sais pas pourquoi ce petit moment ensoleille ma journée. Pourtant, je ne fais rien de fabuleux. Mais cela me met instinctivement de bonne humeur. Un rituel que j’apprécie.

C’est peut-être une autre preuve que je suis quelqu’un de bien ? Je donne ce que je n’ai pas, me disant que l’autre en a sûrement plus besoin que moi. Je n’ai plus de sang dans les mains, donc Je devrais peut-être m’arrêter là. Je continuerai une prochaine fois.